La vida de Lindanita·Ma sclérose en plaques et moi

Ma sclérose en plaques et moi : trois ans après le diagnostic, où j’en suis?

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L’autre jour en allant sur l’application timehop sur mon iphone, celle-ci m’a proposé des photos souvenirs. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu la photo de cette chambre d’hôpital avec une Valentina encore toute petite dans sa poussette. The Husband était venue la chercher pour que le neurologue puisse me faire une ponction lombaire, dernier examen nécessaire pour confirmer les suspicions qu’il avait. Cela faisait donc déjà trois ans que le diagnostic de ma maladie était tombé. Le temps passe définitivement trop vite. Trois ans qu’un rosier plein d’épines avait décidé de s’installer en moi.

Et maintenant alors, où j’en suis après ces trois années passées?

♣ Je suis plus à l’écoute que jamais de mon corps et je sais dire merde au monde médical si c’est nécessaire. Avant que la maladie ne se déclare, dès que j’avais quelque chose, le nez qui coule, un mal de gorge, mal au ventre et j’en passe, j’avais tendance à aller bien trop facilement chez le médecin pour avoir des médicaments. Je ne me croyais pas capable de comprendre ce qui m’arrivait et de me soigner de manière naturelle et intelligente (ce qui est souvent bien plus facile que ce que l’on peut croire!). Du coup, mes placards étaient encombrés de médicaments à peine utilisés parce que je ne finissais jamais les traitements ou ou bien périmés car je n’osais pas les jeter de peur de manquer (bien bien bien…). Maintenant, je suis enrhumée, je bois des litres de thé. Des brûlures d’estomac? Un peu de bicarbonate de soude mélangé à de l’eau et hop, cul sec! Si je suis fatiguée, je n’abuse plus de ma santé en forçant plus que nécessaire. La dernière fois que je l’ai fait, j’ai failli perdre la vue du côté droit. Qu’est-ce que cela peut faire si le ménage n’est pas fait de façon impeccable hein? Le nettoyage des vitres attendra demain. On peut bien manger une pizza congelée, j’ai cuisiné hier et la veille aussi. En trois ans, j’ai fait deux grosses poussées et quelques autres un peu plus douces car je les sentais arriver, je pouvais donc les contrôler : la vue qui se brouille, le dessous de la paupière qui gratte, le pouce et l’index qui s’engourdissent au point de ne plus pouvoir ouvrir un pot de confiture toute seule, des soubresauts au niveau des jambes en pleine nuit. Je n’ai pas repris le traitement que j’avais commencé après l’annonce du diagnostic et finalement arrêté depuis la grossesse de mon troisième enfant. En étant à l’écoute de mon corps, j’estime que cela n’est pas nécessaire pour le moment. C’est là que le bât blesse pour mon neurologue et la conseillère qui est censée m’aider et être à l’écoute de mes besoins. Il est inadmissible que je ne veuille pas le reprendre, je mets ma vie en danger, je suis inconsciente et vu que je ne suis pas médecin, je ne sais pas ce qui est le mieux pour moi. Mais si mon con, je sais très bien ce qui convient le mieux à mon corps pour me sentir en forme et je sais très bien que tu aimerais que je m’inflige ce traitement qui me rend encore plus malade pour remplir un peu plus ton portefeuille. C’est pour ça que je t’ai dit non, que je t’ai dit merde même quand tu es devenu trop insistant. Et puis j’ai dit merde aussi à cette conseillère qui m’appelait régulièrement pour me faire parler de ce mal-être qui devait m’habiter à cause de la maladie. Non, je vais bien et je ne suis pas au bord du suicide, loin de là. Après avoir pensé pendant des années que le corps médical avait la science infuse, j’ai décidé de prendre ma santé en main et elle me dit merci (pour le moment en tout cas, je n’ai, moi-même, pas réponse à tout). J’ai pris mon traitement pendant environ six mois et il m’a laissé des séquelles, surtout du côté hormonal. Ma peau est devenue sèche, terriblement sèche et malgré toutes les crèmes que j’ai pu acheter pour l’hydrater, elle craque et saigne, surtout au niveau des mains. Mes mains sont tellement sèches que the Husband me dit souvent que je lui fais un peeling dès que je le touche et cela ne doit pas être agréable pour mes enfants de recevoir mes caresses pour les réveiller si mes mains sont aussi dures et piquantes qu’un bout de bois. Et puis quand mes règles sont là, je ne contrôle plus rien, on dirait une femme hystérique. Je passe du rire aux larmes en un quart de seconde, je m’énerve pour un rien, j’ai envie de tout casser, je veux aller me réfugier sous ma couette pour hiberner et surtout, j’ai très très mal au ventre au point de me tordre de douleur et de hurler. Avant le traitement, je n’ai jamais senti de telles choses quand j’avais mes règles. Quand j’ai parlé de ces symptômes à mon neurologue et ma conseillère, vous imaginez bien leur réponse : « mais madame, voyons, ce n’est que dans votre tête! Vous irez mieux si vous prenez le traitement et le reste, c’est parce que votre corps change, vous vieillissez! ». J’en ai pleuré de rage pendant des semaines. Non, ce n’est pas dans ma tête, je suis encore jeune quand même, je vais avoir 33 ans l’année prochaine et je vis cette situation au quotidien. J’aimerais que quelqu’un reconnaisse un jour que ce traitement m’a fait plus de mal que de bien et surtout, recevoir des excuses pour m’avoir laissée dans cet état. Certains jours, je me sentais (et je me sens toujours) comme un rat de laboratoire quand je constatais l’état de mes mains.

♣ J’aime enfin mon corps tel qu’il est (malgré la sécheresse de ma peau)J’ai perdu du poids, non pas à cause de la maladie, mais à cause d’une nouvelle alimentation. Aux alentours du mois d’avril, j’ai commencé à changer ma façon de manger. Rien ne me faisait envie, les enfants étaient difficiles à satisfaire et j’avais beau essayer de faire de nouveaux plats, ils ne voulaient rien goûter. Tout ça m’a donné envie de déserter la cuisine. Pendant quelques semaines mes repas se résumaient à des légumes cuits ou de grandes assiettes de crudités, du thé et de l’eau. Je prenais tout de même un copieux petit-déjeuner qui me faisait tenir une bonne partie de la journée : un grand café au lait avec des viennoiseries, du pain noir ou blanc selon mes envies avec du beurre et parfois même une part de gâteau que j’avais fait la veille. Non non, je ne suis pas devenue anorexique, ne vous inquiétez pas! J’ai senti comme un besoin de renouveau dans mon assiette. Parce que j’avais perdu du poids, j’ai dû m’acheter de nouveaux sous-vêtements. La dernière fois que j’avais acheté de la jolie lingerie, c’était avant ma première grossesse, soit plus de cinq ans! J’ai été plus qu’heureuse de voir qu’avec des vêtements à ma taille, je n’étais pas si vilaine à regarder et j’ai finalement commencé à aimer mon corps malgré les défauts que je lui trouvais les mois auparavant. Ils sont toujours là et ils ne me gênent plus (ou beaucoup moins). Ces changements alimentaires ont porté leurs fruits sur du long terme car maintenant je mange très peu de produits laitiers et je supporte peu les produits trop sucrés ou simplement sucrés. Après mon tatouage l’autre jour, je suis allée chez starbucks me servir un white mocha frappuccino, je n’y étais pas allée depuis l’hiver dernier. J’adorais cette boisson auparavant. Cette fois-ci, j’ai eu des hauts-le-coeur et je n’ai pas pu le finir. Comme quoi, ce point renvoie au tout premier que j’ai évoqué dans cet article : je suis à l’écoute de mon corps et de mes besoins et je me sens bien mieux.

♣ J’ai fait du changement dans ma garde-robe et je me suis fait couper les cheveux. Pendant longtemps, j’ai eu un style passe-partout, tee-shirt, jeans et baskets, cheveux mi-longs sans vraie coupe. Et puis j’en ai eu marre d’être invisible. J’ai commencé à inclure des pièces plus colorées dans mon dressing, de plus en plus de fleurs, de pantalons près du corps et surtout, des jupes et des robes. Je vis toujours en baskets mais bon, avec trois enfants, c’est plus pratique! Et puis ma no coupe, il fallait que ça change aussi, ça n’allait pas avec ce que je portais. Je suis allée chez la coiffeuse de mon quartier plutôt que le salon ultra hype avec de la musique bien trop forte et j’en suis sortie ravie. La coiffeuse avait totalement compris ce que je voulais : un carré un peu dégradé avec la typique mèche sur le côté que j’avais quand j’étais plus jeune. J’ai même demandé à ce qu’elle me coupe les cheveux encore un peu plus courts, je voulais voir la différence, je voulais un renouveau capillairement parlant. Cette nouvelle coupe m’a donné un regain d’énergie, je me sentais comme la maman que je voulais être depuis toujours : là pour ses enfants, pleine de vie et jolie aussi.

♣ Je me suis fait tatouer. Vous n’êtes sûrement pas passés à côté de l’information si vous me suivez sur les réseaux sociaux ou si vous avez lu mon dernier article. Il y a des moments dans la vie qui ont besoin d’être inscrits pour toujours et j’ai choisi de le faire grâce à deux tatouages. C’est bête à dire mais depuis que je les ai, je me sens enfin complète. Je vous invite à lire ici mon article qui leur est consacré.

♣ J’ai repris la conduite. En novembre, cela fera un an que je suis retournée sur les routes derrière un volant. Si vous m’aviez dit ça avant que ma maladie ne se manifeste ou bien encore un an après le diagnostic, je vous aurais ri au nez. Quoi? Moi? Conduire à nouveau? C’est impossible voyons, j’ai la phobie de la conduite! Mais the Husband a su me convaincre, il a aussi trouvé le modèle de voiture parfait pour que je puisse me sentir en sécurité afin de bouger avec mes enfants sans stresser (ou presque). J’ai encore certaines appréhensions pour aller sur la quatre-voies mais je compte bien essayer très vite d’y remédier pour me déplacer enfin sans contraintes. Chaque chose en son temps!

♣ Je ne peux plus vivre sans plantes chez moi. Tout a commencé avec une orchidée soldée dans un coin d’un magasin, pour essayer, comme ça, si elle voulait se refaire une santé à la maison. Et puis de fil en aiguille, je suis passée d’une orchidée mal-en-point à plus de trente plantes à la maison. Avoir une jungle urbaine chez moi, c’est ce dont j’ai besoin pour me relaxer, me ressourcer et m’apaiser. Je suis énormément fière de mes enfants et de mon mari mais quand j’invite du monde à la maison, je ne peux pas m’empêcher de présenter mes plantes à nos invités. Certaines personnes diront que je suis folle mais je ne peux pas m’en empêcher. J’avais jusqu’au début de l’été quatre medinillas magnificas à la maison mais elles ont eu des problèmes de santé, les feuilles ont commencé à tomber puis les racines ont pourri, sans explication aucune. J’ai pleuré quand je me suis résolue à les mettre à la poubelle et j’ai eu le coeur lourd pendant des jours en regardant leurs pots vides.

♣ Je ne supporte plus la chaleur. Je vous avais déjà dit il y a deux ans dans cet article que je n’aimais pas l’été. Cela s’est accentué avec ma sclérose en plaques. Cette maladie et la chaleur ne sont pas vraiment compatibles. « La chaleur n’a pas d’influence sur l’évolution de la sclérose en plaques. En d’autres termes, elle ne provoque pas de nouvelles poussées ni d’aggravation de l’évolution de la maladie. Par contre, elle augmente la fatigue des patients. Les symptômes liés aux troubles de l’équilibre, aux troubles du système locomoteur (les mouvements), aux troubles de la vue, etc. peuvent temporairement s’aggraver. Ce phénomène est transitoire : dès que le corps s’est rafraîchi, les symptômes régressent et tout rentre dans l’ordre en quelques heures » (source). Au début, je ne comprenais pas pourquoi j’étais grognon et si fatiguée cet été alors que j’étais enfin en paix avec mon corps, je n’avais pas honte de le montrer (je voulais le montrer même) et je voulais profiter du beau temps pour exhiber ma nouvelle garde-robe. J’avais le plus grand mal à me lever le matin et je préférais glander dans mon canapé plutôt que de ranger, cuisiner ou même regarder la télévision. Heureusement, j’arrivais quand même à positiver et cela me motivait pour aller de l’avant mais je n’ai jamais été autant cernée de ma vie!

♣ Je ne veux plus d’enfants. Notre famille est complète avec trois enfants. The Husband se verrait bien avec un petit dernier dans quelques années, mais moi, pas du tout. Ma sclérose en plaques s’est déclarée après ma deuxième grossesse. J’ai eu une poussée dix mois après mon accouchement et j’en ai vécu une deuxième à la date « anniversaire » après mon troisième accouchement. Entre-temps, c’était plus de la fatigue qu’autre chose, des mini poussées qui partaient comme elles étaient venues en me reposant. Je sais gérer ma vie au quotidien sans problème, je sais comment réagir quand me suis fatiguée mais qu’arriverait-il si je tombais de nouveau enceinte? Si j’accouchais et qu’une nouvelle poussée « anniversaire » pointait son nez, plus violente que les deux premières? Je ne peux pas me permettre de vivre ça alors que nous avons enfin trouvé un équilibre de vie de famille. Si j’avais une poussée plus forte que les autres, je pourrais rester avec des séquelles à vie et cela serait une catastrophe pour nous. Je ne veux pas que mes enfants connaissent une maman diminuée à cause d’une maladie. Oui je sais, la grossesse et l’allaitement « protègent » le corps des femmes contre de nouvelles poussées mais après? Si c’était la poussée de trop?

Vous pouvez retrouver tous mes articles parlant ou évoquant ma sclérose en plaques ici.

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Harry Potter, des pivoines et un colibri

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Lundi, je me suis fait tatouer. C’était le 17 septembre. Mon chiffre fétiche, c’est le 17, depuis toujours (je suis née un 17, j’ai connu mon mari un 17, Tobias est né le 2 avril 2017 à 1h17 pour vous donner quelques exemples). C’était mes premiers tatouages.

En avril dernier, j’ai laissé un message sur la page facebook des Français de ma ville pour savoir si quelqu’un connaissait un bon tatoueur dans ma région. J’ai eu seulement une réponse mais c’était tout ce dont j’avais besoin. On me conseillait d’aller voir Jesica Perez, une Argentine qui porte le surnom de Necro Noir sur instagram et qui faisait un travail d’une finesse absolue. Son trait si fin et la poésie qui se dégageait de ses précédents tatouages était exactement ce que cherchais. En plus, elle parlait espagnol, j’allais donc pouvoir expliquer dans les moindres détails ce que je voulais vu que c’est une langue que je parle au quotidien, encore plus que l’allemand. J’avais cinq mois pour regrouper et organiser les idées que j’avais en tête depuis des mois, voire des années.

Depuis mon adolescence, j’ai toujours pensé qu’un jour je me ferais tatouer sans jamais sauter le pas. Plus jeune, j’aurais pu me faire tatouer sur un coup de tête, comme la fois où je me suis fait percer le cartilage d’une oreille dans une bijouterie avec un pistolet (les erreurs de jeunesse, tout ça…). Et puis cette idée m’a quitté quand j’ai connu the Husband… avant de revenir de façon très forte l’année dernière sans crier gare. J’étais une femme, une épouse et une mère accomplie, une rose pleine d’épines mais belle à sa manière s’était implantée au creux de mois depuis un peu plus de trois ans (je parle de ma sclérose en plaques au cas où vous ne l’auriez pas compris) et cette envie de tatouage est devenue viscérale, pendant des semaines, je ne pensais qu’à ça.

J’en ai discuté avec the Husband pour savoir ce qu’il en pensait. Il  n’était pas très fan de l’idée mais comme il voyait que je ne lâchait pas l’affaire, il s’est rendu compte que j’en avais « besoin » (entre guillemets le mot besoin, il ne faut pas abuser non plus) et il m’a ensuite soutenu dans ce projet. Le jour du rendez-vous venu, il a même pris sa journée (grâce à des heures supplémentaires qu’il avait fait les semaines auparavant) afin de rester avec les enfants à la maison le temps de mon rendez-vous.

J’ai énormément échangé sur instagram avec Jesica durant les cinq mois avant mon rendez-vous pour savoir si mes idées étaient réalisables ou non. Elle s’est toujours montrée très ouverte d’esprit et de bon conseil. Le jour venu, je suis arrivée avec mes petits montages photoshop et des dessins qui m’avaient inspirée. Elle a pris en photo ces illustrations que j’avais avec moi et elle les a envoyées sur son ipad pour les travailler afin de me proposer quelque chose qui pourrait me plaire. Sa dextérité était incroyable, j’ai été éblouie. En moins de dix minutes, elle avait su capter parfaitement ce que je voulais pour mon premier tatouage, le plus grand des deux.

Ce premier tatouage, c’est un colibri et trois pivoines. Pourquoi ces deux éléments? Pour les pivoines, vous devez vous en douter, j’ai trois enfants, trois pivoines. Ces fleurs aux milles pétales sont superbes et elles sont un symbole de richesse. Quand je regarde mes enfants, je me dis que je suis riche d’un amour ineffable que je n’échangerais contre rien au monde. Et le colibri? Tout d’abord, c’était une façon pour moi de m’ancrer au Chili, mon pays d’adoption car on retrouve cet animal dans le Sud du pays et the Husband vient justement de Puerto Varas, ville qui se trouve bien au Sud de ce pays d’Amérique Latine. Et puis le colibri, c’est aussi le symbole de la résurrection. Cet oiseau semble mourir lors des nuits froides mais revient toujours à la vie au lever du jour. C’est un sentiment que j’ai ressenti lorsque l’on m’a annoncé ma maladie il y a trois ans. J’ai pensé mourir avant de me relever plus forte que jamais. Et puis, le colibri peut voler en arrière. Cette particularité évoque la faculté de regarder vers le passé, tout en continuant avec sa vie. Il symbolise la faculté du coeur à s’ouvrir à nouveau et à se soigner malgré les blessures, tout en continuant à aller de l’avant. Un autre symbole du colibri est celui de la joie de vivre et du bonheur. Il rappelle qu’il faut profiter des plaisirs de la vie et s’amuser, comme le colibri le fait en recherchant constamment à boire les nectars les plus délicieux des fleurs. Étant d’incroyables oiseaux migrateurs, ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres. Le colibri symbolise également la persévérance et la ténacité dans la poursuite de ses rêves. Le colibri, c’est vraiment moi. Tout ce qu’il représente, c’est moi et the Husband aussi. Ce tatouage, c’est moi, c’est eux, c’est nous, c’est ma famille.

Et puis le deuxième tatouage, pour les potterheads qui passeraient par là, vous avez sans doute reconnu le symbole des reliques de la mort. Pour ceux qui ne sont pas à la page avec Harry Potter, les reliques de la mort, ce sont trois éléments qui apparaissent dans le septième roman de la saga du sorcier à lunettes : la baguette de sureau, plus puissante baguette magique jamais fabriquée, La pierre de résurrection, pouvant ramener les morts à la vie et la cape d’invisibilité, dissimulant son porteur aux yeux de quiconque. Normalement, le cercle est centré au milieu du triangle et le trait traverse de haut en bas le triangle sans en sortir. J’ai choisi de le faire un peu différemment, comme une esquisse à la va-vite sur sur un bout de papier. C’est pour cela que le cercle sort du triangle et les deux côtés du triangle descendent un peu plus bas que la base, de façon à former un a majuscule de manière très discrète. Ce tatouage est à première vue un hommage à Harry Potter et à son monde magique mais il a aussi un message caché. Les trois éléments représentent mes enfants et le a que l’on devine à peine est l’initiale de notre nom de famille.

Quand je suis passée sous l’aiguille, est-ce que j’ai eu mal? Eh bien non, presque pas. C’était la même sensation qu’une griffe de chat. Cela vient sans doute du fait que je n’ai pas fait remplir beaucoup de surface et mes deux tatouages ont des lignes très fines. Et puis nous n’arrêtions pas de discuter de tout et de rien avec Jesica : nos vies d’expats, l’éducation de nos enfants, la vie en Allemagne ou bien encore l’amitié en Allemagne pour ne citer que ces thèmes. Je n’ai pas vu le temps passer. Je me suis tout de même surprise à lui dire : « je suis juste en train de me rendre compte que tu es en train de marquer ma peau pour la vie ». C’était un peu comme une révélation alors que bon, c’est logique non? Au début, j’étais venue avec l’idée de combiner les deux motifs dans un seul tatouage et au final, nous les avons mis à deux endroits différents pour une meilleure esthétique. Comme quoi, je ne fais pas les choses à moitié : je voulais un tatouage et au final, j’en ai fait deux! Je ne regrette pas du tout ma décision et j’adore mes tatouages autant que ma tatoueuse. Elle a rendu ce moment très spécial, je ne l’oublierais jamais, parce que je l’ai un peu dans la peau, elle aussi!

Comme les personnes qui se sont déjà faites tatouer, j’ai déjà de nouvelles idées en tête et je crois que je vais rapidement prendre un nouveau rendez-vous. Et vous alors, racontez-moi tout, êtes-vous tatoués? Si oui, que symbolise vos tatouages? Et pour les non-tatoués, avez-vous envie de passer sous l’aiguille? Je vous souhaite un excellent week-end!

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La vida de Lindanita

Le jour où je me suis fait shadowbanner sur instagram

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Il y a deux semaines, nous partions en vacances à Dresden pour nous ressourcer quelques jours dans cette ville qui nous aimons tant. J’avoue que je suis bien trop accro aux réseaux sociaux et pendant mon petit-déjeuner ou bien même avant, j’aime voir qui est venu sur mon profil instagram après ma dernière visite de la veille. En allant sur l’application ce jour-là, un petit sablier s’est mis à tourner et quand instagram s’est finalement ouvert, ce message est apparu : « votre publication a été supprimée. Nous avons supprimé votre publication parce qu’elle ne respecte pas nos Community Guidelines. Si cela se reproduit à nouveau, votre compte pourra être faire (c’est très français tout ça… bonjour la crédibilité) l’objet de restrictions ou être désactivé ». En dessous, il y avait les détails de la publication. Enfin, si on veut. La photo en question était floutée et elle était d’une taille d’un centimètre sur un centimètre. Facile pour reconnaître la photo n’est-ce pas?

Je l’ai tout de même reconnue au final. C’était une photo de the Husband avec les enfants sur le canapé et comme il faisait encore très chaud au moment de la photo, Valentina était en culotte. Selon moi, il n’y avait rien de choquant mais bon, si quelqu’un avait signalée ma photo et instagram l’avait effacée, tant pis, même si je trouvais cela un peu abusé. J’ai parlé de cette histoire en instastory et pas mal de personnes m’ont dit qu’il y avait un groupe de « déchaînés » qui sévissait à ce moment-là sur instagram et qui signalaient à tout vent des photos d’enfants en maillot de bain, en culotte ou qui montraient un peu trop de « chair ». On signale de telles photos mais on laisse tout de même celles de femmes ou d’hommes dans des poses érotiques, lubriques voire graveleuses sans problème. Logique. On m’a aussi dit que c’était une façon de protéger les enfants des pédophiles qui traîneraient sur le réseau social et qui se serviraient de ce genre de photos pour alimenter des sites douteux. Donc on punit des gens qui se voient voler leurs photos et les voleurs continuent leur petite magouille comme ils le veulent. Là aussi, logique.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais le lendemain, j’ai reçu un message personnel d’une personne qui me suivait me disant : « je ne sais pas si tu en as déjà parlé mais tes hashtags ne renvoient plus vers rien. Il y a du shadowbanning dans l’air ». Je n’avais encore jamais entendu parler de ce terme avant ce message. Je suis donc allée voir ce qui se passait sur mon compte et sous tous les hashtags propres à mon compte apparaissait le message suivant : « les meilleures publications #lavidadelindanita (par exemple. C’est l’un des hashtags que j’utilise le plus sous mes photos) sont actuellement cachées car la communauté a signalé du contenu susceptible de ne pas respecter les Règles (oui oui, règles avec une majuscule, attention, on en rigole pas les gars!) de la communauté Instagram ». Sous les hashtags  que j’avais créés et que d’autres personnes avaient utilisés (par exemple #mescernesvoussaluentbien), toutes mes photos avaient disparu et seules celles des autres étaient visibles. Cela a été une douche froide pour moi, avec des glaçons en surplus. Mais pourquoi on me punissait de la sorte alors que je n’avais rien fait de mal?

J’étais tellement attristée par la situation que j’en ai même pleuré. J’avais créé des hashtags pour chacun de mes enfants à leurs naissances afin de retrouver toutes leurs photos au même endroit. Même eux étaient contents parfois de retourner dans le passé en regardant des photos d’eux quand ils étaient encore bébés ou bien de l’été dernier. Et là, du jour au lendemain, plus rien. Ces hashtags étaient vides, ils renvoyaient seulement à un espace vide.

J’ai alors commencé à essayer d’entrer en contact avec instagram pour leur parler de ce traitement abusif envers mon compte. Ce que je ne savais pas, c’est que c’était déjà peine perdue. Même en écrivant en anglais, en français ou bien même en allemand, je n’avais aucune réponse. Le mail d’aide instagram ne fonctionnait plus depuis le rachat de l’application par facebook. Je suis allée dans les paramètres de l’application pour signaler un problème et je ne recevais que des réponses automatiques qui me renvoyaient sur à une page d’aide (qui  n’aidait en rien, vous l’avez compris). J’avais été punie sans raison et je ne trouvais d’explications nulle part, je ne savais pas si c’était permanent ou combien de temps cela allait durer, rien, niet, nada. Je suis allée sur des forums, j’ai écrit à instagram sur instagram sans succès (mes messages n’étaient même pas lus…).

Finalement, une personne qui me suivait m’a dit qu’elle connaissait d’autres personnes qui, elles aussi, avaient souffert de shadowbanning excessif et leurs photos étaient revenues comme par magie sous leurs hashtags une dizaine de jours plus tard. J’ai écrit à ces personnes et c’était toujours la même histoire : des enfants « trop dénudés » pour la communauté toute puissante d’instagram. Au bout de dix jours, mes photos étaient toujours invisibles. Est-ce qu’elles allaient vraiment revenir? Je commençais à perdre patience parce qu’à part attendre (et allumer un cierge), je ne pouvais rien faire de plus. J’avais vraiment tout essayé mais vous comprenez bien, une instagrameuse qui dépasse à peine les milles abonnés, ils s’en fichent comme de l’an quarante chez instagram. Et puis, grâce à ma communauté (mon dieu, qu’est-ce que ça fait présomptueux de dire ça!), j’ai su que mes photos étaient finalement revenues sous mes hashtags, mais pas sous l’onglet « populaires », il fallait cliquer sur « récentes ». Oh joie, elles étaient toutes là!

Et maintenant? Mes hashtags renvoient de nouveau à mes photos mais ils n’apparaissent pas automatiquement quand je veux les mettre sous de nouvelles photos (vous savez, on écrit les premières lettres du hashtag et le reste s’inscrit tout seul), je dois tout remettre à chaque fois. Certains de mes hashtags ont été totalement débloqués, d’autres voient encore leurs meilleures publications cachées. Est-ce que tout redeviendra normal un jour? Rien n’est sûr vu que l’on ne nous dit rien (encore) sur le shadowbanning sur instagram. On sait que cela existe, c’est tout. Non, je ne fais pas cet article pour avoir des millions d’abonnés, loin de là. Premièrement, parce que j’ai été très peinée de voir toutes ces années de « travail » disparaître comme ça, d’un coup. Ce n’est pas un caprice. Imaginez que tous vos albums photos avec les annotations en dessous soient brûlés par la faute de quelqu’un d’autre. Voilà ce que j’ai cru vivre. Et je voulais dénoncer cette pratique abusive que beaucoup de personnes ont connu ou connaissent actuellement sur instagram. Ce n’est pas parce qu’une photo est signalée qu’il faut l’effacer tout de suite sans étudier ce que la dite photo présente. Et il faut encore moins mettre le propriétaire de cette photo « en mode silencieux » sans lui donner aucune explication. Ce n’est pas normal de punir tout le monde de la même façon. Depuis le nouvel algorythme, instagram n’est plus que l’ombre de ce que l’application a été, et ça, c’est vraiment dommage.

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Les jolies maisons de Dresden

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Dresden est ma ville de coeur, c’est là que je voudrais vivre. Avant de construire notre famille, the Husband a fait son doctorat là-bas ce qui nous a permis de profiter de cette magnifique ville pendant un peu plus de trois ans. Après ça, son travail nous a emmené à Kassel et la chute a été très dure. Nous passions de l’une de plus belles villes que nous avions connu à quelque chose de gris et trop moderne pour nous. Si vous me suivez sur instagram, vous n’êtes pas sans savoir que nous adorons les vieux meubles et les antiquités, alors avec Dresden, nous étions servis.

Pour combler notre manque, nous y allons régulièrement en vacances pour refaire et revoir toutes les choses qui nous plaisaient là-bas. Notre ancienne propriétaire nous reçoit à chaque fois dans l’appartement que nous occupions auparavant. C’est tellement agréable de revenir dans le quartier que nous avons si bien connu, surtout avec les enfants. Eux aussi adorent l’appartement car toutes les pièces communiquent entre elles avec des portes qui forment un cercle (il n’y a pas un mur de l’appartement qui n’ait pas de porte).

Nous y sommes encore allés la semaine dernière et je vous ai montré un aperçu de Dresden en instastory. Et puis, il y a quelques années, lors d’une promenade dominicale, j’avais photographié notre quartier pour en avoir un souvenir et ce sont ces photos que je voulais vous présenter aujourd’hui. Ce sont des maisons très différentes les unes des autres, atypiques ou bien encore dignes de mini châteaux que l’on peut voir autour du Blaues Wunder. Laissez-moi quand même vous expliquer quelques petites choses. Ces grandes et belles maisons ne sont pas les propriétés d’une seule famille à la fois (enfin normalement). C’est ce qu’on appelle des « Mehrfamilienhaus » (lire mairfamilieunaosse, des maisons pour plusieurs familles ou encore des petits immeubles). Donc quand vous entrez dans ces maisons, vous avez généralement une entrée commune qui débouche sur des escaliers. Chaque étage appartient à une famille différente ou à des générations différentes d’une même famille (j’ai connu ça quand je suis allée passer une semaine chez ma correspondante quand j’étais au collège) et tout ce petit monde se partage un jardin, si jardin il y a. C’est vraiment très convivial cette façon de vivre, j’aime beaucoup! Et vous verriez tous ces gens, tous ces voisins devrais-je dire, qui se retrouvent dans ces jardins pour de grandes soirées festives ou pour un barbecue. So typisch!

C’est parti pour un petit tour de mon quartier et faites attention avant de traverser, pensez à regarder à gauche et à droite avant de le faire, et surtout, oui surtout, ne traversez pas quand le petit bonhomme est rouge, vous êtes en Allemagne que diable!

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Là où nous vivons the Husband et moi, sous les toits

J’espère que cet article vous aura plu et je vous invite à venir voir de belles maisons allemandes par vous même lors d’un petit voyage qui sait?

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Maman, mais pas que

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Il y a un mois, je me suis séparée pour la première fois de mes enfants pendant un jour et une nuit. Pendant à peu près vingt-quatre heure, j’ai laissé ma tribu à the Husband et j’ai vécu à 100% cette phrase que j’ai lu plus d’une centaine de fois sur les réseaux sociaux ou dans des magazines, « maman, mais pas que », sans jamais vraiment savoir ce que c’était.

Depuis 2012, j’ai enchaîné les grossesses, les accouchements et les allaitements. En six ans, trois enfants, c’est un bon rythme non? J’ai toujours été une maman poule pour me transformer en maman louve et j’essaie d’ajouter la casquette de maman cool mais elle n’est pas là très souvent puisque je n’arrête jamais. Je ne travaille pas (pour le moment) parce que nous avons décidé, the Husband et moi d’un commun accord, que j’allais m’occuper des enfants pendant que lui allait travailler. Cela ne me dérange pas du tout parce que cela me permet de ne rien louper de leurs vies qui commencent à peine. Et puis j’aurais tout le temps de travailler plus tard, quand ils iront à l’école à plein temps. Je suis donc là pour eux, jour et nuit, pour les emmener au jardin d’enfants, pour les border, leur préparer de bons petits plats, repasser leurs vêtements ou préparer leurs tenues pour le lendemain. Etant expats tous les deux avec mon mari (il vient du Chili, je viens de France et nous vivons en Allemagne pour celles et ceux qui arrivent seulement maintenant ici), nous n’avons aucune famille dans les environs pour nous aider avec les enfants. Notre famille, c’est notre bulle, jamais les uns sans les autres.

Et puis en début d’année, en surfant sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur l’information qui a tout déclenché. le chanteur Ed Sheeran allait faire une tournée européenne et il allait passer par plusieurs villes allemandes. Comment? Mais il fallait absolument que j’y aille! Je chante à tue-tête toutes ses chansons qui passent à la radio et j’étais déjà une fan inconditionnelle de l’artiste après l’avoir découvert avec « lego house », une chanson de son premier album. Il avait invité Rupert Grint (Ron Weasley) dans son clip et en tant que potterhead, je me devais de le regarder. J’ai alors découvert un univers qui me plaisait beaucoup et depuis ce jour, il y a toujours une chanson d’Ed Sheeran dans mes playlists. Apparemment, j’avais loupé l’information de la tournée à sa sortie parce que toutes les dates étaient déjà sold out (ou presque et ce n’était pas la porte à côté). Mais je suis capricorne et tenace alors j’ai écumé internet pour trouver tous les sites de revente de tickets de concert pour finalement trouver mon bonheur sur ebay (enfin the Husband l’a trouvé pour me faire la surprise pour mon anniversaire, just in time!). En plus d’être un ticket pour le concert, ce qu’il m’offrait, c’était un moment rien qu’à moi, sans enfants (mais sans lui aussi, vu qu’il devait les garder).

Les mois passant, nous nous sommes organisés pour préparer cette date au mieux (et nos deux jours en famille à Amsterdam ensuite). C’était sans compter sur les aléas de la vie. Lorsque je suis entrée en contact avec la personne qui nous avait vendu le ticket pour pouvoir changer le nom sur mon ticket (vu qu’ils avaient tous été vendus de manière nominative), je me suis rendue compte que le concert avait été délocalisé. Euh, oui, mais bien sûr… Encore heureux, je n’avais pas encore réservé ma chambre d’hôtel! Quelques jours plus tard, j’ai su que le concert pouvait être de nouveau délocalisé (sans blague). Non mais quelle idée aussi de vouloir raser des arbres pour installer une scène et des gradins! Oh et puis si on essayait plutôt d’installer tout ça sur un endroit qui est suspecté d’avoir des bombes de le seconde guerre mondiale en dessous? Jusqu’au dernier moment, j’ai cru que le concert allait être annulé. Au final, il a été divisé en deux dates (c’est Ed qui devait être content de faire un concert en plus tiens!) et le ticket que j’avais reçu n’était plus valide. Les organisateurs avaient décidé d’imprimer de nouveau plus de 50.000 billets et de les renvoyer (bonjour les frais!). J’ai eu de la chance de tomber sur Dana, une personne honnête et adorable qui m’a réexpédié le nouveau ticket sans souci (et ouf, j’ai eu un ticket pour le même jour et non le lendemain. Si cela n’avait pas été le cas, cela aurait compromis notre voyage à Amsterdam). Je n’avais pas encore pris le train que toute cette histoire avait déjà été un grand huit émotionnel.

Le dimanche matin, j’étais prête, ma valise était bouclée, j’avais fait les dernières recommandations à the Husband pour qu’il puisse « survivre » à sa première fois en tant que papa solo et je me suis dirigée vers la gare. J’avais préparé une playlist sans aucune comptine, si je le voulais, je pouvais regarder le film « New York melody » sans être interrompue et j’allais pouvoir terminer ce livre que j’avais commencé des semaines auparavant.

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Les habitudes ont la vie dure car bien qu’en étant toute seule, il m’est arrivé plus d’une fois dans la journée de tendre mon bras vers l’arrière, attendant qu’une petite main vienne se lover dans la mienne. La seule chose qui a trouvé ma main ce jour-là, c’est la poignée de ma valise. Et on en parle de ce petit coup de stress quand je cherchais mes enfants dans la foule avant de me souvenir qu’ils étaient à la maison avec leur père? J’avais l’impression d’être « nue » plus d’une fois, il me manquait quelque chose, je n’étais plus habituée à être seule autant de temps et loin de chez moi. Et puis au fil de la journée, je me suis détendue, j’ai pensé à moi (pas assez parce que je n’avais pas prévu assez de choses à manger dans mon sac alors que quand nous sortons avec les enfants, on ne finit jamais tout!), j’ai écouté des chansons oubliée dans mon ipod et j’ai lu. Qu’est-ce qu’on peut faire plein de choses quand nos enfants ne sont pas avec nous!

Mon premier train a eu du retard, je n’ai pas réussi à avoir ma correspondance ce qui m’a fait presque perdre une heure sur le planning de ma journée. Mais ce n’est pas possible, la poisse s’acharnait sur moi ou quoi? J’étais sur le point de perdre patience quand je me suis souvenue que c’était ma journée « spéciale », rien qu’à moi et ce n’était pas si grave si j’arrivais en retard au concert (je savais qu’il y avait deux premières parties de toute façon). Plus j’allais m’énerver et plus j’allais gâcher ma journée (comme quoi, apprendre à lâcher prise grâce à ses enfants, ça a du bon, même quand on est sans eux) alors je n’allais pas la gâcher pour quelque chose que je ne pouvais pas changer, même si je le voulais. Ma bonne humeur a payé puisque tout s’est bien terminé, sans aucun stress et avec le sourire. Chaque fois que je croisais le regard de quelqu’un, je recevais un sourire en retour, c’était très agréable (et même que dans le train, ma voisine m’a proposé plusieurs fois des bonbons huhu!). J’ai dû demander plusieurs fois de l’aide pour trouver mon chemin entre les travaux à la gare de correspondance ou bien les trams bondés qui avaient des horaires aléatoires à cause d’un trop plein de monde. Un sourire et tout était plus facile.

Je suis arrivée avec une bonne demie-heure d’avance au stade. J’ai été plus qu’étonnée de la facilité que j’ai eu pour rentrer… j’ai scanné moi-même mon entrée et je suis rentrée comme ça, sans révision de sac, rien! Je me serais crue à la bibliothèque (et si j’avais su ça plus tôt, j’aurais pris avec moi une bouteille d’eau d’un litre et demi!). Plutôt que d’aller faire la queue pour m’acheter quelque chose à manger, je suis allée au stand de merchandising pour me faire plaisir en m’offrant un tee-shirt et un bracelet (coucou, j’ai quinze ans!). J’ai trouvé ma place facilement, j’allais pouvoir profiter du concert car bien qu’étant dans les gradins, j’étais assez près de la scène. J’ai enfin pu souffler et appeler the Husband pour savoir comment ils allaient tous : Tobias n’avait pas voulu manger si son père lui proposait quoi que ce soit mais il ouvrait grand la bouche dès qu’Alexander s’approchait de lui avec une cuillère, Valentina avait passé la journée collée à son père, Alexander était un grand frère modèle qui disait « je fais ça comme ça, comme maman le fait d’habitude », « non papa, c’est comme ci et pas comme ça »… Et le  coucher s’était passé sans encombre. J’étais ravie d’entendre de telles nouvelles!

Anne Marie, qui faisait la première partie du concert, est une artiste incroyable. Elle m’a énormément surprise car elle avait une pêche d’enfer, elle chantait vraiment très bien et son rire était si communicatif (regardez cette vidéo, vous comprendrez!) qu’il m’était impossible de ne pas rire aux éclats avec elle! Et puis Ed Seeran est arrivé sur scène. Il a enchaîné les titres seul sur scène, accompagné de ses guitares et d’une pédale (un looper si je ne trompe pas). J’avais du mal à croire que le moment que j’attendais depuis des mois était enfin arrivé. Il n’a pas hésité à parler avec son public et à faire de nombreuses blagues pour notre plus grand plaisir. Quand il a chanté « perfect », j’entendais dans ma tête les voix de Valentina et Alexander faisant les choeurs en yaourt derrière car ils aiment cette chanson autant que moi. J’ai toujours aimé la chanson « photograph » mais en live, c’était quelque chose d’indescriptible. J’ai eu une boule au ventre et les larmes ont coulé, sans s’arrêter, pendant toute la chanson. C’est devenu ma chanson préférée du monde entier, rien que ça! Le concert s’est terminé et je suis rentrée bien tranquillement à mon hôtel. Je suis passée rapidement m’acheter de quoi me rassasier avant (oh le mega gros kebab avec des frites à presque minuit!). J’avais l’impression d’être une adolescente dans sa chambre d’étudiante! J’ai eu du mal à trouver le sommeil alors j’ai terminé mon livre avant de me coucher tout en pensant aux retrouvailles avec mes bébés (et the Husband, ne l’oublions pas!) le lendemain.

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A mon réveil le lendemain, j’ai pu prendre un petit-déjeuner assise et surtout, j’ai bu un café brûlant, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des semaines. En attendant que ma famille vienne me chercher à l’hôtel, j’ai pris tout le temps que je voulais pour me maquiller pour ne pas avoir mon trait de liner de travers ou bien mon rouge à lèvres qui bave parce que je l’ai mis trop vite.

Avant cette séparation, je ne m’étais pas rendue compte de toutes ces choses que je faisais pour moi à la va-vite, un oeil fixé sur la montre pour être disponible au plus vite pour mes enfants et leurs besoins. Bien qu’Alexander, Valentina et Tobias m’aient énormément manqué, j’étais heureuse d’avoir pu profiter de cette journée loin d’eux et avoir été égoïste pour recharger mes batteries afin de m’occuper encore mieux d’eux par la suite. Etre une maman louve qui pense à elle de temps à autre, je crois que c’est la meilleure équation qui existe pour rendre toute sa famille heureuse. Ce fut une bien belle journée et je remercie le ciel de m’avoir donné la possibilité d’en avoir profité bien plus que je ne l’aurais imaginé.

 

Films coup de coeur·La vida de Lindanita·Trois films avec

(#2) Trois films avec… Benedict Cumberbatch

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La première édition de cette nouvelle rubrique vous avait bien plu alors je me suis dit qu’il était grand temps de vous écrire un deuxième article. Qui ne connaît pas Benedict Cumberbatch, acteur charismatique au nom imprononçable et meilleur interprète au monde du célèbre Sherlock Holmes?

♣ Docteur Strange

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Synopsis allocine : Brillant neurochirurgien, avide d’argent et peu soucieux de déontologie médicale, Stephen Strange est victime d’un accident de la route. Ses deux mains sont tellement abîmées qu’il ne peut plus exercer son métier. Alors qu’il a tenté toutes les opérations pour retrouver sa dextérité, c’est un homme fini. Il se rend dans l’Himalaya à la rencontre d’un guérisseur surnommé l’Ancien. C’est en fait un maître des sciences occultes, qui l’initie aux arts mystiques. Transformé et regrettant ses erreurs passées, il décide de lutter contre les forces du mal. Il apprend à se déplacer dans différentes dimensions et à manipuler le temps…

J’ai pris plaisir à revoir ce film il y a peu en le trouvant dans la liste des nouveautés proposée sur Netflix. Je l’avais déjà vu une première fois lors de sa sortie en dvd et j’avais été conquise par Benedict dans le rôle de Stephen Strange. Imbu de sa personne, hautain et un tantinet égoïste, c’est comme si le rôle de Sherlock avait été transposé au grand écran. Benedict Cumberbatch est très convainquant en docteur déchu parfois cynique (et cette petite barbe qu’il porte si bien ainsi que ses tempes poivre et sel le rendent totalement irrésistible, on est d’accord). Quelques scènes du film sont hilarants. Pour n’en citer qu’une, le dialogue de la rencontre du docteur et de Wong, le bibliothécaire (acteur que l’on retrouve dans le dernier épisode de la saison trois de « black mirror ») : « monsieur Strange », « Stephen s’il vous plaît. Et vous êtes? », « Wong », « Wong. Seulement Wong? Comme Adele? Ou Aristote? Drake. Bono. Eminem ». Non mais hahaha, je ne m’en remets toujours pas! Comme tout autre film de super héros, il y a beaucoup d’effets spéciaux mais ils sont bien faits (nous aimons rire, the Husband et moi, devant des films quand les effets spéciaux laissent à désirer « ouuuh, le film va mal vieillir! » ou bien « oh quelle belle scène sur fond vert! »). J’ai retrouvé avec plaisir le personne de Stephen Strange dans le dernier avengers « avengers : infinity war ». C’est grâce à ce film que je me suis rendue compte que la voix de Cumberbatch me faisait penser à celle du regretté Alan Rickman  (regardez cette vidéo et vous penserez la même chose que moi!).

♣ Imitation game

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Synopsis allocine : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Ce film est un vivier d’acteurs que l’on connaît bien : Keira Knightley que l’on ne présente plus après « New York melody » ou la saga « pirates des Caraïbes », Mark Strong alias Merlin dans les deux films « kingsman », Charles Dance connu pour son rôle de Tywin Lannister dans « game of thrones », Allen Leech, le chauffeur de la famille Crawley, Tom Branson dans « Downton Abbey » et même le talentueux Alex Lawther mis en avant sur Netflix grâce à son rôle dans la série « the end of the f***ing world ». Rien que le casting donne envie de voir le film n’est-ce pas? Quand j’ai visionné ce film, j’ai été bouleversée. Bouleversée par l’histoire d’Alan Turing qui a inspirée le film et bouleversée par le jeu d’acteur de Benedict Cumberbatch. Il est émouvant et merveilleux, tout simplement. On vit, on souffre, on exalte devant les avancées de Turing, avec lui, pour lui. L’amitié d’Alan Turing et de Joan Clarke est touchante au possible, il m’arrivait souvent de sourire en regardant les liens qui se tissaient entre eux tout au long du film. Dans « imitation game », des thèmes forts comme la position de la femme dans la société et l’homosexualité sont abordés (on a avancé, c’est sûr, mais il y a encore du boulot les gars!). Les deux scènes à la fin du film sont un vrai déchirement. Même en visionnant de nouveau le film pour pouvoir écrire cet article, je n’ai pas pu contenir mes larmes et cette boule au ventre est revenue à cause de la rage que m’a provoqué la fin de l’histoire d’Alan Turing. Quelle injustice! Cet homme a changé le monde, sans lui, il ne serait pas celui que l’on connaît aujourd’hui. De plus, on ne compte plus les vies épargnées pendant la guerre grâce à son travail. Même après tout ce qu’il a pu faire, il a terminé sa vie en paria de la société à cause des moeurs de l’époque. La vie qu’a eu Alan Turing me touche énormément, son intellect hors du commun me fascine. Je crois que s’il m’était possible de dîner avec des personnes célèbres décédées, cet homme ferait sans aucun doute parti des personnes que l’on retrouverait autour de ma table.

♣ Small island

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Synopsis que j’ai traduit à partir du quatrième du couverture en anglais du livre « small island » d’Andrea Levy : nous sommes en 1948 et l’Angleterre se remet d’une guerre. Mais au 21 rue Nevern à Londres, le conflit ne fait que commencer. Les voisins de Queenie Bligh n’approuvent pas quand elle accepte de recevoir des locataires jamaïcains, mais Queenie ne sait pas quand son mari reviendra ou s’il reviendra tout court. Que peut-elle faire d’autre? Gilbert Joseph faisait parti des milliers d’hommes jamaïcains qui ont rejoint la Royal Air Force pour lutter contre Hitler. De retour en Angleterre en tant que civil, il se trouve traité de manière très différente. Il se remémore alors son amitié avec Queenie en temps de guerre et c’est en désespoir de cause qu’il va frapper à sa porte. La femme de Gilbert, Hortense, aspire également à quitter la Jamaïque pour commencer une vie meilleure en Angleterre. Mais quand elle rejoint enfin son mari, elle est choquée de trouver Londres en piteux état et bien loin de la ville dorée qu’elle s’était imaginée.

Ici, ce n’est pas vraiment un film mais un téléfilm sur lequel je suis tombée par hasard lors de mes études. Pour un cours d’anglais, je devais lire le livre d’Andrea Levy pour ensuite en faire un résumé de trois ou quatre pages (je ne me souviens plus exactement du nombre de pages, cela remonte trop loin dans mes souvenirs). J’avais tellement de choses à apprendre et à lire à ce moment-là (au moins cinq autres livres en allemand et deux en français, tout en continuant mes cours d’espagnol) que j’ai cherché de l’aide sur internet. Quelle aubaine pour moi quand j’ai vu que le livre avait été adapté en téléfilm par la BBC! Il n’y avait pas de sous-titres et les accents étaient très marqués mais je m’en fichais royalement. J’ai tout de suite été happée par l’histoire qui est très intéressante et elle est interprétée avec brio par d’excellents acteurs. De nouveau, nous faisons face à la place de la femme dans la société et nous sommes confrontés à un racisme trop fort et trop présent. Benedict Cumberbatch nous présente un rôle qu’on lui connaît moins : un homme amoureux qui part à la guerre et qui revient avec des stigmates de celle-ci. Je me suis jurée qu’un jour je lirais le livre qui a inspiré ce téléfilm.

Dites-moi, quels sont les films de Benedict Cumberbatch que vous aimez? Bon weekend!

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La vida de Lindanita·Lindanita en cuisine

Le Zwetschkenfleck, le gâteau aux quetsches venu d’Autriche

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La semaine dernière, the Husband est rentré des courses avec dans ses cabas deux kilos de quetsches et un nouveau moule à gâteau. Je lui ai demandé s’il avait acheté tout ça pour que je lui fasse un gâteau. Il m’a répondu qu’il n’y avait même pas pensé, il avait juste profité des promos de la semaine. Et puis avec la chaleur qu’il fait en ce moment par chez nous, on voulait éviter le plus possible d’allumer le four.

Finalement lundi, voyant que les quetsches mûrissaient plus vite que prévu, j’ai enfilé mon tablier et j’ai essayé une recette trouvée sur le net. L’essayer, c’est l’adopter! J’étais tellement fière de moi quand j’ai goûté le gâteau que je venais de sortir du four que j’aurais presque pensé que ce n’était pas moi qui l’avais fait. Je me devais donc de partager cette recette avec vous, vu qu’elle serait parfaite avec des pêches, des prunes, des abricots, ou bien que sais-je encore!

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Pour huit personnes, vous aurez besoin de :

♣ 4 oeufs
♣ 70 grammes de sucre glace
♣ 1 pincée de sel
♣ 1 sachet de sucre vanillé
♣ le zeste d’un beau citron
♣ 125 ml d’huile de tournesol
♣ 140 grammes de farine
♣ 1/2 sachet de levure chimique
♣ 2 cuillères à soupe de rhum
♣ 1 belle cuillère à soupe bombée de cannelle moulue
♣ 1 kilo de quetsches

1. Dénoyautez vos quetsches et mettez-les dans un saladier, saupoudrez-les de cannelle et mélangez le tout pour que les quetsches s’imprègnent bien de la cannelle.  Mettez ce saladier de côté.
2. Préchauffez votre four à 160 degrés.
3. Dans un deuxième  saladier, mélanger votre farine et la levure chimique. Mettez ce saladier de côté, lui aussi.
4. Dans un troisième saladier, mélangez vos jaunes d’oeuf, la pincée de sel, 35 grammes de sucre glace, le sachet de sucre vanillé et le zeste de citron. Battez ce mélange pendant dix bonnes minutes jusqu’à ce qu’il devienne mousseux.
5. Rajoutez ensuite dans ce troisième saladier les 125 ml d’huile et battez le tout pendant cinq minutes.
6. Versez ce mélange sur la farine et mélangez le tout jusqu’à obtenir une belle boule de pâte brillante et sans grumeaux.
7. Montez vos blancs en neige dans un quatrième saladier. Quand ceux-ci sont suffisamment durs, rajoutez les 35 grammes de sucre glace restants et battez vos blancs encore pendant cinq minutes.
8. Rajoutez vos blancs à votre boule de pâte préparée juste avant.
9. Etalez votre mélange dans un moule rectangulaire et déposez ensuite vos quetsches sur  le dessus (vous aurez préalablement mis du papier cuisson dans votre moule).
10. Enfournez le tout au four pendant trente minutes, chaleur tournante.
11. A la sortie du four, laissez refroidir votre gâteau. Servez-le saupoudré de sucre glace ou bien encore accompagné d’une sauce à la vanille.

Les quetsches étant des fruits à jus, le gâteau se conservera seulement deux jours. Bonne dégustation et n’hésitez pas à me dire si vous tentez de faire cette recette!

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