La vida de Lindanita

Dites trente-trois… Damn, j’ai trente-trois ans!

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Bonjour bonjour et par la même occasion, bonne année 2019 aussi! Je reviens aujourd’hui sur le blog pour un petit bilan personnel.

Aujourd’hui, j’ai trente-trois ans (l’âge du Christ comme me l’a hurlé à l’oreille mon parrain l’autre jour lorsque nous discutions sur whatsapp). Je l’avoue, avoir trente-trois ans, ça me fait peur. Quand je suis entrée dans le groupe des trentenaires, ça allait encore. Je ne devais pas, à ce moment-là, avoir pris conscience de ce qui se passait. La dernière fois que j’ai fait un bilan sur le blog, je n’avais que trente-et-un ans, j’étais enceinte de Tobias, Alexander était en passe de devenir un petit garçon, Valentina était encore un grand bébé et j’étais sûrement encore insouciante.

Et puis à la naissance de Tobias, tout s’est accéléré, d’un coup. Sa naissance a été comme une révélation. J’étais mariée depuis presque dix ans, j’étais mère de trois enfants et j’allais bientôt avoir trente-trois ans. C’était l’entrée dans le monde des adultes, celle qui me rapprochait des trente-cinq ans et ensuite des quarante (quoi j’exagère?). C’est une sensation difficile à expliquer. Il y a peu encore, quand je passais à côté de groupes de jeunes devant un collège ou un lycée, je m’identifiais à eux, j’étais encore une adolescente qui a la vie devant elle, alors que non, plus vraiment. Au milieu des parents du jardin d’enfants, je ne me sentais pas à ma place. Je me rapprochais plus des grandes soeurs ou des baby-sitters, les parents étaient bien plus vieux que moi, c’est évident! C’était comme si mon cerveau refusait de se rendre à l’évidence, comme s’il attendait encore quelque chose pour avancer. Et puis un jour en me levant, tout s’est éclairé, tout a changé.

D’une certaine façon, je crois que c’est la reprise de la conduite (voir mon article ici) qui a été le déclic. Je n’étais plus cette adolescente qui devait sans arrêt demander à ses parents de l’emmener d’un point A à un point B, je pouvais y aller toute seule. J’ai tellement été dépendante d’un chauffeur pendant des années (tout comme mes enfants actuellement, le siège auto en moins) que je l’ai vécu comme une émancipation tardive. J’étais libre d’aller là où bon me semblait! Je pouvais enfin aller faire les courses le matin pendant que mes deux grands étaient au jardin d’enfants et sans y passer des heures (car j’y allais à pied avant). Je ne devais plus envoyer une liste de courses à the Husband pour qu’il passe au supermarché avant qu’il ne rentre du travail. Je pouvais enfin prendre un rendez-vous médical le matin parce que je pouvais y aller seule, même si c’était dans une autre ville. Je pouvais enfin emmener Alexander chez l’orthophoniste après le jardin d’enfants sans demander à mon cher et tendre de voir avec son patron s’il pouvait sortir plus tôt tel ou tel jour. Ce ne sont que quatre exemples mais il y en a bien plus. Reprendre la conduite m’a fait un bien fou.

J’accepte la maladie qui m’habite, quelquefois bien trop présente, mais la plupart du temps en sourdine. Après l’avoir rejetée, j’ai décidé que la meilleure thérapie pour vaincre cette angoisse que ma sclérose en plaques m’avait offert (si gentiment…), c’était d’en parler, tout simplement. Quand j’ai eu le diagnostic, j’ai eu la mauvaise idée de faire des recherches sur internet pour essayer de comprendre ce que c’était. Mauvaise idée! Très mauvaise idée même. La plupart des sites que j’ai consulté étaient déprimants au possible : je vais finir paralysée, je vais finir aveugle, je vais finir dans une chaise roulante avec une couche, je ferais mieux de penser à la mort… et j’en passe et des meilleures. Mais quelle horreur! C’est pourquoi j’ai pensé qu’il serait intéressant de donner mon point de vue sur la maladie, de donner un aperçu de ce que je vivais au jour le jour. Parce que bien que malade, je suis heureuse au quotidien. Quand la fatigue se fait sentir, je me repose, de la même façon que je le ferais après avoir attrapé un rhume. C’est moi qui contrôle ma maladie, ce n’est pas elle! J’ai appris à la connaître et je sais ce qui est bon pour moi ou pas. Alors je me suis mise à écrire sur la sclérose en plaques, ici et assez régulièrement. Je suis toujours surprise des messages que je peux recevoir, c’est une bouffée d’oxygène! Des personnes me remercient de présenter la maladie sous un autre angle, d’autres me disent pouvoir enfin comprendre la maladie de leurs conjoints, et d’autres encore se sentent rassurées après avoir eu le même diagnostic que moi… J’ai à coeur désormais de continuer à écrire de façon « positive » (autant que faire se peut) sur ma sclérose en plaques, tel un porte-parole de la bonne humeur malgré la maladie.

Quelques mois avant mon anniversaire, je me suis rendue compte de la charge mentale qui pesait sur mes épaules, charge que je m’infligeais moi-même. Elle est apparue quand je me suis sentie « adulte ». J’étais mère au foyer et étant devenue plus autonome et mobile grâce à ma voiture, j’ai commencé à faire des listes de courses pour mon prochain passage au supermarché ce qui me faisait faire aussi des listes de menus, j’y ai rajouté la liste des rendez-vous médicaux de la famille qui arriveront dans les prochains mois, la liste des vêtements à acheter pour les enfants pour la saison suivante, faire les vitres, faire la vaisselle, faire le ménage, faire le repassage, être sûre que les devoirs d’Alexander soient faits, penser à faire des petits gâteaux ou des crêpes pour faire plaisir aux enfants, demander à the Husband s’il avait pensé à me redonner le tupperware sale qu’il avait dans son sac pour le travail… C’était devenu une accumulation de choses que je m’infligeais, que je m’obligeais à faire parce que c’était comme ça et puis c’est tout (bonjour le stéréotype de la femme au foyer que j’avais…). Quand j’ai senti des fourmillements dans ma main gauche, quand j’ai senti que mon oeil gauche me grattait, je me suis dit qu’il était temps que je lève le pied, sinon j’allais faire une poussée. Je me dirige maintenant vers quelques aspects de la « slow life » (parce que bon, avec trois enfants, c’est un peu compliqué la slow life à plein temps!) : je suis fatiguée? Le ménage attendra demain. Un coup de mou? Ce sera un plaid, un thé et une série, à neuf heures comme à treize heures. Pour mieux dormir, exit l’iphone avant d’éteindre ma lampe de chevet, ce sera quelques pages du dernier livre que je suis en train de lire. Je n’ai pas eu le temps de préparer le déjeuner? Oh ça va hein, aujourd’hui ça sera des pâtes au fromage avec des crudités. Et qu’est-ce que ça peut faire du bien!

Pour terminer cet article et après m’être relue, je me rends compte que ce n’est pas si mal que ça d’avoir un an de plus! Je connais mes points forts, mes points faibles et je vais travailler dessus tout au long de l’année pour y remédier (et puis demain, je vais de nouveau me faire tatouer, c’est chouette ça comme auto cadeau d’anniversaire non?).

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La vida de Lindanita·Lindanita en cuisine

Vous prendrez bien une part de Quarkstollen?

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En période de Noël en Allemagne, il est commun de manger des pains d’épices et du Stollen, le gâteau de prédilection pour les fêtes de fin d’année. L’année dernière, nous avions déjà essayé d’en faire un mais nous n’étions pas satisfaits à 100% du résultat (vous pouvez tout de même retrouver la recette ici). The Husband qui est un terrible gourmand a voulu retenter l’expérience cette année avec une recette à base de petits Suisses. Quand nous avons enfin pu goûter nos Stollens, nous nous sommes regardés avec des étoiles dans les yeux et un petit sourire de connivence. La recette était parfaite et nous n’en revenions pas : c’est nous qui les avions faits!

Vous avez été plusieurs à nous réclamer la recette alors je me fais un plaisir de la partager avec vous. Vous pourrez déguster vos Stollens avec un verre de « cola de mono », boisson de Noël typiquement chilienne dont je vous avais partagé la recette l’année dernière (cliquez ici pour la consulter) ou bien encore un thé aux épices de Noël.

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Pour deux beaux Stollens d’environ deux kilos chacun, vous aurez besoin de :

  • 1 kilo de farine
  • 2 sachets de levure chimique
  • 325 grammes de raisins secs
  • 200 ml de rhum
  • 250 grammes de sucre
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 2 pincées de sel
  • 1 cuillère à café (pas trop remplie) de clous de girofle en poudre ou bien 7 clous de girofle que vous aurez écrasés auparavant entre deux cuillères
  • 1 demie cuillère à café de cardamome
  • 1 cuillère à café rase de noix de muscade en poudre
  • 1 cuillère à café bien bombée de cannelle
  • le zeste d’une belle orange
  • 200 grammes d’écorces d’oranges confites coupées en dés
  • 200 grammes d’écorces de citron confites coupées en dés
  • 4 oeufs
  • 150 grammes de beurre mou
  • 500 grammes de fromage blanc
  • 350 grammes d’amandes en poudre
  • Du sucre glace

Attention, avant de commencer, laissez tremper vos raisins secs dans le rhum toute une nuit avant de préparer vos Stollens!

  1. Mélanger dans un grand plat votre kilo de farine avec la levure.
  2. Ajoutez ensuite le sucre, le sucre vanillé, les pincées de sel, les épices et le zeste d’orange et mélangez.
  3. Battez vos quatre oeufs et incorporez-les à votre mélange.
  4. Ajoutez le beurre et malaxez à la main votre pâte.
  5. Quand le beurre s’est bien incorporé à la pâte, rajoutez le fromage blanc. Mélangez un peu le tout avec une main et terminez de mélanger le tout avec des crochets pétrisseurs.
  6. Séparez votre pâte dans deux plats afin de faciliter le mélange des derniers ingrédients.
  7. Dans chacun des deux plats, rajoutez 175 grammes d’amandes en poudre, 100 grammes d’écorces d’oranges confites coupées en dés et 100 grammes d’écorces de citron confites coupées en dés. Mélangez de nouveau un peu à la main et terminez avec des crochets pétrisseurs.
  8. Farinez votre plan de travail et étirez avec un rouleau à pâtisserie une de vos deux pâtes. Essayez de lui donner une forme carré (environ 30×30 cm).
  9. Rabattez un des pans de la pâte aux deux tiers. Rabattez ensuite le tiers restant de la pâte sur le premier pan.
  10. Faites apparaître un bourrelet dans la pâte en appuyant au milieu de votre pâte avec le flanc de la main.
  11. Préchauffez votre four à 140°, chaleur tournante. Quand celui-ci est chaud, enfournez vos Stollens dans la partie inférieure de votre four. Vous les aurez préalablement disposés sur une plaque de cuisson. Pensez à mettre au moins deux papiers cuisson en dessous. Faites cuire vos Stollens pendant environ 55 minutes.
  12. Sortez-les du four, faites fondre du beurre dessus et étalez-le de manière uniforme avec un pinceau de cuisine. Saupoudrez aussitôt du sucre glace dessus. Laissez le tout sécher et attendez que vos Stollens soient froids pour saupoudrez de nouveau du sucre glace sur vos Stollens.
  13. Ca y est, vous êtes arrivés à la fin de votre préparation, vous pouvez enfin déguster vos Stollens!

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Cette recette peut vous sembler fastidieuse mais franchement, c’est très facile à faire, vraiment. Vous pourrez conserver vos Stollens une bonne semaine, voire deux si vous les mettez dans du papier cuisson et au frigo. Si vous tentez la recette, venez me le dire en commentaire, je serais contente d’avoir vos retours. Et sinon, je vous attends à côté du sapin pour en déguster une part ☆☆☆

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Home sweet home·La vida de Lindanita·Positive attitude

Je suis une amoureuse des plantes parce que…

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En prenant soin de mes plantes le week-end dernier, je me suis dit que je n’avais encore jamais écrit d’article à leur sujet sur mon blog. Je ne suis pas une as en la matière et je débute à peine avec les boutures. Mais allez, pourquoi pas? Parce que mes plantes, c’est une extension de moi dorénavant! Au début, je voulais appeler cet article « les commandements des plants lovers » mais j’ai pensé que « je suis une amoureuse des plantes parce que… » était mieux pensé car ce qui va suivre n’engage que moi (quelques points seront saupoudrés d’une pointe d’ironie et je ne voudrais blesser personne vous comprenez).

Je suis une amoureuse des plantes parce que :

♣ Après avoir réveillé mes enfants, je « réveille » aussitôt mes plantes. Je leur dis bonjour et j’ouvre les rideaux pour qu’elles puissent recevoir leur dose de soleil chaque jour.

♣ Oui, je parle à mes plantes. Quand je m’occupe d’elles, je leur demande si elles vont bien, si elles se sentent bien en ce moment. J’avoue même que je leur dis qu’elles sont belles et je crois que ça les aide à bien pousser et s’épanouir!

♣ Je suis très unie à mes plantes et cela se voit sur elles. Si je suis fatiguée, certaines auront les feuilles tombantes sans raison et si je suis en pleine santé, d’autres me feront des nouvelles feuilles du jour au lendemain. La nature est incroyable!

♣ Il m’arrive de faire écouter de la musique à mes plantes (on dirait que je parle de mes bébés). Je ne suis pas folle vous savez!

♣ Si the Husband me propose d’aller faire du shopping en ville ou bien d’aller dans un magasin de plantes (ou bien un magasin de bricolage qui propose des plantes), ça sera le magasin de plantes, bien évidemment!

♣ Je n’achète pas souvent de nouvelles plantes plein pot (huhu, jeu de mots, vous l’avez?). Je préfère me diriger vers le stand de plantes à -50% (voire -70% même) pour essayer de leur donner une chance de se refaire une beauté à la maison, en prenant soin d’elles.

♣ Je juge (bouh, la vilaine!) les gens qui n’ont pas de plantes chez eux ou pire, qui ont des plantes en plastique (et rien qu’en plastique) chez eux. Ne me demandez pas pourquoi, mais je trouve qu’une maison sans plantes est une maison sans âme. Par exemple, j’étais émerveillée par une plante que je voyais tous les jours par la fenêtre du salon de ma voisine. Un jour, elle m’a invitée à prendre le café chez elle et là, horreur, je me suis rendue compte que c’était du plastique et qu’elle n’avait rien d’autre chez elle! Cela m’a énormément choquée et cela a expliqué beaucoup de choses sur sa personnalité.

♣ Depuis qu’ils sont tout petits, j’enseigne à mes enfants le respect des plantes et de la nature. Ayant beaucoup de plantes d’intérieur, ils font toujours attention de ne pas leur donner des coups lorsqu’ils se chamaillent. C’est quelque chose de fondamental maintenant pour eux. Une anecdote : mon aîné a expliqué à son orthophoniste (lors d’un exercice de diction) que le fils de nos voisins avait balancé son ballon de foot dans un de nos arbres du jardin. Il avait cassé une branche de notre cerisier en fleurs. Alexander a été dévasté. Quand le voisin est venu réclamer son ballon, il lui a fait la leçon : « tu dois faire attention à la nature. Maintenant cet arbre souffre à cause de ton ballon, tu n’es pas gentil! » (la réponse de la mère de l’enfant : « oh ça va, ce n’est qu’un arbre hein! On parle de la même personne citée dans le point juste au dessus. No comment…).

♣ Je connais le nom de toutes les plantes que j’ai à la maison (et je peux en nommer certaines que je n’ai pas quand nous sommes dans un magasin de plantes). Et si je sèche complètement, j’ouvre l’application Pl@ntNet qui me permet de reconnaître les plantes grâce à des photos (c’est très très utile, je vous la conseille!).

♣ Comme si je n’avais pas assez de plantes à la maison, j’inclus beaucoup de motifs fleuris dans ma garde-robe. Et puis j’ai des cartes postales avec des illustrations de plantes dans mon bureau (quand on aime, on ne compte pas!).

Et vous alors, êtes vous, vous aussi, des amoureux des plantes? Racontez-moi tout! Bon vendredi :)

Films coup de coeur·La vida de Lindanita·Viva la musica

The greatest showman reimaginated

La semaine dernière en traînant sur instagram et en allant sur le compte de la chanteuse Anne Marie, j’ai pu constater qu’elle avait repris avec James Arthur « rewrite the stars » de la bande originale du film « the greatest showman » (film doudou d’amour infini, on est d’accord?). Ah oui, tiens, pourquoi pas, cette chanson est jolie et bien que cela ne soit pas ma préférée de la bande originale, j’aime l’écouter de temps en temps. Eh, mais il y a un clip aussi! C’est du sérieux cette histoire alors? Si vous me connaissez depuis un moment, vous pensez bien que je suis allée me renseigner un peu plus sur google.

Oh, mais toute la bande son a été reprise par des gens « connus » (je mets connus entre guillemets parce que je suis loin de connaître tout le monde). Vite, j’allume mon ordinateur, je me mets sur spotify pour écouter cette surprise. Comme la bande originale est un cd que j’écoute au moins une fois par semaine (la preuve en est mes enfants qui chantent tous les titres en yaourt!), je vous propose une critique de chaque titre. 

  1. The greatest show – Panic! at the Disco
    Euh, oui… Mais où est cette force, cette lumière que dégage cette première chanson? La version originale me donne la chair de poule dès que je l’écoute. Panic! at the Disco a beau être un groupe de pop-punk, il n’y aucune énergie dans leur interprétation. La version de Hugh Jackman donne envie de sauter sur place, de danser, de pointer tout le monde du doigt tel un showman. La reprise? Pas du tout.

  2. A million dreams – Pink
    Là, on peut parler d’une jolie reprise. La voix de Pink est ronde et chaude, c’est très agréable à écouter. On sent les paillettes, la petite boule au ventre. Cette reprise me donne envie de m’enrouler dans un plaid sur le canapé avec mes enfants pour un moment câlin. Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup!

  3. A million dreams (reprise) – Willow Sage Hart
    Willow, c’est la fille de Pink. Petite bichette ♥ On comprend mieux maintenant pourquoi la version de Pink est émouvante. Ils ont fait chanter sa fille! Regardez la vidéo qui a été faite lors de l’enregistrement du titre, c’est tellement adorable (c’est la maman qui parle là, vous l’aurez compris)!

  4. Come alive – Years & Years and Jess Glynne
    Comment rendre une chanson qui donne la pêche totalement soporifique? Voilà, vous avez un excellent exemple ici. C’est pop, c’est sucré, mais c’est mauvais. Arrêtez de détruire la musique enfin!

  5. The other side – MAX and Ty Dolla $ign
    Avec la version originale de « the other side », l’interprétation de Zac Efron me faisait penser au phrasé qu’il avait quand il interprétait la chanson « bet on it » du second film « high school musical » et cela faisait ressortir mon côté midinette (avouez que ça fait du bien!). La reprise, on dirait des potes qui s’amusent lors d’une soirée karaoké. Ca sera encore un non pour moi.

  6. Never enough – Kelly Clarkson
    Une catastrophe! Je ne suis pas venue ici pour souffrir ok? Mais pourquoi Kelly Clarkson les gars? Elle respire presque entre chaque phrase (si vous avez lu mon article sur la misophonie ici, vous savez que je déteste ça) et on ne peut pas essayer de faire une nouvelle version de la perfection, « never enough », c’est Loren Allred, et puis c’est tout (c’est comme Céline Dion avec « my heart will go on »). Ils auraient pu choisir Idina Menzel, ça aurait tout de suite eu plus de gueule (oui, elle chante « let it go », et alors? Elle chante bien quand même!)!

  7. This is me – Keala Settle, Kesha and Missy Elliott
    Une partie rappée… Encore une mauvaise idée les gars! Ce n’est pas parce que vous avez fait revenir Keala Settle que ça va sauver cette reprise. Il faudrait arrêter d’avoir des mauvaises idées à un moment là non?

  8. Rewrite the stars – James Arthur and Anne Marie
    Bon, par contre, là, j’avoue, j’adore! Les voix de James Arthur et Anne Marie se marient très bien et la reprise est très belle, autant que le clip que je vous invite à visionner ici, il est féerique ♥

  9. Tightrope – Sara Bareilles
    J’aime beaucoup Sara Bareilles, surtout son titre « winter song ». Ici, le titre se laisse écouter mais la version de Michelle Williams a ce petit quelque chose en plus. Peut-être un côté innocent que l’on ne retrouve pas avec Sara Bareilles.

  10. From now on – Zac Brown Band
    Mouais, je n’apprécie pas vraiment le style country qu’ils ont choisi de rajouter à ce titre. Ca fait un peu fête de la saucisse selon moi.

  11. The greatest show – Pentatonix
    Cette version est plus agréable que la première même si, là encore, la vitalité de la version originale n’est pas là et c’est bien dommage.

  12. Come alive – Craig David
    Mes oreilles saignent, voilà, tout est dit dans une phrase de trois mots. Ou simplement why? But why? Une belle soupe musicale, vous en voulez une, eh bien, la voilà!

  13. This is me – Kesha
    Ouf, Kesha sauve la première reprise en nous proposant celle-ci. Il y a une certaine souffrance dans son interprétation, on le sent, et c’est beau, elle donne du corps aux paroles.

Si nous faisons le bilan,  il n’y a que quatre titres qui valent le détour selon moi, ce n’est vraiment pas beaucoup. Ils auraient dû s’abstenir de faire ces reprises. Cela sent le coup marketing juste avant Noël non? Et vous alors, avez-vous écouté ce cd de reprises? Si oui, qu’en pensez-vous? Je vous souhaite une excellente semaine!

 

 

 

 

La vida de Lindanita·Positive attitude

Reprendre le volant

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Mon permis de conduire, je l’ai depuis 2006. Ca fait un sacré moment déjà et pourtant, je n’ai pas beaucoup de kilomètres au compteur.

Retour en arrière : quand  j’étais plus jeune, je n’avais pas vraiment beaucoup d’amis. Je vivais dans un petit village dans lequel le bus ne passait pas mais je m’en fichais royalement parce que je n’éprouvais pas le besoin de sortir, je me sentais bien chez mes parents avec notre chat, mes livres et la télévision. Alors pour moi, conduire une voiture n’était d’aucune utilité. Et puis j’avais un père qui était un peu trop à cheval sur la propreté des voitures de la maison, elles devaient être tout le temps nickel. Si ma mère et moi revenions avec une voiture sale à la maison, nous devions penser à passer l’aspirateur à l’intérieur et faire les vitres si un pigeon était passé par là. C’était une raison de plus pour ne pas avoir envie de conduire. Mais mes parents m’ont quand même forcée à passer mon permis de conduire. Dans ma première auto-école, le moniteur n’était pas très net (si on peut dire les choses comme ça). Lors de mes heures de conduite, il me disait de mettre la main sur son siège, entre ses jambes et je devais me pencher en avant pour mieux voir les pédales dont il me parlait. Quelquefois, il m’emmenait conduire en pleine campagne et me disait de m’arrêter sur le bord de la route. Ce n’était pas pour faire des créneaux, des demi-tours ou des manoeuvres, non. Il avait juste envie de faire pipi! Il était donc tout naturel pour lui de le faire dans un petit fossé pendant une de mes heures de conduite. Bien sûr, il ne se lavait pas les mains ensuite et ne se gênait pas pour me toucher les mains et les avant-bras après pour m’expliquer quelque chose de très important (mais oui bien sûr). J’en étais venue à porter des manches longues en plein été pour éviter tout contact avec lui. Cet homme ne m’inspirait que du dégoût. Je n’arrivais toujours pas à conduire correctement après plus de vingt heures de conduite car je me focalisais trop sur les abus de ce moniteur douteux. Nous avons dû changer d’auto-école et là, tout s’est mieux déroulé (c’était le mari de ma prof de musique à l’époque). Il était très pédagogue et avait la blague facile, ce qui m’a permis de me détendre et avoir finalement ce petit papier rose qui en faisait rêver plus d’un.

Et puis je suis partie en séjour Erasmus en Allemagne en septembre 2006. Juste avant, durant l’été, j’étais allée plusieurs fois en boîte de nuit pour me dire que oui, ça valait vraiment le coup d’avoir ce satané permis et une voiture à disposition (la citroën AX blanche de ma mère). C’était la liberté, il fallait que j’en profite! Mais ce n’était vraiment pas moi tout ça. En Allemagne, je n’avais pas besoin de voiture, il y avait des bus et des trams partout. Ensuite, j’ai déménagé au Chili pendant trois ans. Là-bas aussi, il y avait des transports publics et quand nous avons finalement acheté une voiture, c’était toujours the Husband qui conduisait (non mais allez voir les rues de Viña del Mar et de Valparaíso. C’était soit des rues très très pentues ou bien alors accidentées. Très peu pour moi!).

Je n’ai jamais eu confiance en moi lorsque j’étais derrière un volant. Plus le temps passait et moins je touchais un volant. Conduire me faisait peur.

Quand notre famille s’est agrandie, je me déplaçais avec mes enfants à pied qu’importe le temps, en transports publics ou si cela était nécessaire, the Husband jouait au taxi. J’étais tellement traumatisée par mon expérience avec les voitures et la conduite que je ne m’imaginais pas devoir conduire à nouveau. Et puis on m’a diagnostiqué une sclérose en plaques. J’avais trop forcé sur mon corps et ma santé, je ne pouvais plus continuer comme ça. Il fallait que je me fasse une raison, je devais reprendre le volant. Cela n’a pas été facile de me faire à cette idée, croyez-moi. Mais comme j’ai un mari formidable (et têtu, mais chut, ne lui dites pas que je vous l’ai raconté!), il a cherché pendant des jours la voiture qui me conviendrait le plus, pour me sentir en sécurité et pouvoir transporter nos trois enfants sans souci. Notre choix s’est arrêté sur une golf plus automatique de Volkswagen. Elle n’est ni trop petite, ni trop grande. Et bon sang, ça change la vie une voiture automatique. Cela m’a énormément aidée pour enfin croire en moi : oui, je sais conduire et je le fais bien en plus!

Ma voiture, mon Nimbus 2000 comme j’aime l’appeler, je l’ai depuis un an. En un an, il s’en est passé des choses. Au début, j’allais seulement au jardin d’enfants déposer mes deux plus grands. C’était quelques rues plus loin, mais c’était déjà ça. Et puis je suis allée aussi à la boulangerie, au supermarché (en me garant dans une rue transversale au début, maintenant, je vais sur le parking et je me gare sur les places les plus proches de l’entrée), ensuite dans un supermarché un peu plus loin de la maison, chez le pédiatre, chez l’orthophoniste de mon aîné (qui est dans une autre ville), à la pharmacie, dans une jardinerie, même sur la quatre voies allemande, ces routes où l’on ne compte plus les excès de vitesse et les accidents. Je peux enfin emmener mes enfants faire des activités extra-scolaires, même si elles ne sont pas das le quartier. Je ne vais pas encore en plein centre-ville mais cela ne saurait tarder. Quand j’ai repris la conduite, je suis passée par plein d’émotions : la peur, la joie, l’hystérie même, la nervosité et le stress bien évidemment et finalement, le soulagement. Quand je pensais que je n’allais pas réussir à conduire sur telle ou telle route, je coupais la radio, je pensais que cela pouvait me distraire et m’entraîner vers l’échec. A présent, elle est en sourdine ou à un volume tout à fait normal. Quand je suis sur le point de faire un nouveau trajet, j’étudie la route que je vais emprunter sur google maps et je me familiarise avec le nom des rues pour être plus sûre de moi et ça m’aide énormément. La première fois que j’ai roulé à plus de 100km/h, j’ai eu si peur que je tremblais de tout mon corps et quand je suis enfin arrivée chez moi, j’avais une telle boule au ventre que j’en ai vomi (c’est d’un glamour cette histoire!). Cela ne s’est jamais reproduit par la suite parce que je me suis dit que si je l’avais fait une fois, je pouvais le refaire, je pouvais même m’améliorer si je le voulais.

Cette année de conduite m’a énormément apporté. Je me sens grandie, plus forte, plus mature, encore meilleure maman que l’année d’avant (bah oui, c’est surtout pour mes enfants que j’ai repris la conduite) et même si j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir (vous l’avez? Du chemin à parcourir, conduire, tout ça, haha! Ma blague est nulle!), je ne reviendrais jamais en arrière parce que maintenant, j’aime conduire.

La vida de Lindanita·Positive attitude

Ces petits bonheurs qui rendent la vie meilleure #22

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Bien le bonjour! Je viens de me rendre compte que je n’avais pas partagé avec vous mes derniers petits bonheurs qui rendent la vie meilleure depuis le mois de mai. Mais comment ai-je pu laisser passer autant de mois sans m’en rendre compte? Il est temps que je corrige cette erreur!

♣ Adopter le no makeup et me trouver jolie quand même (bon, quand c’est la mauvaise période du mois, je  n’en suis pas vraiment sûre hein…).

♣ Prendre un bain bouillant avec mes produits lush préférés pour me relaxer enfin (ça a fonctionné mais je n’en prends pas encore assez souvent!).

♣ Ma nouvelle coupe de cheveux qui correspond totalement à mon état d’esprit (j’ai hâte d’aller chez le coiffeur samedi pour mettre un peu de soleil dedans et retoucher ma frange et mes pointes).

♣ J’ai fait du tri dans mes placards, certaines pièces sont parties chez la croix rouge, d’autres ont été vendues et j’en ai accueilli de nouvelles achetées sur vinted ou bien trouvées dans des boutiques de seconde main (j’adore le vintage et faire de bonnes affaires!).

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♣ Mes tatouages que je vous présentais ici et dont je suis totalement amoureuse (on me dit dans l’oreillette qu’il y en a un troisième de prévu au mois de janvier, mais chut!).

♣ Voir mes boutures de misère pousser, pousser et pousser (pour quelqu’un qui n’avait pas la main verte il y encore trois ans, je suis fière de moi!).

♣ J’ai pu enfin rencontrer la douce et belle Victoria aka Mango and Salt lors d’un brève passage à Amsterdam (je suis repartie avec son livre dédicacé ♥).

♣ Cet été, nous sommes allés plusieurs fois en famille à la piscine et c’était de purs moment de bonheur (surtout quand on descendait pour la vingtième fois le grand toboggan!).

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♣ En parlant d’été, nous sommes retournés une nouvelle fois en vacances dans notre ville de coeur, j’ai nommé Dresden. Comme à chaque fois, nous sommes revenus avec des étoiles dans les yeux (nous avons aussi revu notre ancienne propriétaire et elle a été un amour avec nous, comme toujours).

♣ A l’heure où j’écris cet article, nous serons en route vers Francfort. Nous allons à l’ambassade de France pour déposer des demandes de passeports pour nos enfants afin de continuer à préparer nos prochaines vacances… (quoi je vous parle seulement de vacances?).

♣ … Prochaines vacances qui seront au Chili! Je n’y suis pas retournée depuis mars 2014 et j’étais enceinte de Valentina alors je n’avais pas pu en profiter comme il se doit parce que j’avais de terribles nausées. Vous pensez bien que je suis en train de faire une liste de toutes les choses que je veux manger huhu! Je partagerais au maximum avec vous sur instagram notre séjour là-bas (vous pouvez trouver mes anciennes publications instagram au Chili sous le hashtag #lindanitaenchile).

♣ Oh mais que vois-je? Ed Sheeran revient pour une nouvelle tournée européenne en 2019? J’étais au taquet pour acheter ma place dès le début de la vente et malgré le plantage incessant du site, j’ai tenu bon car il me fallait ma place, et je l’ai eu, vous pensez bien! Vivement le 23 juin 2019 (si vous aimez autant que moi Edichou, je vous conseille de me suivre sur instagram car je partagerais le concert avec vous là-bas, comme la dernière fois!).

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♣ Aller au restaurant avec mes trois enfants, toute seule et sans paniquer en plus. C’était une première pour moi. Nous avons tellement aimé ça que nous avons répété l’expérience encore deux fois dans la semaine qui a suivi (et j’étais tellement contente d’entendre la serveuse dire que mes enfants étaient adorables et bien élevés. Bah oui, ils lui ont dit merci à chaque fois qu’elle nous apportait quelque chose sur la table et quand ils avaient terminé de manger, ils rangeaient leurs couverts dans leurs assiettes!).

♣ Que la saison des anniversaires à la maison commence! Il y en aura un tout les mois à partir de novembre (dans l’ordre : Valentina, Alexander et moi).

♣ Partager un mate (lire maté) avec the Husband, lovés sous un plaid devant notre série Netflix chouchou du moment, « the haunting of hill house » (elle est parfaitement interprétée et en plus, on retrouve Michiel Huisman que nous avons connu dans game of thrones avec son rôle de Daario Naharis).

♣ Et un, et deux, et trois articles! Un troisième article de mon blog a été repris sur le site du Huffington Post (c’est le début de la gloire les gars! Vous pouvez le retrouver ici).

Et vous alors, quels sont vos petits bonheurs qui rendent la vie meilleure? Bon week-end à vous!

Baby Alexander·Baby Tobias·Baby Valentina·Découvrez l'Allemagne avec moi·La vida de Lindanita

Enfants d’expatriés

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Si vous me suivez depuis un moment sur le blog ou si nous discutons sur les réseaux sociaux, vous devez sûrement connaître mes enfants. Je ne pensais pas devoir écrire un jour ce genre d’article sur le blog mais mon petit garçon, l’aîné de la fratrie, a vécu cette semaine quelque chose qui m’a remuée et surtout, qui a fait remonter des souvenirs de moments anodins qui ont un goût amer à présent.

Alexander, Valentina et Tobias sont ce que l’on appelle des enfants Erasmus. Hein? Mais qu’est que c’est que ça Erasmus? Le programme Erasmus consiste en un échange d’étudiants entre les différents pays ayant signé l’accord. Cela comprend les vingt-cinq pays européens, ainsi que l’Islande, la Suisse, le Liechtenstein la Norvège, la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie. Donc oui, vous avez tout compris, j’ai connu the Husband lors de mes études. C’était en 2006 à Stuttgart et j’avais vingt ans. Sans ce programme, nous ne nous serions pas rencontrés et nos enfants ne seraient pas là aujourd’hui. Jusque là, c’est une belle histoire n’est-ce pas? Du même style que « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». De 2007 à 2009, nous avons vécu au Chili, pays de the Husband. Ensuite, nous sommes venus nous installer en Allemagne pour le doctorat de mon mari, doctorat qui a débouché sur un travail.

Après quelques années, nous avons eu notre premier enfant, un petit garçon qui est arrivé le jour de Noël. Nous ne pouvions pas espérer un plus cadeau en cette période de l’année. Sa petite soeur est arrivée deux ans plus tard et leur petit frère un peu plus de deux ans après.

La première réflexion que nous avons eu en tant que parents « non allemands » que je n’oublierais jamais, c’était une remarque de la sage-femme qui devait nous accompagner après mon premier accouchement et avec qui nous avions choisi de prendre des cours de préparation à l’accouchement. Quand elle s’est mise à parler de ce que devait manger la mère si elle voulait allaiter son enfant : « alors vous éviterez tout ce qui donne des gaz comme le brocoli, le chou fleur, les petits pois ou bien les haricots… ». Et hop, petit sourire en coin vers the Husband : « oh, mais votre enfant n’aura pas de problème hein, c’est commun dans votre pays de manger des haricots alors il s’habituera vite! ». What? Non mais elle s’est bien rendue compte de ce qu’elle disait, de ce qu’elle faisait? Notre enfant n’était pas encore né qu’elle disait qu’il était différent, comme ça, tranquillement devant un groupe de futurs parents (et en plus, ce n’est pas parce que l’on dit « chili con carne » que c’est chilien, c’est une recette mexicaine… A bon entendeur). Et cela n’a été que le début.

Parce que nos enfants sont des enfants de parents étrangers, des « non allemands », nous devons faire face de manière consciente ou non à beaucoup de situations pas forcément agréables.

Pour vous redonner le contexte, the Husband est chilien, je suis française et nous vivons en Allemagne. Nos parents respectifs vivent au Chili et en France. Logique. C’est là que cela devient triste. Nos enfants connaissent leurs grands-parents surtout grâce aux appels vidéos sur whatsapp ou bien les visites de deux semaines en été ou bien à Noël. Au jardin d’enfants, quand il y a un événement avec les grands-parents, ils n’y vont pas, parce que opa et oma (papy et mamy en français) ne vivent pas dans la même ville que nous, pas dans le même pays que nous, pas sur le même continent que nous. Ils les réclament souvent mais à part les avoir au bout du fil, nous ne pouvons pas leur donner plus qu’une voix ou une vidéo pixelisée. Les parents de the Husband ne connaissent Tobias que grâce à des photos…

Parce que nos enfants vivent dans un pays qui n’est pas celui de the Husband, un pays qui n’est pas le mien non plus, ils ne grandiront pas avec ce que nous avons connu durant notre enfance : les chansons apprises à l’école, les bonbons achetés à l’épicerie du coin, les fêtes du 14 juillet ou du 18 septembre (jour national au Chili), les plats typiques préparés par mamy lors des vacances chez elle, la crème de marron ou bien le manjar (lire mannrrar, la confiture de lait au Chili) à toutes les sauces, les comptines de notre enfance, les dictons intraduisibles ou n’ayant aucun sens en allemand…

A la maison, nous avions décidé de ne parler qu’espagnol (latino) car the Husband ne parle pas couramment le français et c’était plus facile pour tout le monde (j’en parlais plus en détails ici). Mais comme Alexander présente encore des difficultés pour s’exprimer correctement en allemand, j’ai pris sur moi et sur mon allemand loin d’être correct pour ne lui parler que dans cette langue. Il en va de même pour Valentina pour qu’elle ne se sente pas mise à part et surtout pour qu’elle puisse discuter ensuite sans problème avec son grand frère. C’était contraignant au début mais nous avons vite pris le pli et ça a l’air de porter ses fruits. Mon grand va aussi une fois par semaine chez l’orthophoniste pour qu’il puisse discuter en toute tranquillité pendant une heure avec quelqu’un qui parle allemand et qui essaie de l’aider à surmonter ses blocages dans cette langue. Nous avons été obligés de prendre ces mesures parce qu’au mois de septembre, nous avons eu un entretien à l’école où il est inscrit pour la rentrée l’année prochaine. Selon le médecin qui nous a reçu, Alexander ne peut pas rentrer à l’école avec le niveau d’allemand qu’il a. Cela a été un choc pour lui car il se réjouissait depuis des mois de rentrer à l’école. Pour en revenir à l’incident dont je vous parlais en introduction, mardi, mon fils est revenu du jardin d’enfants en pleurs parce qu’un autre enfant lui avait dit « Dummkopf » (lire doumkopff, en français, imbécile). En soi, ce n’est pas une grosse insulte mais Alexander a eu énormément de mal à s’en remettre. Il n’arrêtait pas de pleurer. Je lui ai dit qu’il devait me donner le nom de l’enfant qui l’avait insulté pour que j’en discute avec ses éducatrices afin de mettre les points sur les i le plus vite possible. Il a commencé à me dire des noms improbables, il a même cité ses amis et, les connaissant bien, c’était impossible pour moi que ce soit eux. Plus je lui demandais, plus il se renfermait sur lui-même et il est finalement entré dans un mutisme qui a duré toute la soirée. Durant la nuit, il s’est même réveillé en pleurs plus d’une fois, chose qui ne lui arrive jamais. Il avait vraiment pris cette remarque à coeur. Plus il grandit et plus les autres enfants du jardin d’enfants lui font sentir qu’il est différent, qu’il n’appartient pas à ce pays dans lequel nous vivons. Quand il y est rentré, il n’a eu aucun problème pour se faire des amis, tout le monde voulait jouer avec lui parce qu’il était partant pour tout, personne ne le mettait de côté parce qu’il était un enfant d’expatriés. Mais plus ça va, plus d’anciennes fréquentations lui tournent le dos : « kein spanisch » (lire caïne schpaniche, se traduisant par pas d’espagnol) ou bien encore « du bist nicht mein Freund » (dou biste nichte maïne freuynde, tu n’es pas mon ami). Je soupçonne les parents de ces enfants d’être coupables de ce rejet soudain parce que c’était des amis qu’il avait depuis des années.

The Husband et moi avons nos coutumes, nos traditions, nos façons de faire et de penser pour l’éducation de nos enfants, le tout en nous basant sur ce que nous avons vécu quand nous étions nous-même enfants. Ici en Allemagne, rien n’est acquis pour notre trio, pour nous, tout est une découverte (ou presque tout). Jusqu’à leur entrée en cp (ou son équivalent plutôt), les enfants n’ont pas de vacances fixes. Si nous décidons de partir en vacances, nous pouvons choisir n’importe quelle date, ce n’est pas un problème. C’est chouette non? Pas vraiment, parce que cela signifie que dans leur jardin d’enfants, ils ne font pas grand chose à part se sociabiliser avec les autres enfants et jouer avec eux. En tant que parents, nous devons leur apporter la matière dont ils ont besoin pour pouvoir rentrer en école primaire. Comme je le disais un peu plus haut, ce ne sont pas nos coutumes donc nous ne savons pas sur quel pied danser, nous ne savons pas quoi faire exactement pour les aider. Pour les éducatrices, c’est quelque chose d’acquis : « mais tout le monde le sait madame! ». Bah non, je ne le sais pas moi, sinon je ne vous poserais pas tant de questions enfin!

Aujourd’hui jeudi (jour de l’écriture de ce paragraphe), une des éducatrices de mon fils est venu me dire ce qui s’était passé en classe suite à la discussion que nous avons eu en début de semaine à propos de l’insulte qu’il avait reçu ainsi que l’intimidation qu’il y avait derrière. C’était au tour d’Alexander de compter le nombre d’élèves dans la classe. Sa langue a fourché et il s’est « trompé ». Apparemment, un élève l’a repris de manière ironique : « oh l’autre, il sait pas parler! C’est pas comme ça qu’on dit! » et l’éducatrice, au lieu d’apprendre le respect aux enfants a réagi de façon typiquement allemande : « non machin (je ne sais pas le nom de l’élève), sa langue n’a pas fourché, il sait juste plus de choses que toi, et dans des langues différentes alors maintenant tu te tais parce qu’il est plus fort que toi! ». Et lui apprendre le respect à cet enfant, ce ne serait pas mieux? Et lui expliquer qu’à la maison, Alexander parle espagnol parce que son papa est chilien, ce ne serait pas plus intéressant comme réponse? Je trouve ça très nocif de vouloir rabaisser un enfant pour en féliciter un autre. Cela me rappelle un autre test qu’avait passé Alexander au jardin d’enfants (un test avant celui que je vous ai évoqué plus haut). Il fallait qu’il rentre dans des cases, ces fameuses cases dans lesquelles tout le monde veut nous mettre. Il  n’avait pas eu les points nécessaires parce qu’un enfant lui avait pris une petite voiture des mains et il n’avait pas réagi en disant « oh mais ça ne va pas, c’est pas à toi, c’est à moi! ». Tout de suite ce besoin d’attaquer, ce besoin d’appartenance, ce besoin de rabaisser l’autre pour se sentir mieux. Nous avons eu un compte rendu de ce test avec the Husband avec les éducatrices lors d’un rendez-vous. Nous étions outrés de constater que pour avancer dans la vie en Allemagne, il fallait développer la technique du « moi je ». C’est effroyable mais pourtant vrai. S’en est suivie une discussion houleuse entre the Husband et une éducatrice. L’Allemagne est le pays dans lequel nos enfants vont grandir et ils vont être formés de cette manière. Cela me brise le coeur, vraiment. Nous essayons au mieux de leur inculquer le respect, le partage, la gentillesse, l’empathie et la politesse selon les situations auxquelles ils sont confrontés et cette éducation va à l’encontre de nos convictions. C’est difficile de faire comprendre ça à l’éducation nationale mais aussi à nos enfants puisqu’à cause de ça, ils sont vus comme des parias au jardin d’enfants. Nous sommes vraiment le cul entre deux chaises : rester camper sur nos idées ou bien nous fondre dans le moule pour que nos enfants ne souffrent pas et renier nos idées les plus profondes. Il ne faut pas s’étonner ensuite que les expatriés veuillent se retrouver entre eux s’ils se sentent marginalisés par la société du pays dans lequel ils ont choisi de s’installer.

L’expatriation, cela en fait rêver plus d’un mais ce n’est pas toujours facile, surtout lorsque l’on essaie de fonder une famille. J’espère que nous trouverons rapidement des réponses à nos doutes et des solutions aux problèmes auxquels les enfants sont confrontés. Je veux que mes enfants sachent qu’ils sont différents, spéciaux et uniques, mais dans le bon sens du terme. Ils ne doivent pas croire tout ce qu’ils entendent sur eux car cela leur fera plus de mal que de bien. Mais si cela arrive, je leur expliquerais ce qu’ils doivent faire pour aller de l’avant et s’aimer tels qu’ils sont car ils sont riches d’une culture plus ouverte au monde, car ils sont les citoyens de demain et parce que je crois en eux.