La vida de Lindanita

Lettre à l’adolescente de 16 ans que j’étais

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Aujourd’hui, j’ai 32 ans. Le double de l’âge de l’adolescente à laquelle j’avais envie d’écrire depuis longtemps déjà. Cette lettre que je voulais lui adresser, la voici :

Linda, ma petite Linda. J’aimerais tellement que cette lettre t’arrive un jour pour que tu saches que la vie est belle, il faut y croire. Je te le dis tout de suite, mais aujourd’hui, tu es mariée depuis presque dix ans et tu as trois merveilleux enfants. Si si, je ne te charrie pas du tout, tout ça est bien vrai! Je t’avoue que moi-même, je ne m’en remets pas quand je repense à celle que j’étais il y a seize ans.

Je sais que tu ne croyais pas à l’amour, sauf dans les livres parce que les hommes ont été vaches avec toi depuis le collège. Leurs commentaires méchants ou salaces, leurs mains bien trop baladeuses t’ont blessée. Ces adolescents que tu as côtoyés depuis ta rentrée en sixième t’ont obligée à te renfermer dans ta coquille. Tu ne répondais rien, tu pensais que c’était normal d’être traitée de la sorte et tu laissais couler. Cela a influencé ton moral, c’est sûr, du coup, tu te réfugiais dans la nourriture et ce n’est pas la meilleure chose à faire, crois-moi. Arrête-ça tout de suite même! Les hommes ont tendance à te dire que tu n’es pas belle, que tu es grosse, que tu es bête, et hop, tu manges. Tu es rentrée dans un cercle vicieux qui au fil des années te rendra triste à cause du reflet que te renverra le miroir. Au lycée, tu fais renouveler des dispenses de sport par ton médecin traitant parce que tu as honte d’être la grosse qui n’arrive pas à se bouger au milieu des autres. Alors tu vas préférer rester dans une salle de permanence pour faire tes devoirs au lieu de souffrir pour rien dans les vestiaires des filles, à voir les corps sveltes de tes camarades de classe et ensuite devant les garçons de ta classe qui ne voudront pas de toi dans leurs équipes parce que tu es grosse, moche et inutile.

En parlant de ton corps, je voulais aussi te parler de la façon dont tu t’habillais à l’époque. Non, pas de décolleté ravageur, juste parce que ta poitrine est généreuse. C’est d’un vulgaire! Tu t’en mordras les doigts en regardant d’anciennes photos plus tard. Et puis achète-toi des soutiens-gorge qui tiennent vraiment quelque chose, c’est important. N’essaie pas de rentrer dans des vêtements qui sont à la mode et qui ne te vont pas, tu vas te miner le moral pour rien, il est déjà bien trop bas pour que tu l’enfonces encore plus. Tes cheveux aussi, attention à ce que tu fais bon sang! Les couleurs moches (comme sur la photo tiens. En plus, tu t’étais même fait teindre les sourcils cette fois-ci… Non mais allo!), les décolorations avec les sprays John Frieda pour avoir les cheveux plus clairs (et qui deviendront verts après parce que tu ne sais pas prendre soin d’eux) et le pire, l’essai de permanente sur ces mêmes cheveux décolorés. Elle a mal pris mais tu t’en fichais, tu mettais de la mousse coiffante pour faire tenir ces boucles affreuses. De la mousse! Tu as aussi expérimenté des choses avec du maquillage. Je vais volontairement ne pas donner de détails, tu risquerais de te vexer. Au final, avec tes cheveux, tes décolletés plongeants et ton maquillage de camion volé, on aurait pu croire que tu étais une cagole. Je sais que tu es en recherche d’identité, mais ce n’est pas en agissant comme ça que tu arriveras à quelque chose. C’est violent à lire, je le conçois, mais je crois que tu as besoin d’un électrochoc pour ouvrir enfin les yeux. Ah, j’allais oublier, tiens-toi droite non d’une pipe! A 32 ans tu es bossue et tu as mal au dos dès que tu forces trop. C’est un truc de famille (ton petit pépé chéri, ta mère, la soeur de pépé…) alors essaie de faire plus attention à ta posture, je t’en supplie!

Je sais que cette lettre pour le moment fait plus office de remontrances qu’autre chose mais j’aimerais tellement réparer ou prévenir tout du moins les erreurs du passé. Ne t’inquiètes pas, je vais te raconter plein de trucs chouettes aussi parce que je les vis en ce moment donc, tu les vivras plus tard, toi aussi.

On va continuer un peu avec ton éducation maintenant. En voulant faire ta petite rebelle à ta manière, tu as commencé à ne plus faire tes devoirs pour regarder un peu trop la télévision. Sache que la star academy, loft story et toutes ces belles âneries (pour ne pas devenir vulgaire) de la téléréalité ne t’apporteront rien! Lis plutôt les livres qui apparaîtront sur ton chemin de filière littéraire, fais les exposés et dissertations qui vont avec, essaie de comprendre au mieux tes cours de philosophie… Tu verras, ça te fera plaisir de recevoir de bonnes notes, comme celles que tu recevais encore en primaire. Tu as commencé à faire de l’orgue électronique en rentrant au collège. Ce n’était pas tout le temps facile d’en jouer mais tu persévérais. Et puis les années passant, tu as commencé à te lasser, à abandonner et puis à ne plus en faire du tout. S’il te plaît, n’arrête jamais d’en faire! A 32 ans, tu voudras en jouer pour tes enfants… Sauf que tes doigts sont rouillés, tu as perdu toutes les habitudes que tu avais gagnées étant enfant.

Je sais que tu n’as pas vraiment envie d’apprendre à conduire parce que ton père est un phénomène avec les voitures que vous avez à la maison. Aie confiance en toi même si être derrière un volant te rebute au plus haut point parce que ton code, tu l’auras, ton permis aussi, au bout de plusieurs essais certes, donc crois en toi! Surtout que tu verras, à 32 ans, tu seras bien contente de l’avoir ce permis pour transporter tes enfants.

Tu sais où tu vas rencontrer l’amour de ta vie (enfin le premier parce que tu en as quatre : ton mari et tes trois enfants)? En Allemagne! Tu vois, comme quoi, apprendre l’allemand t’a servi à quelque chose. Mais attention, ce n’est pas un Allemand… Il est Chilien. Et puis attends, il est barbu! Toi qui ne voyais que par les hommes rasés de près, ça va te changer. Vous vous êtes connus à Stuttgart lorsque tu es partie étudier six mois en Erasmus dans cette ville en 2006. Tu diras merci à tes correspondantes allemandes que tu avais au collège à l’occasion, car c’est en partie à cause d’elles que tu as mis Stuttgart comme premier choix de ville dans ton dossier Erasmus. C’était ton voisin sur le campus et ça a été l’amour au premier regard. Vous vous parliez en allemand au début, c’était drôle hahaha! Bah oui, c’était la seule langue que vous maîtrisiez assez tous les deux pour pouvoir vous comprendre. Et puis ensuite, vous vous êtes parlés en espagnol. Hein? Quoi? Comment? Attends, je t’explique. A l’université, tu vas commencer à apprendre l’espagnol et franchement, je dois te l’avouer, ça a été assez facile pour toi. Ensuite, quand ton séjour à Stuttgart s’est terminé, tu es partie rejoindre Daniel (c’est le petit nom de ton mari, j’avais oublié de te le dire avant) six mois plus tard au Chili. Oui oui, au Chili ma petite! Toi qui plus jeune ne connaissais que la Vendée, là encore, ça va te changer. Tu aimes les surprises alors en voilà d’autres : tu vas devenir bilingue français/espagnol, tu resteras vivre au Chili jusqu’en 2009 et vous vous marierez en octobre avant de partir vivre en Allemagne au mois de décembre de cette même année. Ce n’est pas vraiment ce que tu t’étais imaginé quand tu étais petite, je sais. C’est encore mieux! Tu penses bien que je ne vais pas tout te raconter non plus. Parce que ce serait bête que vous passiez à côté de tous les frissons des premières fois et des étapes qui renforceront votre couple. Laissons la magie opérer, d’accord?

Je sais que tu meures d’envie que je te parle un peu de tes trois autres amours : Alexander, Valentina et Tobias. Deux petits garçons et une petite fille. C’est la perfection pour toi et Daniel. Au moment où je t’écris, ils ont cinq et trois ans et le petit dernier a neuf mois. Avant d’accueillir ces trois anges dans vos vies, tu es passée par une grossesse extra-utérine. Cela ne sera pas une partie de plaisir mais ensuite, ce ne sera que du bonheur et beaucoup de fatigue. Tu es mère au foyer et tu fais tout ton possible pour les rendre heureux. Tobias est le plus malicieux des trois, il ne fait toujours pas ses nuits, il préfère être tout près de toi pour que tu l’allaites quand il le souhaite. Je pourrais essayer d’arrêter cet allaitement, mais que veux-tu… Je ne peux pas lui résister! Là aussi, je ne vais pas tout te raconter car tu auras besoin de ces doutes, ces questionnements, ces habitudes, ces douleurs parfois que j’ai connus pour devenir la mère que tu es aujourd’hui. Je vais me lancer des fleurs, mais je crois que je me débrouille pas mal!

On a parlé de plein de choses mais pas d’amitié. Là aussi, attention. A l’école primaire, tout allait encore très bien, tu avais une meilleure amie et un groupe d’amies très soudé. Et puis cette meilleure amie t’a laissé tomber du jour au lendemain en rentrant au collège parce que tu lui faisais honte. En même temps, même moi j’ai eu honte pour nous d’arriver au collège en fuseau fleuri. A partir de ce moment-là, l’amitié n’a pas été un long fleuve tranquille. Tu étais naïve, tu pensais que ce serait facile. C’est tout sauf facile!  Tu n’as pas eu de chagrin d’amour vu que Daniel est the one, the only one mais tu as vraiment souffert en amitié. Tu étais tellement contente que quelqu’un t’accorde son attention que tu aurais tout fait pour cette personne. Ca s’est souvent terminé en coeur brisé car la majorité de ces personnes t’ont jetée comme une vieille chaussette et tu ne l’as jamais vu venir. Mais tu as deux meilleures amies que les années n’ont pas éloignées : Flore que tu as connu à l’université et qui a, assieds-toi, tu ne vas pas t’en remettre, appelé sa fille comme toi. Comme on a pleuré quand on l’a su, et puis il y a Sophie, celle que tu as connu grâce à un blog (un site internet si tu ne comprends pas ce qu’est un blog) que tu écrivais lorsque tu étais au Chili. Vous avez tellement de points communs! Vous pourriez terminer les phrases l’une de l’autre. Tu es tellement attachée à elle que tu l’as choisie comme marraine pour Alexander.

Pour terminer, il faut aussi que tu saches qu’en 2015, on te diagnostiquera une sclérose en plaques. Qu’est ce que c’est? La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central. Elle entraîne des lésions qui provoquent des perturbations motrices, sensitives et cognitives. A plus ou moins long terme, ces troubles peuvent progresser vers un handicap irréversible. On te l’a détectée parce que tu as failli perdre la vue du côté gauche. Il y aura des jours avec, il y aura des jours sans. Tu commenceras à t’injecter un traitement mais cela ne durera pas longtemps parce que tu tomberas enceinte de Tobias. Je crois que cet enfant surprise t’a été envoyé pour une raison. Te faire voir la vie du bon côté malgré la maladie. Il ne voit que par toi, sourit tout le temps, toutes dents dehors. C’est une boule d’amour qui sent le biscuit, là, au creux du cou. Quand tes yeux plongent dans les siens, tu oublies toute la négativité du monde et tout va mieux en un claquement de doigts. Je ne vais pas te dire que cette maladie est une des meilleures choses qui te soit arrivée, enfin si, un peu quand même. A cause d’elle, tu vois la vie d’un nouvel oeil (ha ha ha, jeu de mots, Ramucho), tu profites plus des petits bonheurs ce qui rendra ta vie encore meilleure et tu seras plus optimiste que jamais pour aller de l’avant.

Linda, c’est ici que je te quitte, je dois m’occuper de ton futur qui est mon présent. Je t’embrasse et je voulais te dire pour terminer, ne t’inquiète pas la vie est belle et elle vaut le coup d’être vécue.

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La vida de Lindanita·Lindanita en cuisine

{Cola de mono} boisson typiquement chilienne pour les fêtes de fin d’année

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Etant mariée à un Chilien et en ayant déjà fêté trois fois Noël au Chili, the Husband et moi incluons des coutumes et des mets de nos pays respectifs lorsque les fêtes de fin d’année arrivent. Depuis que j’ai goûté au « cola de mono » (lire cola dé mono), j’aime en avoir tous les ans à la maison. Que ce soit lorsque nous recevons des amis, pour en offrir une bouteille entière ou bien encore pour en boire un verre avec the Husband lorsque les enfants sont couchés et que le sapin brille de mille feux.

Si l’on fait la traduction littérale du nom de cette boisson, cela veut dire « queue de singe » mais rassurez-vous, aucun singe n’a été maltraité pour en faire (je commence à me faire vieille en faisant des blagues aussi nulles!). Le « cola de mono » peut faire penser au lait de poule qui est consommé en Amérique du Nord durant les fêtes de fin d’année, lui aussi.

Pour faire environ quatre bouteilles de 75cl de « cola de mono », vous aurez besoin de :

♣ 2 bâtons de cannelle
♣ 6 clous de girofle
♣ 7 cuillères à soupe de sucre en poudre
♣ 2 cuillères à soupe de vanille liquide (ou bien l’intérieur de deux gousses de vanille)
♣ 1 boîte de lait concentré
♣ 2 litres de lait entier
♣ 2 cuillères à soupe de café en poudre
♣ 15cl d’eau
♣ 1 bouteille de cognac

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  1. Mettez l’eau dans une grande casserole (elle doit pouvoir contenir les deux litres de lait et le cognac par la suite) avec les bâtons de cannelle et les clous de girofle.
  2. Faites bouillir le mélange jusqu’à ce que l’eau prenne des tons rosés.
  3. Rajoutez les deux litres de lait et faites chauffer le mélange. Attention, celui-ci ne doit pas bouillir!
  4. Rajoutez ensuite le sucre, la vanille (liquide ou non), le café et faites chauffer votre mélange pendant quinze minutes en remuant constamment.
  5. Rajoutez la boîte de lait concentré et faites chauffer le tout pendant dix minutes en remuant constamment.
  6. Laissez refroidir le tout pendant une nuit.
  7. Le lendemain, rajoutez la bouteille de cognac au mélange froid.
  8. Passez le mélange à la passoire pour retirer toutes les impuretés.
  9. Mettez votre boisson en bouteille et conservez-la au frigidaire.
  10. Avant de servir, pensez à secouer votre bouteille pour que l’alcool et le lait se mélangent bien ensemble.
  11. Boire froid.

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Cette boisson est parfaite pour accompagner vos petits fours sucrés ou bien vos bredalas maison. N’hésitez pas à me dire si vous faites du « cola de mono », je suis curieuse de savoir si vous aimez ça autant que moi!

La vida de Lindanita·Viva la musica

Ceci n’est pas une playlist de Noël

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Je ne sais pas vous, mais moi, même si j’aime beaucoup la période de Noël, je n’arrive pas à écouter seulement « jingle bells », « mon beau sapin » et autres chansons parlant de neige blanche ou de petit papa Noël. J’aime bien varier ce que j’écoute et puis comme ça, les enfants chantent autre chose que ce qu’ils ont appris au jardin d’enfants (hashtag bad mother inside). Et attention, quand je lance la playlist que je vais vous proposer, Alexander et Valentina me font de ces chorégraphies! Ils se croient les rois du top 50 en me faisant des chorégraphies dignes de danse avec les stars : des cuillères en bois pour micro, des pirouettes (cacahuète), des portés, des solos de guitare et puis aussi des sauts de cabri sur le canapé ou bien encore des pas de danse inspirés par Hugh Grant dans « love actually ». C’est pour vous dire qu’ils aiment les 14 titres qui composent ma playlist du moment!

Cette playlist, elle est spéciale : ce ne sont que des duos (sauf deux titres), les chansons forment une chaîne (x chante avec y, y chante avec z… et ainsi de suite) et tous les titres sont en espagnol. Je suis sûre que beaucoup d’entre vous préfèrent encore des playlists « christmas mood » mais qui sait, peut-être que la mienne vous plaira pour préparer votre soirée du 31? Je suis désolée d’avoir inclus « despacito » mais je me devais de vous montrer que Luis Fonsi avant, c’était autre chose (je connaissais toutes ses chansons par coeur et j’étais fan!). Sebastián Yatra, vous avez sûrement dû l’entendre avec Milow avec « summer days » (en tout cas, le titre tourne pas mal sur les radios en Allemagne). Jennifer Lopez en espagnol, je dis oui! J’aime beaucoup « I ain’t your mama » mais en espagnol, c’est tout de même autre chose. Et puis j’ai connu le groupe Morat comme ça, quand Alexander a voulu voir une vidéo avec des minions. Vous ne trouvez pas que celui qui joue du banjo a des faux airs de Steve de « stranger things » (je ne sais pas, ça doit être un truc avec les cheveux!)?

♪ Ma playlist latino / décembre 2017 ♪

Home sweet home·La vida de Lindanita

Se souvenir des belles choses {j’ai testé Popcarte)

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Je ne sais pas vous, mais moi, je vis avec mon iphone greffé dans une main (dans l’autre, c’est un rouge à lèvres. Bah quoi, en en mettant, les gens qu me voient font impasse de mes cernes de trois kilomètres!).

Avant d’avoir des enfants, j’étais déjà assez accro à mon téléphone, mais depuis la naissance d’Alexander, Valentina et Tobias, c’est encore pire. Je suis toujours en train de surveiller le pourcentage de charge de ma batterie pour ne pas perdre un instant, un détail de leurs vies. Il y a des jours durant lesquels je fais au moins cinquante photos pour en avoir une (ou deux) de correcte. Bah oui, les enfants, ça bouge énormément enfin! Je suis tellement en stress de perdre mon téléphone que toutes mes photos sont envoyées tous les jours sur mon cloud. Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à être comme ça!

C’est bien mignon de prendre plein de photos, mais si on n’en imprime pas de temps en temps, à quoi ça sert? J’ai déjà fait faire plein d’aimants qui sont sur mon frigo (vous les voyez régulièrement dans mes stories instagram) mais nous n’avons plus de place pour en rajouter. C’est pourquoi Alexander et Valentina se sont sommes assis devant l’ordinateur et nous avons choisi ensemble des photos qu’ils aimaient pour en faire des cartes personnalisées sur le site Popcarte afin de les accrocher dans leurs chambres (ça changera de « star wars » ou « la reine des neiges »!). D’un commun accord, Valentina et Alexander ont adoré une photo où ils étaient tous les deux sur la terrasse et puis ils ont voulu aussi une photo avec leur petit frère Tobias. Le site de personnalisation de cartes propose tellement de belles choses que j’ai eu envie de faire une carte avec un montage photos de the Husband et moi (il n’y a pas de raison!) pour la mettre sur mon bureau. J’ai craqué sur un faire-part de mariage photomaton parce qu’il permettait de mettre plusieurs photos en format portrait. Il est parfait pour les selfies que nous prenons!

Quand j’ai reçu ma commande, j’ai été plus que ravie de la qualité proposée! Alors pour nos cartes de voeux, nous allons aussi nous tourner vers Popcarte. Le site a pensé à tout parce que  :

  • il y a un énorme catalogue de choix de cartes à personnaliser et les designs sont très variés (si vraiment rien ne vous plaît, vous pouvez créer votre carte de a à z!)
  • la personnalisation des cartes est accessible à tous car elle est très facile
  • on peut ajouter des photos directement depuis nos comptes instagram (c’est ce que j’ai fait)
  • on peut choisir le papier (satiné, nacré ou création) et la couleur de l’enveloppe (il y en a pour tous les goûts)
  • les cartes sont fabriquées en France mais elles sont envoyées dans le monde entier (c’est chouette pour les expats comme nous et nos familles et amis qui vivent loin)

Et vous alors, vous allez aussi personnaliser vos cartes de voeux cette année?

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La vida de Lindanita

Spiritualité, précognition et clairvoyance

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Depuis mon adolescence, il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir des rêves qui se répètent plusieurs nuits de suite sans que je n’en comprenne le sens. Et puis, j’apprenais une nouvelle les jours suivants et tout s’éclairait. Il y a aussi ces moments de flottements à part, même désagréables parfois, qui se produisent. Ils m’annoncent quelque chose ou une « présence » n’est pas loin et souhaite communiquer avec moi. Vous allez sûrement penser que je suis folle, que je prends mes délires pour des réalités mais je vous assure que c’est bien vrai!

En 2010, en rentrant d’une promenade à vélo et en voulant ouvrir la porte de notre appartement, le porte-clés qui pendait à mes clés s’est cassé, comme ça, d’un coup. Il est tombé en morceaux au sol alors qu’il était en excellent état quelques heures plus tôt. Ma réaction immédiate a été la déception : je l’aimais quand même beaucoup ce porte-clé que j’avais acheté à Santiago lors de notre dernier voyage au Chili! Et puis en ramassant les morceaux au sol, j’ai eu une boule au ventre et j’ai immédiatement pensé à ma famille et nos amis restés au Chili. Un mauvais pressentiment. En 2010, je n’avais pas encore internet sur mon portable et encore moins whatsapp. C’est pourquoi je l’avais laissé à la maison avant de partir de la maison puisque nous étions sortis en amoureux (je n’en avais pas besoin). Je vais voir si j’ai des appels en absence, rien du tout. Juste un sms de ma meilleure amie qui me demandait comment allait ma famille au Chili après le terrible tremblement de terre qui s’était passé. Mis à part des dégâts matériels, tout le monde allait bien. Ouf! Bien que cela soit tiré par les cheveux, ce porte-clé qui se casse juste avant d’apprendre la nouvelle m’a perturbé.

En 2009, trois fois de suite, j’ai rêvé qu’un grand homme portant des lunettes appuyé sur une cheminée recevait un appel sur son portable, ses mains se tordaient, il s’écroulait au sol et il disait « non, non, non, ce n’est pas vrai, elle ne peut pas être morte! » en éclatant en sanglots. C’est à ce moment là que je me réveillais toujours en sursaut. Je n’arrivais pas à mettre un nom sur ce visage très flou, mais tout s’est éclairci quand j’ai su qu’une cousine avait été renversée par une voiture et qu’elle était décédée. Cette cousine était un ange descendu du ciel. Le soir du jour où j’ai appris la nouvelle, j’ai de nouveau fait le même rêve, mais cette fois-ci, le visage de l’homme à lunettes était bien clair… C’était le visage de son père. Depuis, ce rêve n’est jamais revenu.

Depuis la semaine dernière, je n’ai plus de grands-parents. La maman de ma mère est décédée, elle allait avoir 100 ans en février prochain. Elle s’est éteinte progressivement, comme une machine qui arrête de fonctionner, petit à petit. Je pensais beaucoup à elle les jours précédents sa mort. Et puis le jour de son départ, cela a été différent. Dès le réveil, je me sentais mal, de nouveau une boule au ventre et l’envie de ne rien faire. Je tournais en rond chez moi et j’avais une forte envie de pleurer. J’ai pris Tobias dans mes bras plus d’une fois pour l’embrasser, lui faire des câlins ou bien mettre mon nez dans son petit cou qui sent le biscuit. Aux alentours de 10 heures, j’ai commencé à avoir du mal à respirer, j’avais une douleur dans la poitrine, j’étais oppressée. J’ai dû m’asseoir pour prendre de grandes et longues inspirations et puis j’ai explosé en sanglots. Finalement après ça, la douleur est partie assez rapidement et j’ai retrouvé mes esprits pour continuer mes tâches de la matinée. Le lendemain matin, j’ai su que ma grand-mère était décédée à 10h15. Cela a été tellement troublant pour moi de me rendre compte que je me suis sentie mal juste avant. C’était comme une présence qui était venue jusqu’à moi, comme si ma grand-mère était venue me rendre visite une dernière fois, juste avant de partir. Elle était venue me faire ses adieux.

Pour terminer, le départ de ma grand-mère paternelle a aussi été accompagné d’une présence. La dernière fois que je l’ai vu avant qu’elle ne décède, elle ne m’avait pas reconnue. Je n’avais pas pu la saluer comme il se doit, ce n’avait pas été un vrai au revoir. Le lendemain de sa mort, ma grand-mère était dans les pensées de toute la famille. Et puis soudain, alors que nous déjeunions dans le salon de mes parents avec des amis, un petit oiseau est venu se cogner dans la baie vitrée. Il est tombé au sol, complètement déstabilisé par le choc. Au début, le chat de la famille a voulu se jeter dessus pour le dévorer mais nous avons pu sauver le petit oiseau de ses griffes. Il est resté alors avec nous, passant de main en main pendant de longues minutes, se laissant câliner tout en émettant des petits piaillements. Quand mon tour est venu de l’avoir dans ma main, il m’a regardé pendant un long moment et puis il s’est envolé. Pour moi, c’était ma grand-mère qui venait me saluer une dernière fois avant de partir pour de bon.

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Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à avoir vécu de telles choses! Je vous souhaite un excellent vendredi.

Baby Alexander·Baby Valentina·Découvrez le Chili avec moi·La vida de Lindanita

Notre esprit de Noël

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Ca y est, dans moins d’un mois, c’est Noël! Selon ce que j’ai lu ici et là sur les réseaux sociaux, vous êtes plus d’un(e) à avoir commencé vos achats de cadeaux et d’autres ont déjà tout trouvé, tout emballé et tout caché dans un endroit top secret chez eux, encore mieux que les petits elfes du père Noël. Les sapins ont aussi fait leur grande entrée dans les chaumières, pour le plus grand bonheur des petits (et grands) enfants.

En parlant du père Noël, il y a une question qui me trotte dans la tête (et que j’ai posée la semaine dernière sur instagram) : est-ce que vos enfants croient au père Noël?

Chez nous, c’est un peu compliqué. Notre petit garçon, Alexander est né un 25 décembre. Oui, un petit Jésus dans la crèche (à force d’entendre cette réflexion, je préfère en rire)! Il a le droit au maxi best of Noël / anniversaire (en vrai, c’est un cadeau en plus, tout simplement). Qui dit donc anniversaire d’un enfant un 25 décembre, dit le Noël de toute la famille teinté de bougies sur un gâteau et un « happy birthday to you » à entonner. Alexander ne nous a jamais questionné sur le père Noël, Valentina non plus. Nous ne les avons jamais entendu parler du « papa Noël » entre eux d’ailleurs. Ils savent, par contre, que Saint Nicolas viendra les voir au jardin d’enfants début décembre et remplira leurs chaussettes de gourmandises. C’est quelque chose qui se répète pour la troisième fois cette année pour Alexander et il en parle souvent à sa soeur en ce moment vu que, cette année, elle a aussi accroché une chaussette dans sa classe. Quand, le dimanche matin, nous épluchons en famille les publicités que nous avons reçu dans notre boîte aux lettres durant toute la semaine, les enfants ne nous disent pas qu’ils veulent rajouter tel ou tel jouet (ou gadget) sur leurs listes au barbu. Pourquoi? Parce qu’ils ne font pas de listes justement. Non non, nous ne leur interdisons pas d’en faire, pas du tout, c’est juste qu’ils n’en éprouvent pas le besoin, et en plus, si quelque chose leur plaît, ils font les yeux doux à leur père pour l’avoir (les coquins!). Alors on garde en mémoire toutes leurs remarques (et oeillades) dans un coin de notre tête et c’est nous qui faisons cette liste de cadeaux qu’ils trouveront sous le sapin le 25 décembre au matin.

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Sur cette liste, nous notons aussi le pour et le contre des choses qui leur ont fait envie ces derniers mois. Une poupée dont Valentina est tombée sous le charme dans un magasin, une figurine star wars qu’Alexander a vu dans les mains d’un de ses camarades du jardin d’enfants un vendredi lors du « jour du jouet » (j’en parlais ici si cela vous intéresse). Est-ce qu’ils nous ont reparlé plus de trois fois de cette envie? Non? On laisse tout de même l’option sur la liste mais avec une croix rouge à côté (au cas ou elle reviendrait sans crier gare).

Et puis, il y a aussi ces cadeaux que nous faisons, un peu plus gros, un peu plus grands mais qui seront des cadeaux pour tous les enfants de la maisonnée. L’année dernière, Valentina a commencé à recevoir des accessoires de dînette, Alexander aussi. Avant, ils aimaient déjà y jouer en utilisant de vraies assiettes et de vrais couverts qu’ils allaient chiper dans la cuisine. Cela a été le meilleur cadeau qu’ils ont reçu en 2016 selon nous car ils ne passent pas une semaine sans se créer des histoires autour de leur machine à café ou bien en essayant de faire des sandwichs de toutes sortes. C’est pourquoi cette année, nous avons investi dans la cuisine avec le four, les plaques chauffantes et le lavabo. J’ai hâte de voir leur réaction! Et puis il y aura aussi le vélo « de grand » pour Alexander, le bleu, celui qu’il veut depuis cet été et qui a été acheté bien en avance pour avoir le plus beau. Pour ce qui est de Tobias, je pense que nous nous tournerons vers des vêtements car il joue déjà avec tous les jouets que son frère et sa soeur avaient à son âge. Ce serait vraiment consommer pour consommer. L’amour que nous portons à nos enfants ne se compte pas au nombre de cadeaux qu’ils auront pour Noël mais au temps et à l’attention que nous leur donnons tout au long de l’année.

C’est la même chose entre the Husband et moi. Les mois avant Noël, nous nous disons mutuellement ce qui pourrait nous manquer ou ce qui pourrait nous faire plaisir comme cadeau. The Husband s’amuse à me dire : « ça, ça serait un cadeau que le père Noël pourrait m’apporter! ». Quelquefois, une surprise arrive avant Noël, juste parce que nous avons envie!

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Je ne veux pas insister auprès de mes enfants pour qu’ils croient dur comme fer que le père Noël existe. Parce que je ne veux pas qu’ils souffrent ou se sentent trahis lorsqu’ils apprendront que ce n’est pas vrai, ce qui influencera certainement sur la relation de confiance qui existe entre nous.

Et puis je me souviendrais toujours de la façon dont moi, je l’ai appris : mes parents avaient décidé que la coutume était que mon père place les cadeaux sous le sapin pendant que ma mère et moi étions à la messe de minuit. A notre retour à la maison, cri de joie et émerveillement : le père Noël était passé! L’année de mes six ans, quand nous sommes rentrées à la maison, il y avait au pied du sapin, trois sacs plastiques avec les cadeaux à l’intérieur, avec nos prénoms inscrits dessus et mon père ronflait sur le canapé. Déjà, trouver les cadeaux comme ça a été déstabilisant pour moi, mais surtout, ce qui m’a choquée, c’est que les prénoms étaient écrits de la main de ma mère. Tout était clair, le père Noël n’existe pas, ce n’était qu’un mensonge de mes parents qui utilisaient quelquefois le chantage « sois gentille où le père Noël ne t’apportera pas de cadeaux » pour avoir une petite fille obéissante. Je me suis sentie tellement triste à ce moment-là. J’ai encore les images de cette scène bien en tête, 25 ans après.

L’esprit de Noël, ce n’est pas ça, ce n’est pas une avalanche de cadeaux, ce n’est pas le père Noël qui arrive sur son traîneau guidé par le nez rouge de Rudolphe dans la nuit étoilée.

L’esprit de Noël que nous aimerions inculquer à nos enfants, c’est surtout le fait de se retrouver en famille pendant les vacances, passer du temps ensemble sans se prendre la tête. Pourquoi ne resterions-nous pas toute la journée en pyjama à inventer des histoires avec des playmobils? Pourquoi ne pas faire des petits biscuits le matin, les dévorer avant midi et faire un gâteau l’après-midi? Allumer les bougies de la couronne de l’avent, préparer du pop-corn et mettre un dessin animé que nous connaissons par coeur à la télé. Et puis aussi, aller voir les vitrines de Noël en ville, sillonner les allées du marché de Noël, faire un tour de manège… Plutôt que d’accumuler des choses, nous essayons d’accumuler le plus de moments heureux ensemble.

Et puis leur apprendre à aimer donner comme ils aiment recevoir. Lorsque nous vivions encore au Chili et sans enfants, the Husband m’a montré ce qui se faisait dans sa ville au moment de Noël. La poste interceptait le courrier que des familles avaient envoyé au père Noël. Dans ces lettres, le plus souvent, il y avait des messages d’enfants qui demandaient que le père Noël leur offre un joli Noël en leur amenant un sapin plein de guirlandes lumineuses, un cadeau pour le petit frère qui attendait avec impatience l’arrivée du barbu ou même encore des parents qui demandaient de l’aide pour avoir de quoi manger pour les fêtes. Ca m’a brisé le coeur. Ma belle-mère avait choisi une lettre qui avait une adresse au dos. Nous leur avons préparé plein de petits gâteaux, une belle dinde a été mise au four aussi, avec des pommes de terre vapeur et une sauce pour les accompagner. Mon beau-père leur avait préparé une bouteille de cola de mono (une boisson à base de lait, du cognac et d’épices de Noël qui se consomme pendant les fêtes de fin d’année). Ils ont mis tout ça dans un grand panier, ont rajouté des cotillons et des ballons et nous l’avons emmené personnellement à l’adresse qui était sur l’enveloppe. Ce fut un tel moment d’émotion tant pour eux que pour nous! Cette famille nous a ouvert la porte de leur maison pour que l’on puisse partager avec eux un verre de cola de mono et des petits biscuits. Les enfants étaient tellement heureux qu’ils venaient s’asseoir sur nos genoux, nous faisaient des câlins et des bisous. Quel moment, vraiment!

C’est pour cela que cette année, j’ai envie de faire un calendrier de l’avent inversé avec les enfants (ils auront tout de même un calendrier de l’avent avec des chocolats!). Le concept est de prendre une boîte et de rajouter, à partir du premier décembre, un produit de première nécessité par jour. Cela peut être de la nourriture, des vêtements, des produits d’hygiène, mais aussi des livres ou des jouets. Le 25 décembre, il faut donner la boîte à une association et elle sera remise à une personne dans le besoin. Qui en fera un aussi cette année?

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Nous espérons que grâce à tout ça, nos enfants découvriront ce qu’est la magie de Noël : partager de beaux moments avec les personnes qui nous sont chères, se faire des surprises, plus ou moins grandes et puis surtout, être heureux.

Baby Alexander·Baby Valentina·Découvrez l'Allemagne avec moi·La vida de Lindanita·You are so beautiful

Sois belle et tais-toi

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Ma fille, Valentina, a fêté son anniversaire en début de mois. Son père l’a emmené chez la pédiatre pour un contrôle pour ses trois ans, comme il est coutume de le faire ici. Je n’ai pas pu m’y rendre personnellement vu que les salles d’attente des médecins en cette période de l’année sont pleines de virus. Je ne peux pas me permettre de tomber malade vu que j’allaite encore et mes nuits sont entrecoupées par des réveils de Tobias depuis sa naissance (j’accumule la fatigue en somme).

Quand ils sont rentrés de ce rendez-vous, j’ai demandé à the Husband de me faire un compte-rendu de ce qui avait été dit et ce qui s’était passé. Je m’attendais à des phrases comme : « elle s’est butée, elle n’a pas voulu faire les exercices », « elle est en retard sur le langage mais c’est normal, c’est comme ça pour tous les enfants bilingues voire trilingues ». Mais quand il m’a dit : « la pédiatre a dit qu’elle était grosse et qu’il faudrait penser à lui faire faire un régime », mon sang n’a fait qu’un tour. Non, je n’ai pas bien entendu, ce n’est pas possible, pas cette pédiatre que je respectais tant, pas un régime, pas à trois ans, pas ma fille! Vous avez pu voir des photos de ma fille dans mon article de la semaine dernière (cliquez ici pour aller le lire), elle n’est pas grosse enfin! Et puis quand bien même elle serait « grosse » (que ce mot est moche!), ce n’est pas une façon de le dire. Et le coup du régime… A trois ans quoi. Trois ans! A cet âge, un enfant est en pleine transition. Son corps passe du grand bébé au petit enfant. Le petit bidon mignon est toujours là, les bonnes joues aussi. Il découvre le monde et les saveurs, son corps et ses envies. En plus avec trois enfants, je crois que je sais m’occuper comme il faut de ce qu’ils mangent. Finalement, j’ai moi-même été en surpoids (j’en parlais dans cet article) et j’en ai assez souffert pour essayer au mieux que mes enfants ne passent pas par là.

Après ce coup de sang et avoir enragé tout le reste de la journée à cause d’un membre du corps médical qui croyait avoir la science infuse (quoi je suis encore énervée?), j’ai pris le carnet de santé de mon aîné pour voir ses courbes taille/poids au même âge que sa soeur. Oh beh tiens, à 500 grammes près, c’était la même chose et la taille, c’était kiff-kiff. Je ne me souviens pas par contre avoir entendu que mon fils était gros, non! Lui, il était bien portant, c’était un beau grand bébé qui allait devenir un petit garçon grand et fort. Sur le moment, je n’avais pas relevé cette remarque, j’étais une maman de deux enfants, Alexander était mon premier enfant, il grandissait et Valentina était encore un bébé. J’étais presque fière qu’on me dise que mon fils était beau, grand et fort vous voyez. Je suis remontée comme un coucou suisse à présent. De quel droit le corps médical se permet de juger de la corpulence d’une petite fille de cette manière? Pourquoi autant de sexisme dès la petite enfance, et de la part des médecins qui plus est? Pourquoi permettre aux petits garçons d’être rondouillets et l’interdire aux petites filles? C’est pour qu’elles rentrent dans les pantalons slim qui sont au rayon fille des magasins? C’est pour qu’elles soient dans la norme? C’est parce que les hommes sont le sexe fort et « visuellement » parlant, les femmes doivent leur plaire?

Avant de rentrer au collège, notre médecin de famille a conseillé à ma mère de me faire faire un régime parce que j’étais, moi aussi, grosse. Bien sûr, ma mère a accepté et… ce fut une grave erreur! C’était un régime avec les mêmes menus toutes les semaines, des protéines en veux-tu, en voilà (je devais manger dix à douze blancs d’oeuf par semaine!), une salade verte avec du thon le mercredi midi… Au goûter, j’avais le droit à une pomme et un verre de lait coupé avec de l’eau (mais quelle horreur!). Bien sûr, c’était bien (pour le médecin et pour ma mère), je perdais du poids, j’allais être dans la norme avant de faire mon entrée en sixième. Le médecin n’a jamais eu l’idée de proposer un rééquilibrage alimentaire pour commencer. Non, directement le régime, c’est ce qu’il y a de mieux madame! Et puis, je l’ai faite cette rentée au collège. Ma mère avait eu la charmante idée de choisir de me faire porter un fuseau (l’ancien petit nom du legging) fleuri. J’étais encore un peu enrobée et en ce jour de rentrée, en dix minutes, j’avais été étiquetée pour toute ma scolarité au collège : la rondelette qui s’habillait mal. Et puis j’allais manger à la cantine, plus à la maison avec ce régime protéiné. En bonus, ma meilleure amie à l’école et qui allait être dans le même collège que moi avait décidé de m’abandonner, faire comme si je n’existais plus pour elle. Vous pensez bien, elle n’allait pas s’afficher avec la grosse en legging! La rechute après ce régime a été difficile : moqueries et acharnement au collège plus la cantine (qui était un self-service), cela a été le combo parfait pour reprendre tout le poids que j’avais perdu et voir disparaître le peu de confiance en moi qui me restait. Avec mon passé, je sais que faire un régime n’est pas bon, surtout pour un enfant en pleine croissance. Plus de quinze ans après, j’en garde des séquelles, moralement parlant. Ce régime m’avait été imposé du jour au lendemain, et au final, il avait été inutile.

Et puis, en devenant « grosse » à nouveau, j’ai dû subir les quolibets des garçons de ma classe et de la cour de récréation : « oh la grosse, tu ne veux pas faire mes devoirs? », un pincement de fesses (on peut tout se permettre avec une grosse enfin, elle devrait être flattée qu’on la touche!) et une phrase que j’ai souvent entendu « bouge de là la grosse, tu prends toute la place! », « de toute façon, personne ne l’aime la grosse. Elle est moche et personne ne voudra d’elle » (entendu dans les couloirs du collège) et j’en passe et des meilleurs. Tout ce dont on a besoin pour grandir dans la joie et la bonne humeur. Du coup, j’ai commencé à manger plus, à grossir un peu plus chaque jour et à me sentir définitivement mal dans ma peau. Je vous passe le reste de ma scolarité où c’est pratiquement resté la même chose (sinon, vous ne lirez pas l’article jusqu’au bout).

En tout cas, je sais que je n’accepterais pas que ma fille (ou mes fils, car oui, les filles n’ont pas le monopole du mal-être) passe par là. Alors si elle se sent mal dans sa peau à cause de remarques de médecins, de camarades de classe ou tout simplement parce ce que l’image que lui renvoie le miroir ne lui plaît pas, je serais là pour l’aider à aller de l’avant et lui expliquer qu’un régime (ou se faire vomir, ou ne plus manger) n’est pas le plus adapté pour elle. Premièrement, il faut comprendre la cause de cet embonpoint et trouver les solutions pour y remédier, dans cet ordre, pas l’inverse.

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Et maintenant que je suis lancée dans cet article, on en parle de la sexualisation des petites filles qui commence bien trop tôt? En grande fan de la série « stranger things », dès que je tombais sur un article qui parlait de la série sur les réseaux sociaux, je m’empressais de le lire, avide de détails que je n’aurais pas su voir lors du visionnage de la saison deux. Je suis tombée sur un article du « w magazine » (cliquez ici pour le lire) qui faisait entrer Millie Bobby Brown (Eleven) dans la liste des personnalités qui prouvent que la télé n’a jamais été aussi sexy. De façon la plus normale qui soit, le magazine inclut une petite fille qui rentre dans l’adolescence parmi des adultes, le tout en les décrivant de sexy. How sick is that seriously? Non mais on n’utilise pas le terme sexy pour une fille de 13 ans! C’est malsain, dégoûtant, répugnant! Apparemment c’est la « grande mode » à Hollywood en ce moment d’hypersexualiser les jeunes actrices. Mais pourquoi? Il ne faut pas être sain(e) d’esprit pour trouver une actrice de dix/douze ans sexy parce qu’un photographe lui dit de prendre une pose lascive durant une séance photo afin de faire le buzz avec la couverture du dernier magazine à la mode ou encore parce que le (ou la) maquilleur(se) s’est un peu trop lâché(e) sur le maquillage la faisant paraître bien plus vieille qu’elle ne l’est. Je dois dire que plus j’en lis sur le sujet et plus je suis révoltée.

Ca me rappelle des commentaires que j’avais reçus et qui m’avaient marquée quand j’étais plus petite, plus jeune et qui aujourd’hui font écho à ce que je viens d’écrire. Une amie de mes parents m’avait dit le plus naturellement du monde : « Linda, avec ton jeans là, on voit la marque de ta culotte. Tu devrais mettre un string, c’est plus beau! ». J’avais 12 ans. Encore dans le cercle d’amis de mes parents, un été, il faisait chaud, j’étais en débardeur mais en jeans car je n’assumais pas d’être en jupe, un homme : « ça te va drôlement bien ce petit débardeur là! Tu fais plus femme, j’aime bien. Tu devrais penser aux jupes aussi, ça serait bien » avec une main qui caresse mon épaule, un sourire entendu et un clin d’oeil en prime. J’avais 14 ans et j’ai eu l’impression d’être « sale » pendant des jours.

Pour finir cet article (plus féministe que je ne l’avais pensé en le commençant), la charge mentale et le harcèlement de rue, cela vous dit quelque chose?

Je suis mère au foyer, de trois enfants en bas âge qui plus est. Donc bon, l’ordre à la maison et l’éducation des enfants dans la journée jusqu’au retour de the Husband, c’est sur moi que ça tombe. Bah oui, c’est comme ça vu que nous vivons en Allemagne et que nous n’avons aucune famille autour de nous. Pas de vacances ou d’après-midis chez papy et mamie. Non, je ne me plains pas, j’ai choisi d’être mère au foyer avec tous les avantages et tous les inconvénients que ce choix entraîne. C’est juste un coup de main à prendre, des habitudes à trouver et tout roule sur des roulettes. Il y a des jours avec. Il y a des jours sans, surtout quand la fatigue s’invite à cause de plusieurs nuits blanches à la suite. Note de rappel, je suis mariée à un Chilien donc à la maison nous parlons espagnol et  vivant en Allemagne, nous parlons allemand à l’extérieur. Au début, c’est une sacrée gymnastique mentale! Par exemple, l’éducatrice de ma fille me dit, en allemand, qu’il y a une réunion tel jour sur tel sujet, à telle heure. Je dois être sûre d’avoir bien compris tout ce qui m’a été dit, l’assimiler dans ma tête en français pour en discuter ensuite en espagnol avec the Husband. Je prépare les manteaux, les chaussures, les sacs à dos et la table du petit-déjeuner la veille pour gagner du temps le matin avant de partir au jardin d’enfants. J’aime que mon évier soit vide et propre avant d’aller me coucher, que les coussins du canapé soient rangés aussi. La nuit, Tobias se réveille pour une tétée nocturne, j’en profite pour aller voir mes deux aînés dans leurs chambres pour m’assurer qu’ils soient bien au chaud dans leurs lits. Et j’aurais encore plein d’autres exemples à vous donner, mais je crois que vous avez compris comment ça fonctionne chez nous. Non, je ne critique pas du tout the Husband, il en fait énormément à la maison. Il va faire les courses avec un ou deux enfants pour me laisser souffler, il fait tous les travaux à la maison, il nous cuisine régulièrement de bons petits plats, il s’occupe du coucher des aînés pendant que j’allaite Tobias, il fait même du repassage et les vitres! Pourquoi je vous dis tout ça? Eh bien parce que j’ai reçu un commentaire l’autre jour sous une de mes photos instagram qui m’a fait bouillir : « Whaaahhh le stress !!!!! Heureusement que tu ne travailles pas! Ca ferait beaucoup trop ». Cet homme (parce que c’était un homme, il est important de le signaler) disait clairement que parce que j’étais sans emploi (être mère au foyer n’est pas considéré comme tel pour lui apparemment), je ne pouvais pas être stressée sous-entendant sûrement que je n’en foutais pas une vu que je restais chez moi. Are you serious? Bien sûr que si voyons! Je suis toujours sur le qui-vive afin d’éviter un grain de sable ne vienne enrayer notre quotidien réglé comme du papier à musique. Il y a encore du chemin à parcourir pour que l’on arrive à une égalité des sexes pour certains.

Pour terminer cet article, je vous parlerais de mon expérience face au harcèlement de rue. Ici en Allemagne, la parité homme/femme est plus perceptible. Depuis mon arrivée en Allemagne, je n’ai jamais reçu de commentaires salaces de la part d’hommes dans la rue, que je sois seule, avec une amie ou bien accompagnée de mes enfants. Pas de « hey mademoiselle, t’es charmante. Ca te dirait une glace à la menthe? » (pour rester dans la sobriété). Beaucoup de femmes se considèrent comme le sexe fort ici. Ca se voit, ça se sent. J’ai même pu observer plus d’une fois des groupes de filles/femmes donner explicitement leur point de vue sur le fessier d’un homme qu’elles venaient de croiser dans la rue sans s’en cacher ou baisser le ton. Moi-même, je ne le ferais pas car « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » est une règle d’or à mes yeux. Je me trouve chanceuse de vivre ici pour ne pas avoir à apporter mon tweet à l’édifice du hashtag « balance ton porc », hashtag que je vois apparaître bien trop souvent sur les réseaux sociaux en ce moment.

Et vous, dites-moi un peu, les médecins vous ont déjà fait des remarques déplacées sur vos filles? Pensez-vous que j’ai raison d’être énervée? Vous étiez au courant de l’hypersexualistation qui sévit à Hollywood? Qu’en est-il de la charge mentale dans votre foyer? Le harcèlement de rue, y avez-vous été confronté(e)s?