La vida de Lindanita

25 choses sur moi que vous ignorez (ou pas!)

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Il y a quelques semaines, le tag des 25 choses sur moi était à la mode et j’étais tentée de le faire mais j’avais toujours autre chose à vous dire. Cette semaine, je ne recule plus, voici 25 choses que vous ignorez (ou pas) sur moi (mode ego trip on, hashtag bah quoi) :

  1. Je suis fille unique.
  2. J’ai quatre prénoms : Linda, Mary, Angélique, Rita (le fait d’être fille unique sûrement?).
  3. J’aurais aimé avoir des frères et des soeurs quand je vois la complicité de mes enfants.
  4. Je suis gauchère mais ambidextre pour certaines choses : utiliser un couteau à table, la souris de l’ordinateur, attraper des choses, me laver les dents, pointer du doigt…
  5. Je peux paraître froide au premier abord mais c’est de la timidité.
  6. Je ne suis pas méchante pour un sou mais je suis très, mais alors très très rancunière. Que voulez-vous, ils sont comme ça les capricornes!
  7. C’est à cause des points cinq et six que j’ai peu d’amis. Mais pour eux, je décrocherais la lune si c’était nécessaire.
  8. Je manque énormément de confiance en moi.
  9. J’ai presque atteint la barre des cents kilos quand j’étais à l’université. Le manque de confiance en moi y était pour beaucoup, je me réfugiais dans la nourriture. Mais the Husband m’a appris à mieux manger, j’ai perdu du poids rapidement et je me suis enfin trouvée belle.
  10. J’ai une mémoire d’éléphant, je n’oublie rien. Bon, en ce moment avec le manque de sommeil et trois enfants en bas âge, il m’arrive d’oublier des choses quand même mais j’ai la tête tellement pleine des progrès de mes enfants que c’est normal non? Et attention, une mémoire d’éléphant rancunière, vous n’avez pas intérêt à me faire une crasse, je ne l’oublierais jamais!
  11. Au lycée, j’ai fait trois ans de grec ancien, j’avais même l’option spé. C’était difficile mais ça a été une expérience d’apprendre si tard une langue morte. Je me souviens encore avoir rencontré Nikos Aliagas au printemps du livre de Montaigu pour un de ses livres. Je lui ai dit que j’apprenais le grec ancien et j’étais toute fière haha!
  12. J’ai le sommeil super léger. Le moindre bruit peut me réveiller. Cela ne s’est pas arrangé avec la naissance des enfants. Je ne dors plus que d’un oeil maintenant! Par contre, la lumière ne me dérange pas. J’aimerais bien que ça soit l’inverse!
  13. Je suis déjà passée par la case chirurgie esthétique, mais ce n’était pas voulu de ma part. Ce sont mes parents qui m’ont fait recoller les oreilles. J’en garde un traumatisme parce que j’étais enfant et c’était sous anesthésie locale (je me rappelle encore le bruit que le scalpel a fait en coupant le cartilage…).
  14. Je ne suis pas du tout sportive pourtant j’ai essayé de pratiquer la danse et le basket étant enfant.
  15. J’ai fait de l’orgue électronique pendant douze ans mais j’ai beaucoup perdu. Je l’ai toujours à la maison et j’espère pouvoir me remettre à en jouer bientôt pour inciter mes enfants à jouer, eux aussi, d’un instrument de musique.
  16. J’ai aussi pris des cours de dessin mais tout ce que je pouvais faire ne plaisait pas à mon professeur, du coup, je me sentais réprimée dans ma « création » artistique. Cela m’a donné envie de tout arrêter. Il y a peu, j’ai repris le dessin pour les enfants pour leur proposer du coloriage et il n’y a rien de meilleur que de voir leurs yeux briller devant n’importe quel dessin que je peux faire.
  17. Je suis expat’ depuis dix ans déjà.
  18. Avant de connaître the Husband, je ne supportais pas la langue espagnole (j’ai l’accent espagnol d’Espagne en horreur). Avec lui, j’ai connu l’espagnol latino et c’est beaucoup mieux!
  19. Si je devais choisir entre du chocolat et un avocat à point, c’est vers l’avocat que je me tournerais, sans hésiter! Je le coupe en deux, et hop, à la petite cuillère et nature. Il n’y a rien de meilleur!
  20. J’ai plus de cinq cents grains de beauté sur tout le corps (on avait du temps à perdre avec the Husband quand nous n’étions pas encore parents). Et ce chiffre a sûrement bien augmenté depuis!
  21. Même si je dois en faire, je ne supporte pas les fautes d’orthographe, je ne peux pas m’empêcher de les corriger, c’est plus fort que moi.
  22. Je suis une fille à chat et j’ai beaucoup de mal avec les chiens, sauf si ce sont des chiots parce que je ne peux pas leur résister!
  23. J’ai la phobie des araignées après avoir vécu au Chili. Il y avait un endroit que je devais emprunter pour aller en ville où vivaient d’énormes araignées poilues (pas des mygales, celles dont je parle ne font rien. Au Chili, ils les appellent « araña pollito ». Mais mince, elles étaient tellement grosses et moches que ma peur s’est transformée en phobie). Depuis la naissance de mes enfants, j’essaie de les tuer quand il y en a dans la maison parce qu’il n’y a rien de pire que d’en voir une s’échapper chez soi. Et je ne veux pas donner cette phobie à mes enfants.
  24. Ma série préférée de tous les temps, forever and ever, c’est friends. Je connais la série par coeur mais je pourrais la regarder encore et encore. Il y a toujours des petits détails que je remarque après un nouveau visionnage. Bon et il y a outlander aussi hein, mais ça, c’est un amour plus récent (Jamie Fraser is my other husband ^^).
  25. Je suis une dépensière économe. Je m’explique : je mets de l’argent de côté pour pouvoir m’acheter de jolies choses sans entrer dans le rouge à cause de ces dépenses. J’économise pour acheter moins mais mieux. Avant j’étais un vrai panier percé!

Quelles sont les choses que vous saviez déjà? Quelles sont celles qui vous ont surpris? Dites-moi tout que je rigole un peu! Je vous souhaite un excellent vendredi!

La vida de Lindanita

Ces petits bonheurs qui rendent la vie meilleure #17

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La semaine dernière, j’ai eu très peu de temps pour moi. C’est pour cela que je n’ai pas trouvé un petit moment pour me mettre sur l’ordinateur afin de vous proposer un article. Oh et puis, ce n’est pas si grave hein, vous êtes sûrement en train de préparer vos valises ou bien vous êtes déjà parties en vacances? Mais aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous une nouvelle sélection de mes petits bonheurs qui rendent la vie meilleure!

♣ Notre jardin avec l’odeur de la pelouse juste coupée, celle que the Husband a planté avec amour pour notre home sweet home (j’aime tellement cette odeur que je laisse souvent mes fenêtres ouvertes pour que l’odeur rentre dans le salon). Et qui dit jardin dit plantations. J’adore aller avec les enfants aux pieds des framboisiers pour chercher sous les feuilles les framboises mûres du jour et voir des petites gouttes roses perler sur leurs mentons après les avoir englouties (on a aussi des groseilles à maquereau, mais ça, ils aiment moins!).

♣ La marque Sephora s’implante enfin en Allemagne : à moi les masques, les rouges à lèvres sans transfert, le maquillage Kat von D, Huda beauty et j’en passe (c’est mon compte qui ne va pas s’en remettre par contre!).

♣ Etre contactée par le huffington post pour relayer un de mes articles sur leur site (attention, le début de la gloire huhu! Non, je plaisante hein et j’ai été agréablement surprise en lisant ce mail. J’éditerais cet article quand il sera en ligne, c’est à dire demain!).

♣ Faire une séance de binge watching avec l’arrivée de la nouvelle saison de « orange is the new black » sur netflix (bon, c’était « seulement » deux épisodes par jour mais quand on a trois enfants, on fait ce qu’on peut!). Et puis regarder les deux premières saisons de « skins » le soir, sur le canapé quand les enfants sont couchés (on a essayé de regarder les suivantes, mais les acteurs de la nouvelle génération ne sont pas du tout convaincants à notre goût).

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♣ Aller au restaurant avec nos trois enfants, passer un excellent moment, sans stress et profiter de la pizza que nous avions choisie (Tobias dormait dans la poussette, on ne l’a pas entendu!).

♣ Recevoir pendant une semaine le parrain et une des marraines d’Alexander (il en a deux) qui viennent du Chili et pouvoir enfin les revoir, trois ans après le baptême de notre grand garçon (le temps passe définitivement trop vite quand on a des enfants).

♣ Aller faire les courses en famille, quelqu’un passe à côté de nous et nous dit « qu’est-ce qu’ils sont beaux vos enfants! » Et hop, l’orgueil maternel enfle, on répond seulement « oh merci! » avec un sourire tout niais (ou on peut dire aussi « oui je sais, c’est moi qui les ai fait! ». Hashtag bah quoi!).

♣ Allaiter, profiter de ce moment de partage avec Tobias, être les yeux dans les yeux la plupart du temps et recevoir de gros sourires de mon poupon adoré (il lui arrive d’oublier d’avaler avant de sourire, du coup, vous imaginez le tableau! ^^).

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♣ Aller chez le coiffeur après mon accouchement pour couper au moins vingt centimètres de cheveux, faire un ombré et sortir encore ravie que je ne le pensais du salon (trois mois plus tard, j’adore regarder les reflets dans mes cheveux!).

♣ A défaut de faire les soldes en magasin, je les fais en ligne (mon magasin promod a fermé mais heureusement que l’on peut commander sur le net parce que leur collection broderie est juste superbe! Wow, lovely! Pardon, mais j’adore le dire!).

♣  Prendre mon petit-déjeuner toute seule en semaine sans enfants, dans le silence (ou presque, si je regarde une série). C’est un vrai luxe pour moi (sinon j’ai Valentina qui me taxe mes tartines de pain beurré ou bien mon café bien chaud se transforme en café glacé parce que Tobias a envie lui aussi de petit-déjeuner).

♣ Faire une bataille d’eau dans le jardin avec les enfants et terminer trempés mais heureux (et après, on a enchaîné avec des bulles de savon. Alexander et Valentina courraient pour les attraper, du coup, en dix minutes ils étaient de nouveau secs!). Et en parlant d’eau, la pluie qui revient après des journées de grosse chaleur, j’aime tellement ça! L’odeur qu’elle laisse sur la terre chaude est un délice et on peut enfin aérer la maison et ne plus vivre dans le noir (heureusement qu’on a des volets enrouleurs, sinon la maison serait un four tout l’été!).

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♣ Sortir de la douche et m’enrouler dans une serviette toute propre, qui a séché au soleil et qui sent bon la lessive (ai-je besoin de développer?).

♣ Reprendre le dessin pour faire plaisir aux enfants et leur proposer des coloriages de Peppa pig, Pikachu ou bien de minions (voir leurs yeux briller quand je leur donne un nouveau dessin vaut tout l’or du monde ♥ « regarde papa, c’est maman qui l’a fait d’abord! »).

♣ Partir quelques jours en vacances en août à Dresden, avec les enfants cette fois-ci, et retourner chez notre ancienne propriétaire qui nous propose une nouvelle fois notre ancien appartement gratuitement (après avoir terminé cet article, je vais devoir faire plein de listes pour ne rien oublier et préparer nos premières vacances à cinq au mieux).

♣ Ecouter en boucle le groupe « little mix » sur spotify avec les enfants, en chantant en yaourt leurs chansons, en sautant sur le canapé ou en dansant comme des fous dans le salon. Même Tobias en profite en étant dans mes bras et en riant tout son soûl (the Husband a pris peur la dernière fois qu’il nous a vu le faire huhu!).

Allez, partagez avec moi vos petits bonheurs qui rendent la vie meilleure! ♥

Baby Alexander·Baby Valentina·La vida de Lindanita

La langue de chez nous

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Il y a deux semaines de cela, j’avais posté une photo sur instagram avec ce texte en dessous : « je vois que vous avez des questions à propos de ma dernière vidéo avec Valentina et les langues que l’on parle à la maison. Je vous invite à poser vos questions sous cette publication pour que je puisse y répondre (sûrement) la semaine prochaine sur le blog. Merci ». Bon, ça m’a pris quinze jours mais comme je n’aime pas faire les choses à moitié, j’ai eu besoin de tout ce temps pour écrire la totalité de ce que je voulais vous dire parce que c’est bien beau de vous parler des langues que l’on parle à la maison, mais il faudrait quand même que je vous explique pourquoi nous en sommes arrivés là non?

Alors déjà, mes études et mon parcours. Je pense que ça peut être intéressant de commencer par ça. En primaire, j’étais dans les premières de ma classe (attendez, ne partez pas, je ne me vante pas! C’est utile de le savoir pour la suite) et en CM2 mon institutrice a proposé à mes parents que j’apprenne directement deux langues vivantes comme il était possible de le faire dans le collège où j’allais aller, et ce, dès la sixième. C’était l’anglais et l’allemand. C’était tentant alors j’ai commencé le collège avec deux LV1. Si je me souviens bien, on avait autant d’heures d’anglais que d’allemand (ça remonte à pas mal de temps quand même, vous voyez, alors je ne suis plus sûre de tout ça!). L’apprentissage de l’anglais se passait très bien alors que pour l’allemand, c’était une catastrophe : j’étais dans les dernières de mon groupe (nous étions des élèves de deux classes qui se retrouvaient dans un groupe). Je n’arrivais pas à assimiler l’allemand, c’était bizarre, dur et les mots à rallonge, quelle horreur! Je pleurais quand je voyais mes notes même si j’essayais d’apprendre mes leçons. Et puis en quatrième, il y a eu le déclic après mon premier voyage en Allemagne en allant une semaine chez ma correspondante (je suis encore en contact avec elle et ses parents). Je n’arrivais toutefois pas à vraiment parler là-bas mais j’ai tellement aimé mon séjour à Villingen que d’une certaine façon, l’apprentissage de l’allemand est devenu plus facile et mes notes sont énormément remontées. Je suis passée à des notes en dessous de dix à des notes surpassant les quinze. Comme j’étais fière! L’année suivante, je suis retournée en Allemagne, dans la même ville, mais chez une autre correspondante (nous nous écrivons de temps en temps sur facebook. Dire qu’avant on s’envoyait des lettres… Bonjour le coup de vieux!). C’était en décembre et nous sommes allés visiter Stuttgart et son marché de Noël (croyez-moi, ce détail a son importance pour la suite). J’étais émerveillée! Le style de vie allemande me fascinait, j’aimais cette liberté que les jeunes avaient l’après-midi pour leurs activités extra-scolaires, les magasins que l’on trouvait à chaque coin de rue et pas forcément dans des zones commerciales… Bref, je voulais continuer à en savoir plus sur l’Allemagne.

Je suis rentrée au lycée avec toujours deux LV1 et mes notes ne baissaient pas. En terminale, il a fallu que je choisisse quelle langue j’allais maintenir en LV1 pour le bac, j’ai choisi l’allemand comme vous pouvez vous en douter. Notre groupe était restreint, j’aimais ça, j’avais l’impression de faire partie d’une élite, de faire quelque chose de spécial. Quand j’ai dû choisir ce que je voulais faire à l’université, je me suis tout naturellement tournée vers les langues, mon point fort (les sciences ne m’intéressaient pas du tout et il m’arrive encore de compte sur mes doigts pour être sûre que le compte est bon… Aheum, no comment). J’avais à ce moment-là déjà sept ans d’allemand et d’anglais derrière moi. Je suis partie à l’UCO d’Angers pour rentrer dans une filière quadrilingue allemand. Il a fallu que je choisisse une troisième langue vivante et mon choix s’est porté vers l’espagnol, comme ça, je pourrais faire le tour du monde avec ces trois langues et le français (qu’est-ce que l’on peut être rêveur quand on est jeune!). Bref, je me disais que ça allait être sympa au final. Mais le niveau que j’avais en allemand n’était pas suffisant pour suivre le reste du groupe, je me sentais sur la touche. Avec chance, mes notes en français, espagnol et anglais contrebalançaient mes mauvaises notes en allemand. Il m’arrivait de passer des cours entiers sans arriver à comprendre quoi que ce soit à part bonjour et à demain (le début et la fin quoi…). Ca me déprimait sérieusement cette affaire. Et puis en troisième année, en 2006, nous avions l’obligation d’aller passer un semestre à l’étranger, et ce, pour ma part, en Allemagne. Nous avions une liste d’universités recevant des étudiants étrangers et sur cette liste, il y avait Stuttgart. Je l’ai mis en premier dans mes choix car je me disais que si j’avais des soucis, je pourrais me retourner vers mes correspondantes et leurs familles et la ville m’avait énormément plu (vous voyez que ce détail plus haut avait de l’importance maintenant?).

J’ai été acceptée dans cette université et j’ai passé le premier semestre de ma troisième année à l’université de Stuttgart. Au début, c’était laborieux car j’avais des cours comme thème et version (traduction en fait, de l’anglais vers l’allemand et inversement) et puis aussi des cours d’espagnol en allemand. Ma tête fonctionnait comme une cocotte minute! C’était juste une habitude à prendre et après le switch (ou commutateur comme vous voulez) entre les langues se faisait easy peasy, je n’avais plus mal au crâne après les cours.

C’est durant ce semestre à Stuttgart que j’ai connu Daniel, the Husband. Il m’aidait pour mes devoirs en espagnol mais nous nous parlions en allemand à ce moment là. Un Chilien et une Française qui discutaient en allemand, le tout, en Allemagne, voilà ce que nous étions à ce moment là. Après nous être séparés en mars 2007 pour retourner dans nos pays respectifs, nous nous sommes retrouvés au Chili en juillet de la même année. Je n’étais pas bilingue espagnol, loin de là, mais j’allais me débrouiller pour me faire comprendre par ma belle-famille. Le père de the Husband et ses grands-parents paternels parlaient allemand vu qu’ils sont de descendance de colons allemands, donc au début, je parlais allemand avec eux. Et puis le temps aidant, en regardant pas mal la télévision (là-bas, la majorité des films et séries du câble sont en langue originale sous-titrés en espagnol donc je lisais beaucoup d’une certaine façon) et l’espagnol se rapprochant du français je me suis mise à parler espagnol tout le temps. Comme je suis restée vivre avec the Husband au Chili jusqu’en décembre 2009, j’ai cherché du travail. J’ai été remplaçante dans un collège français où j’ai enseigné le français à des sixièmes, cinquième et quatrièmes (ça peut paraître étonnant je sais, mais ils avaient besoin de quelqu’un rapidement. J’ai passé un entretien un vendredi, j’ai été embauchée le lundi et lundi suivant je commençais!). J’ai aussi donné des cours d’anglais en espagnol dans un centre de langues (une des meilleures expériences de ma vie!). Et pus j’ai donné de cours particuliers de français à l’université de the Husband. Finalement, j’ai même travaillé dans une bijouterie sélect’ à côté de la mer à Viña del Mar parce que ça les intéressaient énormément que je parle quatre langues. Bref, j’étais confrontée à quatre langues par jour lorsque je vivais au Chili.

Ah, détail important, après mon semestre à Stuttgart, j’ai eu une mononucléose infectieuse et je n’ai pas validé mon sixième semestre pour avoir une licence quadrilingue. C’est à ce moment-là que j’ai mis mes études de côté. Je n’ai donc pas de diplôme si vous voulez tout savoir.

Après notre mariage en 2009, nous sommes revenus en Allemagne, à Dresden plus précisément, pour que the Husband fasse son doctorat. De mon côté, j’ai essayé de reprendre mes études où je les avais arrêtées en faisant des études par correspondance mais cela n’a pas porté ses fruits. En plus, en deux ans et demi en Amérique Latine, j’avais énormément perdu en allemand. En même temps, si on ne le parle pas tous les jours, on perd facilement parce que c’est une langue difficile et totalement différente du français ou de l’espagnol. Bref, j’étais un peu perdue à notre retour en Europe. Mais si on se donne du mal, c’est comme le vélo, ça revient au bout d’un moment.

The Husband et moi parlons espagnol ensemble depuis fin 2007 environ. J’ai attrapé les tics de langage chilien, le « dialecte » même de là-bas si bien que certaines personnes étaient surprises en apprenant que j’étais française. Elles pensaient que je venais d’un autre pays d’Amérique Latine mais pas de France.

J’ai été confrontée très rapidement aux termes médicaux en Allemagne (on m’a posé la question sur instagram) car je devais avoir des contrôles réguliers pour ma thyroïde et j’ai fait une grossesse extra-utérine, ce qui m’a amené à être opérée et rester à l’hôpital quatre jours. Il fallait bien que j’arrive à exprimer ce dont j’avais besoin, ma douleur pour avoir des médicaments ou bien tout simplement comprendre ce que l’on me disait. De plus, avec trois grossesses, les mots se répètent et je n’avais plus besoin de mes petites notes pour me rassurer.

Qui dit grossesse, dit accouchement. Qui dit accouchement, dit enfant. Mais alors, en quelle(s) langue(s) allait-on leur parler à nos chères têtes blondes? Alexander étant le premier, nous avions décidé de lui parler en espagnol (the Husband) et en français (moi) et il apprendrait l’allemand sur le tas avec la vie à l’extérieur. Sauf que, nous avons été confrontés à un problème de taille : Alexander était en retard pour parler, il n’arrivait pas à se faire comprendre ce qui le frustrait énormément ce qui engendrait de grosses crises de larmes. A ce jour, ce problème n’est pas totalement réglé d’ailleurs. Il était difficile pour lui de comprendre que maman parlait à papa en espagnol, maman lui parlait en français, il devait parler espagnol avec son papa mais français avec sa maman. Il n’y avait pas d’unité de langue/langage à la maison. Et puis au jardin d’enfants, ce n’était pas drôle pour lui petit chat, il parlait avec des onomatopées ou bien des mots qu’il avait entendu à la maison. Donc, ses éducatrices ne le comprenaient pas ou peu. Ca me brisait le coeur de le voir dans cette situation.

C’est pourquoi d’un commun accord avec the Husband, nous avons décidé de mettre le français de côté pour le moment. Ce serait espagnol à la maison et allemand au jardin d’enfants et à l’extérieur. Je suis bilingue espagnol (chilien)/français donc cela ne me gênait pas d’abandonner ma langue maternelle pendant quelques années, pour le bien de mon petit garçon et de mes autres enfants par la suite. De plus, comme ça, the Husband n’était plus jamais mis de côté lors d’une conversation à la maison car il n’est pas bilingue français/espagnol (je dirais qu’il a juste les bases orales et c’est tout). Depuis cette décision, nous pouvons discuter plus facilement en famille. Alexander va au jardin d’enfants depuis bientôt deux ans (en août cette année). Pour avoir voulu lui apporter tout de suite trois langues au quotidien, il a pris du retard pour faire des phrases. Il commence à peine à en faire depuis quelques mois.

De son côté, Valentina ne fait toujours pas de phrases mais elle se fait très bien comprendre en espagnol à la maison et elle comprend des mots en allemand et en français. Nous pensons qu’elle a des prédispositions pour apprendre trois langues en même temps et rapidement mais nous préférons que les enfants grandissent de la même façon, avec les mêmes langues. On m’a demandé aussi sur instagram en quelle(s) langue(s) communiquent les enfants entre eux. Eh bien en espagnol et en allemand. Le côté allemand, c’est surtout Alexander qui l’utilise mais Valentina comprend très bien ce que veut lui dire son frère. Elle va faire son entrée au jardin d’enfants début août, nous verrons bien l’évolution de son vocabulaire et son élocution dans les deux langues auxquelles elle sera confrontée au quotidien.  La question « en quelle langue te répondent tes enfants? » m’a aussi été posée et ils me répondent en allemand et en espagnol. Plus en espagnol évidemment mais Alexander est fier de me dire des choses qu’il a appris avec ses camarades ou ses éducatrices donc il lui arrive de me parler en allemand.

Pour essayer de terminer mon article avant que vous ne partiez en courant (« elle n’a pas mis d’images », « elle écrit trop », « ça part dans tous les sens », « on s’en fout »…), voici des réponses en vrac aux dernières questions qui m’ont été posées :

  • Naturellement, les enfants apprendront le français avec moi et/ou à l’école dans quelques années, il est hors de question qu’ils passent à côté de cette langue que ce soit pour communiquer avec ma famille ou bien pour l’enrichissement culturel que cela pourra leur apporter.
  • Le français que je parlerais à mes enfants sera sûrement un français un peu vieillot. Je m’explique : je sors d’une filière littéraire et j’ai toujours aimé lire. Mais, étant expat’ depuis dix ans, je ne fais plus aucun update de la langue française, je ne suis plus directement confrontée au français moderne. Du coup, il m’arrive d’aller sur google pour comprendre les nouvelles expressions que je peux lire sur instagram ou sur les blogs que je suis. Cela fait bizarre quelquefois de participer à une discussion et de ne pas comprendre tous les termes que les autres emploient.
  • Cela ne me dérange pas du tout de ne pas parler français chez moi, j’ai pris l’habitude de le faire depuis 2007 et je ne me verrais pas vivre autrement maintenant. Et je trouve l’espagnol moins dur à l’oreille que le français, du coup, j’aime bien que ça soit comme ça.
  • Je sensibilise tout de même les enfants au français avec de la musique, des livres et des films comme les Disney par exemple. Ils les regardent d’abord en espagnol et/ou en allemand et après, ils les regardent en français pour entendre la langue de leur maman tout en connaissant déjà les histoires.
  • Comment cela va se passer avec l’écriture quand le moment sera venu? Eh bien, on verra quand cela se présentera mais je suis une maniaque de l’orthographe à la base en français (je corrigeais les devoirs à la maison de ma meilleure amie dans le bus qui nous emmenait au collège. Mes devoirs préférés? Les rédactions! je suis sûre que je fais des fautes d’orthographe en français aussi… On ne peut pas être parfaits!) donc je le suis aussi dans les autres langues. Au Chili, je corrigeais même les mails de mes beaux-parents et c’est moi qui avais la plupart du temps raison donc je pense pouvoir me débrouiller avec mes enfants. Et pour l’allemand, je lis le journal, je fais souvent des mails en allemand, j’écris à mes amies allemandes en allemand sur whatsapp ou par sms et je n’ai pas souvent de mots soulignés en rouge, donc ça devrait le faire aussi!
  • Ma mère parle aux enfants en français et ils lui répondent en espagnol, je suis toujours pas loin pour faire la traduction et ma mère a pris des cours d’espagnol pour pouvoir parler avec the Husband et ma belle-famille. Je ne parle plus à mon père depuis un moment donc pour lui, on s’en fiche un peu!
  • Je ne sais pas du tout si l’ambassade de France en Allemagne offre des cours de français. Je devrais sans doute me renseigner.
  • Nous ne mettons pas de côté l’idée de tout plaquer et retourner vivre au Chili, mais pas en France d’où l’importance de leur apprendre en priorité l’allemand et l’espagnol avant le français. Aller vivre en France n’est pas une possibilité que nous pourrions envisager.
  • Comme je le disais plus tôt, du côté paternel, the Husband est un descendant de colons allemands. Sa mère est chilienne et il est le premier mélange chilien/allemand dans la famille de son père (je ne sais pas si je suis claire). Toute son enfance, il est allé dans une école et un collège allemand et il parlait avec ses grands-parents paternels en allemand mais en espagnol chez ses parents.
  • Dans quelles situations je parle français aux enfants? Durant les premiers mois de vie des enfants, j’ai tendance à leur parler en français. Je me trouve trop nounouille à leur dire des mots doux et d’amour en espagnol quand ils sont tous petits, je ne sais pas pourquoi. Sinon, s’ils ont fait une grosse bêtise, le français revient au galop quand je suis énervée et vois les dégâts qu’ils ont pu faire ou bien je leur parle en français si je suis vraiment très fatiguée.

Nous voilà enfin à la fin de cet article bien trop long. Si vous l’avez lu en entier, je vous remercie du fond du coeur et n’hésitez pas à me dire en commentaire si des choses ne sont pas claires, si vous avez des remarques ou si tout simplement vous voulez partager avec moi votre histoire similaire ou bien totalement différente à la mienne. Bon vendredi à tous!

Découvrez le Chili avec moi·La vida de Lindanita

Quelques heures à Valparaíso au Chili

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Bonjour à vous! Je prévois un article sur les langues que parlent nos enfants et même nous, the Husband et moi mais il me prend plus de temps que prévu (sûrement parce que j’ai encore trop de choses à dire!). Du coup, pour changer, je vous emmène au Chili avec moi lors d’une balade que nous avions fait avec Alexander et quand j’étais juste enceinte de Valentina. Cela remonte je sais, mais Valparaíso est une si belle ville que ce serait dommage de ne pas partager ces photos avec vous! Etant avec un tout petit Alexander (il est encore petit à mes yeux hein, donc bon, là, il était tout petit!), nous ne pouvions pas y passer toute la journée, et en plus il faisait chaud! Alors nous avons choisi de passer par le port, de monter dans un funiculaire, le Concepción pour cette fois-ci (ce n’est pas simple avec une poussette… Il a fallu qu’on la passe au dessus du tourniquet!) et finalement descendre la rue à pied pour rejoindre le métro. Vous êtes prêts pour la visite? C’est parti!

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Etes-vous déjà allés au Chili? Et à Valparaíso plus précisément? J’espère que la visite vous aura plu et/ou vous aura donné l’envie d’aller au Chili!

La vida de Lindanita·Viva la musica

Ma playlist estivale 2017

playlist estivale 2017

Le temps fait un peu ce qu’il veut avec le soleil : soit c’est la canicule, soit il pleut des cordes. Nous n’avons plus de saisons ma bonne dame! Ca commence à être usant de jongler entre le combo ciré / converses et le combo poom poom short / sandales. Alors qu’importe le temps, je me suis fait une petite playlist de vingt titres sur spotify pour qu’il y ait le temps idéal pour moi, c’est à dire l’été chaud, mais pas trop! Cliquez sur le lien ci-dessous pour l’écouter et sur les titres des chansons pour voir les clips si le coeur vous en dit.

Oui, je sais, Daddy Yankee revient beaucoup dans cette playlist, mais que voulez-vous, il a le don de me donner envie de danser. Il n’a pas fait que la chanson « gasolina » hein, et je trouve le clip de sa chanson « limbo » très beau, pas vous? Vous vous souvenez de Chayanne aussi, qui chantait « Salomé » ou « boom boom »? Regardez ce qu’il est devenu (et il a réussi à mettre le mot instagram dans une chanson le foufou!). La chanson de Dallas Frasca est l’opening de l’émission de télévision « Bondi Ink ». C’est sur un salon de tatouages en Australie, du même style que l’émission avec Kat von D. J’ai enfin pu voir le film « Lion » avec Dev Patel (c’est moi ou il est craquant avec ses cheveux longs et sa barbe?) et j’adore la chanson que Sia a fait pour le film, je l’aime encore plus depuis que j’ai été subjuguée par le film.

Allez, je vous laisse découvrir le reste et bon mercredi à vous!

Ma playlist estivale 2017

 

♫ Little mix – Black magic

♫ Carlos Vives et Shakira – La bicicleta

♫ Ed Sheeran – Shape of you

♫ Clean bandit, Anne-Marie et Sean Paul – Rockabye

♫ Daddy Yankee – Limbo

♫ Lady gaga – The cure

♫ Vianney – Moi aimer toi

♫ Jax Jones et Raye – You don’t know me

♫ Luis Fonsi et Daddy Yankee – Despacito

♫ Chayanne et Wisin – Qué me has hecho

♫ Dallas Frasca – Success is the best revenge

♫ Rag’n’bone man – Skin

♫ Enrique Iglesias, Descemer Bruno, Zion et Lennox – Subeme la radio

♫ Sia – Never give up

♫ Daddy Yankee – Sigueme y te sigo

♫ Meghan Trainor – Me too

♫ Katy Perry et Skip Marley – Chained to the rythm

♫ Alice Merton – No roots

♫ The chainsmokers et Coldplay – Something just like this

♫ Julien Doré – Coco câline

La vida de Lindanita·Lindanita en cuisine

Une envie de carrot cake?

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Depuis que nous sommes dans notre maison, j’adore passer en cuisine, surtout pour des mets sucrés. Ce ne sont pas les enfants ni the Husband qui s’en plaignent, vous pensez bien. Avec trois enfants, il est difficile de m’évader au starbucks pour déguster une part de carrot cake accompagnée d’un café. Je pensais que plus un gâteau me faisait envie, plus il était difficile à faire (je suis d’une logique, aheum…!). Mais bon, je me défends pas mal avec ma tarte au citron meringuée (cliquez ici pour voir la recette), alors pourquoi ne pas essayer un carrot cake? J’ai commencé à faire des recherches sur le net, j’ai trouvé une recette qui me semblait facile. J’ai fait mon premier carrot cake en prenant des notes afin de l’améliorer et le second essai était le bon, mon carrot cake était encore meilleur que je ne pouvais l’imaginer.

Vous avez été quelques-unes à me réclamer la recette sur instagram après avoir vu des photos sur mon compte, alors la voici, pour votre plus grand plaisir (coucou la fille qui se lance des fleurs!).

Pour un carrot cake pour six à huit personnes, vous aurez besoin de :

♣ Pour la pâte :

  • 220 grammes de carottes rappées grossièrement
  • 160 grammes de noix hachées grossièrement (ça ne doit pas être de la poudre et ça ne doit pas être non plus de trop gros morceaux sinon elles ne se mélangeront pas homogènement dans la pâte)
  • 175 grammes de farine
  • 320 grammes de sucre dont trois sachets de sucré vanillé
  • 3 oeufs
  • 10 centilitres d’huile de tournesol
  • 2 cuillères à soupe d’eau chaude
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 demie cuillère de sel
  • 2 cuillères à soupe de cannelle moulue
  • 1 cuillère à café de noix de muscade

♣ Pour le glaçage :

  • 2 boîtes de fromage frais type philadelphia ou saint Moret
  • 6 cuillères à soupe de sucre glace

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  1. Préchauffez votre four à 180°
  2. Fouettez les oeufs avec le sucre dans un grand saladier.
  3. Ajoutez les cuillères d’eau chaude et l’huile, mélangez.
  4. Ajoutez la farine, mélangez.
  5. Ajoutez le sachet de levure chimique et le sel, mélangez.
  6. Ajoutez les épices, mélangez. Je vous conseille de mettre la moitié des doses que je vous ai donné plus haut pour commencer. Goûter votre pâte avec la moitié des doses pour voir si vous voulez que votre carrot cake ait un goût plus prononcé en épices ou non.
  7. Ajoutez les carottes rappées et les noix hachées à votre pâte, mélangez vigoureusement.
  8. Versez votre mélange dans un moule rond et beurré.
  9. Enfournez le tout dans votre four à 180°, chaleur tournante pendant 45 minutes. Le gâteau doit être bien cuit et sec. Ne vous inquiétez pas si en le sortant du four il a une sale tête, j’ai été moi-même surprise de l’aspect!
  10. Démoulez-le, placez-le dans une assiette.
  11. Laissez-le refroidir et ensuite, enveloppez-le de film transparent avec l’assiette. Mettez-le au frigo jusqu’au lendemain pour qu’il soit bien froid (oui, il ne faut pas être trop gourmand pour suivre ma recette huhu!).
  12. Le lendemain, une heure environ avant de le servir, battez votre fromage frais avec le sucre glace.
  13. Etalez votre mélange sur le gâteau avec une cuillère, de manière grossière.
  14. Vous avez presque fini! Personnellement, j’adore faire des motifs sur mes gâteaux. Je prends un pic à brochette et je fais des vaguelettes dans le glaçage jusqu’à ce que le résultat me plaise.
  15. Coupez enfin votre gâteau et dégustez!

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J’espère que vous essayerez ma recette et que surtout, vous viendrez me dire ici si elle vous a plu!

La vida de Lindanita

« Etre heureux malgré la maladie, est-ce possible? » ou le bilan d’un an avec une sclérose en plaques

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La semaine dernière, je suis allée faire un contrôle chez le neurologue pour ma sclérose en plaques afin de voir si tout allait bien après mon accouchement. Avec chance, je n’ai pas dû attendre trop longtemps. J’ai eu des petits tests pour faire état de tous mes réflexes et après nous avons discuté (pas plus de cinq minutes, donc je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça une discussion, bref…) : « alors, comment vous sentez-vous ». Moi, toute sourire, je lui réponds que tout va bien à part la fatigue à cause des nuits hachées avec un nouveau né. Le voilà qui insiste : « non mais vraiment, comment allez-vous? ». Je répète à peu près la même réponse que je lui ai donné auparavant. Ma réponse ne lui plait apparemment pas car il continue : « allez, avouez que ça ne va pas bien. Vous venez d’accoucher, vous dormez mal et vous avez une sep (sclérose en plaques pour les personnes qui ne sont pas familières avec cette abréviation) tout de même! ». Oui, et alors? Ma vie ne se résume pas à ça non plus!

C’est suite à cette discussion que j’ai eu envie d’écrire cet article et d’inclure un bilan de cette première année avec une sclérose en plaques. Je parlerais en mon nom, de ma situation et je ne ferais pas de généralités pour ne pas m’attirer les foudres des bien-pensants.

Oui, j’ai une sclérose en plaques (et une hypothyroïdie aussi, quitte à tout vous dire), et alors? J’arrive à être heureuse comme vous. Ce n’est pas parce que j’ai une maladie auto-immune que je devrais arrêter d’être heureuse pour autant. Je ne suis pas qu’une maladie, je ne pense pas que maladie.

C’est sûr qu’en passant un bouquet d’examens à l’hôpital sur plusieurs jours, être éloignée de ma famille, la fatigue et enfin le diagnostic n’a pas été facile à accepter. Suite à tout ça, j’aurais pu tomber dans la déprime, facilement, trop facilement même, défaitiste comme j’étais. Mais ça a été un électrochoc qui m’a drôlement secouée au final! Je me suis rendue compte qu’avant de savoir que j’étais atteinte d’une sep, je broyais trop facilement et trop souvent du noir. Pourquoi? Il n’y avait plus de lait dans le frigo pour mon envie de céréales. Pourquoi? Il n’y avait rien de bien à la télé alors que les enfants dormaient. Pourquoi? The Husband rentrait tard du travail. Pourquoi? J’avais un bouton qui avait poussé sur le menton pendant la nuit. Pourquoi? Alexander et Valentina s’étaient chamaillés et ils boudaient chacun dans leur coin. Quand j’y repense, c’était des choses insignifiantes qui s’arrangeaient d’une façon ou d’une autre.

Et puis j’ai failli perdre la vue de mon oeil gauche. Pas juste un peu, pas une vue qui s’arrange avec une paire de lunettes. Devenir aveugle de l’oeil gauche. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à envisager la vie autrement quand je l’ai retrouvée, cette fichue vue (après une cure de perfusions de cortisone que j’ai eu à l’hôpital). Avoir un bouton sur le menton, qu’est-ce que c’est à côté de perdre la vue? Mes enfants qui se chamaillent, c’est la vie, ils s’en remettront mais j’aurais mes deux yeux pour les voir se rabibocher, se faire un bisou et regarder un dessin animé main dans la main sur le canapé. Envisager de continuer de vivre en ne voyant seulement que d’un oeil m’a vraiment changée. Mon nouveau mantra est devenu : « ce n’est pas grave, il y a bien pire. La vie continue, sois heureuse et va de l’avant! ». J’essaie toujours de voir le bon côté des choses maintenant. Si cela arrive, c’est pour une raison et puis je trouverais sûrement une façon d’arranger le problème.

J’ai pris un traitement pendant six mois, le plegridy (une stylo prérempli d’une solution injectable sous-cutanée à faire soi-même) et après, je suis tombée enceinte de Tobias. Le moment de l’injection et les effets secondaires étaient les seuls points noirs de ma vie pendant ces six mois. C’était un rappel que j’avais une maladie et qu’il fallait la soigner. Sinon, il m’arrivait un peu de l’oublier. Dès que j’ai su que j’étais enceinte, j’ai arrêté le traitement (il n’est pas compatible avec une grossesse) et j’ai pu profiter de cette grossesse surprise. Juste dans les moments de grosse fatigue, je sentais que mon oeil gauche me tirait un peu, devenait plus sec donc je me forçais à prendre du repos, lever le pied pour éviter une poussée. Maintenant que j’ai accouché, j’allaite et apparemment (les chercheurs n’en sont pas sûrs à 100%) cela me protégerait d’une poussée tout comme ma grossesse donc je n’ai toujours pas repris le plegridy (je compte allaiter le plus longtemps possible du coup!). Un an après le diagnostic, je crois reconnaître les « symptômes » qui pourraient entraîner une poussée donc je fais attention et je le vis bien.

Et sinon, les gens et leurs réflexions, je vous en parle? Il y a ceux qui, comme mon neurologue, savent que j’ai une sep et pour qui ce n’est pas normal d’être heureux. Je m’explique : ils ont toujours des réflexions négatives, ramènent toujours leur avis sur tout àgrand renfort de « tu es malade, tu ne devrais pas faire ça », « moi à ta place, je serais dévasté par la nouvelle », « ça fait mal tes piqûres là? », « avoue que c’est une façade ce sourire là, en fait tu vas pas bien du tout! », « on t’a dit si tu vas mourir? » (oui oui, la dernière réflexion, on me l’a bien faite…). Et puis, il y a ceux qui apprennent au moment de la discussion que j’ai une sep et essaient de me remonter le moral, d’être gentils mais au final, je ne sais pas comment prendre ces phrases : « tu es tellement forte! », « je ne sais pas comment tu fais pour être si positive face à cette maladie » ou bien encore « tu es un modèle pour moi avec cette tragédie qui s’est abattue sur toi ». Je sais bien que ça part d’un bon sentiment à la base, mais c’est me renvoyer à la figure que j’ai quelque chose qui ne fonctionne pas bien chez moi. Dites, vous pouvez me laisser gérer ma vie et mes sentiments toute seule? Si j’ai envie de profiter de la vie, d’être heureuse et même faire des choses que je n’aurais pas osé faire auparavant par peur ou à cause d’un moral dans les chaussettes, c’est mon choix, mes décisions, ma vie! Depuis que l’on m’a diagnostiqué une sep, je n’ai jamais autant profité de la vie, je suis sereine pour ce qui est de mon avenir, je n’ai pas peur (ou alors très peu, vraiment juste un petit peu), je n’ai qu’une vie alors pourquoi me la gâcher avec des idées noires?

Bref, un an après, je vais bien (physiquement et moralement) et j’espère de tout coeur que cela reste ainsi! Merci de m’avoir lue, encore une fois ♥