Baby Alexander·Baby Tobias·Baby Valentina·Découvrez l'Allemagne avec moi·La vida de Lindanita

Enfants d’expatriés

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Si vous me suivez depuis un moment sur le blog ou si nous discutons sur les réseaux sociaux, vous devez sûrement connaître mes enfants. Je ne pensais pas devoir écrire un jour ce genre d’article sur le blog mais mon petit garçon, l’aîné de la fratrie, a vécu cette semaine quelque chose qui m’a remuée et surtout, qui a fait remonter des souvenirs de moments anodins qui ont un goût amer à présent.

Alexander, Valentina et Tobias sont ce que l’on appelle des enfants Erasmus. Hein? Mais qu’est que c’est que ça Erasmus? Le programme Erasmus consiste en un échange d’étudiants entre les différents pays ayant signé l’accord. Cela comprend les vingt-cinq pays européens, ainsi que l’Islande, la Suisse, le Liechtenstein la Norvège, la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie. Donc oui, vous avez tout compris, j’ai connu the Husband lors de mes études. C’était en 2006 à Stuttgart et j’avais vingt ans. Sans ce programme, nous ne nous serions pas rencontrés et nos enfants ne seraient pas là aujourd’hui. Jusque là, c’est une belle histoire n’est-ce pas? Du même style que « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». De 2007 à 2009, nous avons vécu au Chili, pays de the Husband. Ensuite, nous sommes venus nous installer en Allemagne pour le doctorat de mon mari, doctorat qui a débouché sur un travail.

Après quelques années, nous avons eu notre premier enfant, un petit garçon qui est arrivé le jour de Noël. Nous ne pouvions pas espérer un plus cadeau en cette période de l’année. Sa petite soeur est arrivée deux ans plus tard et leur petit frère un peu plus de deux ans après.

La première réflexion que nous avons eu en tant que parents « non allemands » que je n’oublierais jamais, c’était une remarque de la sage-femme qui devait nous accompagner après mon premier accouchement et avec qui nous avions choisi de prendre des cours de préparation à l’accouchement. Quand elle s’est mise à parler de ce que devait manger la mère si elle voulait allaiter son enfant : « alors vous éviterez tout ce qui donne des gaz comme le brocoli, le chou fleur, les petits pois ou bien les haricots… ». Et hop, petit sourire en coin vers the Husband : « oh, mais votre enfant n’aura pas de problème hein, c’est commun dans votre pays de manger des haricots alors il s’habituera vite! ». What? Non mais elle s’est bien rendue compte de ce qu’elle disait, de ce qu’elle faisait? Notre enfant n’était pas encore né qu’elle disait qu’il était différent, comme ça, tranquillement devant un groupe de futurs parents (et en plus, ce n’est pas parce que l’on dit « chili con carne » que c’est chilien, c’est une recette mexicaine… A bon entendeur). Et cela n’a été que le début.

Parce que nos enfants sont des enfants de parents étrangers, des « non allemands », nous devons faire face de manière consciente ou non à beaucoup de situations pas forcément agréables.

Pour vous redonner le contexte, the Husband est chilien, je suis française et nous vivons en Allemagne. Nos parents respectifs vivent au Chili et en France. Logique. C’est là que cela devient triste. Nos enfants connaissent leurs grands-parents surtout grâce aux appels vidéos sur whatsapp ou bien les visites de deux semaines en été ou bien à Noël. Au jardin d’enfants, quand il y a un événement avec les grands-parents, ils n’y vont pas, parce que opa et oma (papy et mamy en français) ne vivent pas dans la même ville que nous, pas dans le même pays que nous, pas sur le même continent que nous. Ils les réclament souvent mais à part les avoir au bout du fil, nous ne pouvons pas leur donner plus qu’une voix ou une vidéo pixelisée. Les parents de the Husband ne connaissent Tobias que grâce à des photos…

Parce que nos enfants vivent dans un pays qui n’est pas celui de the Husband, un pays qui n’est pas le mien non plus, ils ne grandiront pas avec ce que nous avons connu durant notre enfance : les chansons apprises à l’école, les bonbons achetés à l’épicerie du coin, les fêtes du 14 juillet ou du 18 septembre (jour national au Chili), les plats typiques préparés par mamy lors des vacances chez elle, la crème de marron ou bien le manjar (lire mannrrar, la confiture de lait au Chili) à toutes les sauces, les comptines de notre enfance, les dictons intraduisibles ou n’ayant aucun sens en allemand…

A la maison, nous avions décidé de ne parler qu’espagnol (latino) car the Husband ne parle pas couramment le français et c’était plus facile pour tout le monde (j’en parlais plus en détails ici). Mais comme Alexander présente encore des difficultés pour s’exprimer correctement en allemand, j’ai pris sur moi et sur mon allemand loin d’être correct pour ne lui parler que dans cette langue. Il en va de même pour Valentina pour qu’elle ne se sente pas mise à part et surtout pour qu’elle puisse discuter ensuite sans problème avec son grand frère. C’était contraignant au début mais nous avons vite pris le pli et ça a l’air de porter ses fruits. Mon grand va aussi une fois par semaine chez l’orthophoniste pour qu’il puisse discuter en toute tranquillité pendant une heure avec quelqu’un qui parle allemand et qui essaie de l’aider à surmonter ses blocages dans cette langue. Nous avons été obligés de prendre ces mesures parce qu’au mois de septembre, nous avons eu un entretien à l’école où il est inscrit pour la rentrée l’année prochaine. Selon le médecin qui nous a reçu, Alexander ne peut pas rentrer à l’école avec le niveau d’allemand qu’il a. Cela a été un choc pour lui car il se réjouissait depuis des mois de rentrer à l’école. Pour en revenir à l’incident dont je vous parlais en introduction, mardi, mon fils est revenu du jardin d’enfants en pleurs parce qu’un autre enfant lui avait dit « Dummkopf » (lire doumkopff, en français, imbécile). En soi, ce n’est pas une grosse insulte mais Alexander a eu énormément de mal à s’en remettre. Il n’arrêtait pas de pleurer. Je lui ai dit qu’il devait me donner le nom de l’enfant qui l’avait insulté pour que j’en discute avec ses éducatrices afin de mettre les points sur les i le plus vite possible. Il a commencé à me dire des noms improbables, il a même cité ses amis et, les connaissant bien, c’était impossible pour moi que ce soit eux. Plus je lui demandais, plus il se renfermait sur lui-même et il est finalement entré dans un mutisme qui a duré toute la soirée. Durant la nuit, il s’est même réveillé en pleurs plus d’une fois, chose qui ne lui arrive jamais. Il avait vraiment pris cette remarque à coeur. Plus il grandit et plus les autres enfants du jardin d’enfants lui font sentir qu’il est différent, qu’il n’appartient pas à ce pays dans lequel nous vivons. Quand il y est rentré, il n’a eu aucun problème pour se faire des amis, tout le monde voulait jouer avec lui parce qu’il était partant pour tout, personne ne le mettait de côté parce qu’il était un enfant d’expatriés. Mais plus ça va, plus d’anciennes fréquentations lui tournent le dos : « kein spanisch » (lire caïne schpaniche, se traduisant par pas d’espagnol) ou bien encore « du bist nicht mein Freund » (dou biste nichte maïne freuynde, tu n’es pas mon ami). Je soupçonne les parents de ces enfants d’être coupables de ce rejet soudain parce que c’était des amis qu’il avait depuis des années.

The Husband et moi avons nos coutumes, nos traditions, nos façons de faire et de penser pour l’éducation de nos enfants, le tout en nous basant sur ce que nous avons vécu quand nous étions nous-même enfants. Ici en Allemagne, rien n’est acquis pour notre trio, pour nous, tout est une découverte (ou presque tout). Jusqu’à leur entrée en cp (ou son équivalent plutôt), les enfants n’ont pas de vacances fixes. Si nous décidons de partir en vacances, nous pouvons choisir n’importe quelle date, ce n’est pas un problème. C’est chouette non? Pas vraiment, parce que cela signifie que dans leur jardin d’enfants, ils ne font pas grand chose à part se sociabiliser avec les autres enfants et jouer avec eux. En tant que parents, nous devons leur apporter la matière dont ils ont besoin pour pouvoir rentrer en école primaire. Comme je le disais un peu plus haut, ce ne sont pas nos coutumes donc nous ne savons pas sur quel pied danser, nous ne savons pas quoi faire exactement pour les aider. Pour les éducatrices, c’est quelque chose d’acquis : « mais tout le monde le sait madame! ». Bah non, je ne le sais pas moi, sinon je ne vous poserais pas tant de questions enfin!

Aujourd’hui jeudi (jour de l’écriture de ce paragraphe), une des éducatrices de mon fils est venu me dire ce qui s’était passé en classe suite à la discussion que nous avons eu en début de semaine à propos de l’insulte qu’il avait reçu ainsi que l’intimidation qu’il y avait derrière. C’était au tour d’Alexander de compter le nombre d’élèves dans la classe. Sa langue a fourché et il s’est « trompé ». Apparemment, un élève l’a repris de manière ironique : « oh l’autre, il sait pas parler! C’est pas comme ça qu’on dit! » et l’éducatrice, au lieu d’apprendre le respect aux enfants a réagi de façon typiquement allemande : « non machin (je ne sais pas le nom de l’élève), sa langue n’a pas fourché, il sait juste plus de choses que toi, et dans des langues différentes alors maintenant tu te tais parce qu’il est plus fort que toi! ». Et lui apprendre le respect à cet enfant, ce ne serait pas mieux? Et lui expliquer qu’à la maison, Alexander parle espagnol parce que son papa est chilien, ce ne serait pas plus intéressant comme réponse? Je trouve ça très nocif de vouloir rabaisser un enfant pour en féliciter un autre. Cela me rappelle un autre test qu’avait passé Alexander au jardin d’enfants (un test avant celui que je vous ai évoqué plus haut). Il fallait qu’il rentre dans des cases, ces fameuses cases dans lesquelles tout le monde veut nous mettre. Il  n’avait pas eu les points nécessaires parce qu’un enfant lui avait pris une petite voiture des mains et il n’avait pas réagi en disant « oh mais ça ne va pas, c’est pas à toi, c’est à moi! ». Tout de suite ce besoin d’attaquer, ce besoin d’appartenance, ce besoin de rabaisser l’autre pour se sentir mieux. Nous avons eu un compte rendu de ce test avec the Husband avec les éducatrices lors d’un rendez-vous. Nous étions outrés de constater que pour avancer dans la vie en Allemagne, il fallait développer la technique du « moi je ». C’est effroyable mais pourtant vrai. S’en est suivie une discussion houleuse entre the Husband et une éducatrice. L’Allemagne est le pays dans lequel nos enfants vont grandir et ils vont être formés de cette manière. Cela me brise le coeur, vraiment. Nous essayons au mieux de leur inculquer le respect, le partage, la gentillesse, l’empathie et la politesse selon les situations auxquelles ils sont confrontés et cette éducation va à l’encontre de nos convictions. C’est difficile de faire comprendre ça à l’éducation nationale mais aussi à nos enfants puisqu’à cause de ça, ils sont vus comme des parias au jardin d’enfants. Nous sommes vraiment le cul entre deux chaises : rester camper sur nos idées ou bien nous fondre dans le moule pour que nos enfants ne souffrent pas et renier nos idées les plus profondes. Il ne faut pas s’étonner ensuite que les expatriés veuillent se retrouver entre eux s’ils se sentent marginalisés par la société du pays dans lequel ils ont choisi de s’installer.

L’expatriation, cela en fait rêver plus d’un mais ce n’est pas toujours facile, surtout lorsque l’on essaie de fonder une famille. J’espère que nous trouverons rapidement des réponses à nos doutes et des solutions aux problèmes auxquels les enfants sont confrontés. Je veux que mes enfants sachent qu’ils sont différents, spéciaux et uniques, mais dans le bon sens du terme. Ils ne doivent pas croire tout ce qu’ils entendent sur eux car cela leur fera plus de mal que de bien. Mais si cela arrive, je leur expliquerais ce qu’ils doivent faire pour aller de l’avant et s’aimer tels qu’ils sont car ils sont riches d’une culture plus ouverte au monde, car ils sont les citoyens de demain et parce que je crois en eux.

Baby Alexander·Baby Tobias·Baby Valentina·La vida de Lindanita·Ma sclérose en plaques et moi

Harry Potter, des pivoines et un colibri

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Lundi, je me suis fait tatouer. C’était le 17 septembre. Mon chiffre fétiche, c’est le 17, depuis toujours (je suis née un 17, j’ai connu mon mari un 17, Tobias est né le 2 avril 2017 à 1h17 pour vous donner quelques exemples). C’était mes premiers tatouages.

En avril dernier, j’ai laissé un message sur la page facebook des Français de ma ville pour savoir si quelqu’un connaissait un bon tatoueur dans ma région. J’ai eu seulement une réponse mais c’était tout ce dont j’avais besoin. On me conseillait d’aller voir Jesica Perez, une Argentine qui porte le surnom de Necro Noir sur instagram et qui faisait un travail d’une finesse absolue. Son trait si fin et la poésie qui se dégageait de ses précédents tatouages était exactement ce que cherchais. En plus, elle parlait espagnol, j’allais donc pouvoir expliquer dans les moindres détails ce que je voulais vu que c’est une langue que je parle au quotidien, encore plus que l’allemand. J’avais cinq mois pour regrouper et organiser les idées que j’avais en tête depuis des mois, voire des années.

Depuis mon adolescence, j’ai toujours pensé qu’un jour je me ferais tatouer sans jamais sauter le pas. Plus jeune, j’aurais pu me faire tatouer sur un coup de tête, comme la fois où je me suis fait percer le cartilage d’une oreille dans une bijouterie avec un pistolet (les erreurs de jeunesse, tout ça…). Et puis cette idée m’a quitté quand j’ai connu the Husband… avant de revenir de façon très forte l’année dernière sans crier gare. J’étais une femme, une épouse et une mère accomplie, une rose pleine d’épines mais belle à sa manière s’était implantée au creux de mois depuis un peu plus de trois ans (je parle de ma sclérose en plaques au cas où vous ne l’auriez pas compris) et cette envie de tatouage est devenue viscérale, pendant des semaines, je ne pensais qu’à ça.

J’en ai discuté avec the Husband pour savoir ce qu’il en pensait. Il  n’était pas très fan de l’idée mais comme il voyait que je ne lâchait pas l’affaire, il s’est rendu compte que j’en avais « besoin » (entre guillemets le mot besoin, il ne faut pas abuser non plus) et il m’a ensuite soutenu dans ce projet. Le jour du rendez-vous venu, il a même pris sa journée (grâce à des heures supplémentaires qu’il avait fait les semaines auparavant) afin de rester avec les enfants à la maison le temps de mon rendez-vous.

J’ai énormément échangé sur instagram avec Jesica durant les cinq mois avant mon rendez-vous pour savoir si mes idées étaient réalisables ou non. Elle s’est toujours montrée très ouverte d’esprit et de bon conseil. Le jour venu, je suis arrivée avec mes petits montages photoshop et des dessins qui m’avaient inspirée. Elle a pris en photo ces illustrations que j’avais avec moi et elle les a envoyées sur son ipad pour les travailler afin de me proposer quelque chose qui pourrait me plaire. Sa dextérité était incroyable, j’ai été éblouie. En moins de dix minutes, elle avait su capter parfaitement ce que je voulais pour mon premier tatouage, le plus grand des deux.

Ce premier tatouage, c’est un colibri et trois pivoines. Pourquoi ces deux éléments? Pour les pivoines, vous devez vous en douter, j’ai trois enfants, trois pivoines. Ces fleurs aux milles pétales sont superbes et elles sont un symbole de richesse. Quand je regarde mes enfants, je me dis que je suis riche d’un amour ineffable que je n’échangerais contre rien au monde. Et le colibri? Tout d’abord, c’était une façon pour moi de m’ancrer au Chili, mon pays d’adoption car on retrouve cet animal dans le Sud du pays et the Husband vient justement de Puerto Varas, ville qui se trouve bien au Sud de ce pays d’Amérique Latine. Et puis le colibri, c’est aussi le symbole de la résurrection. Cet oiseau semble mourir lors des nuits froides mais revient toujours à la vie au lever du jour. C’est un sentiment que j’ai ressenti lorsque l’on m’a annoncé ma maladie il y a trois ans. J’ai pensé mourir avant de me relever plus forte que jamais. Et puis, le colibri peut voler en arrière. Cette particularité évoque la faculté de regarder vers le passé, tout en continuant avec sa vie. Il symbolise la faculté du coeur à s’ouvrir à nouveau et à se soigner malgré les blessures, tout en continuant à aller de l’avant. Un autre symbole du colibri est celui de la joie de vivre et du bonheur. Il rappelle qu’il faut profiter des plaisirs de la vie et s’amuser, comme le colibri le fait en recherchant constamment à boire les nectars les plus délicieux des fleurs. Étant d’incroyables oiseaux migrateurs, ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres. Le colibri symbolise également la persévérance et la ténacité dans la poursuite de ses rêves. Le colibri, c’est vraiment moi. Tout ce qu’il représente, c’est moi et the Husband aussi. Ce tatouage, c’est moi, c’est eux, c’est nous, c’est ma famille.

Et puis le deuxième tatouage, pour les potterheads qui passeraient par là, vous avez sans doute reconnu le symbole des reliques de la mort. Pour ceux qui ne sont pas à la page avec Harry Potter, les reliques de la mort, ce sont trois éléments qui apparaissent dans le septième roman de la saga du sorcier à lunettes : la baguette de sureau, plus puissante baguette magique jamais fabriquée, La pierre de résurrection, pouvant ramener les morts à la vie et la cape d’invisibilité, dissimulant son porteur aux yeux de quiconque. Normalement, le cercle est centré au milieu du triangle et le trait traverse de haut en bas le triangle sans en sortir. J’ai choisi de le faire un peu différemment, comme une esquisse à la va-vite sur sur un bout de papier. C’est pour cela que le cercle sort du triangle et les deux côtés du triangle descendent un peu plus bas que la base, de façon à former un a majuscule de manière très discrète. Ce tatouage est à première vue un hommage à Harry Potter et à son monde magique mais il a aussi un message caché. Les trois éléments représentent mes enfants et le a que l’on devine à peine est l’initiale de notre nom de famille.

Quand je suis passée sous l’aiguille, est-ce que j’ai eu mal? Eh bien non, presque pas. C’était la même sensation qu’une griffe de chat. Cela vient sans doute du fait que je n’ai pas fait remplir beaucoup de surface et mes deux tatouages ont des lignes très fines. Et puis nous n’arrêtions pas de discuter de tout et de rien avec Jesica : nos vies d’expats, l’éducation de nos enfants, la vie en Allemagne ou bien encore l’amitié en Allemagne pour ne citer que ces thèmes. Je n’ai pas vu le temps passer. Je me suis tout de même surprise à lui dire : « je suis juste en train de me rendre compte que tu es en train de marquer ma peau pour la vie ». C’était un peu comme une révélation alors que bon, c’est logique non? Au début, j’étais venue avec l’idée de combiner les deux motifs dans un seul tatouage et au final, nous les avons mis à deux endroits différents pour une meilleure esthétique. Comme quoi, je ne fais pas les choses à moitié : je voulais un tatouage et au final, j’en ai fait deux! Je ne regrette pas du tout ma décision et j’adore mes tatouages autant que ma tatoueuse. Elle a rendu ce moment très spécial, je ne l’oublierais jamais, parce que je l’ai un peu dans la peau, elle aussi!

Comme les personnes qui se sont déjà faites tatouer, j’ai déjà de nouvelles idées en tête et je crois que je vais rapidement prendre un nouveau rendez-vous. Et vous alors, racontez-moi tout, êtes-vous tatoués? Si oui, que symbolise vos tatouages? Et pour les non-tatoués, avez-vous envie de passer sous l’aiguille? Je vous souhaite un excellent week-end!

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Maman, mais pas que

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Il y a un mois, je me suis séparée pour la première fois de mes enfants pendant un jour et une nuit. Pendant à peu près vingt-quatre heure, j’ai laissé ma tribu à the Husband et j’ai vécu à 100% cette phrase que j’ai lu plus d’une centaine de fois sur les réseaux sociaux ou dans des magazines, « maman, mais pas que », sans jamais vraiment savoir ce que c’était.

Depuis 2012, j’ai enchaîné les grossesses, les accouchements et les allaitements. En six ans, trois enfants, c’est un bon rythme non? J’ai toujours été une maman poule pour me transformer en maman louve et j’essaie d’ajouter la casquette de maman cool mais elle n’est pas là très souvent puisque je n’arrête jamais. Je ne travaille pas (pour le moment) parce que nous avons décidé, the Husband et moi d’un commun accord, que j’allais m’occuper des enfants pendant que lui allait travailler. Cela ne me dérange pas du tout parce que cela me permet de ne rien louper de leurs vies qui commencent à peine. Et puis j’aurais tout le temps de travailler plus tard, quand ils iront à l’école à plein temps. Je suis donc là pour eux, jour et nuit, pour les emmener au jardin d’enfants, pour les border, leur préparer de bons petits plats, repasser leurs vêtements ou préparer leurs tenues pour le lendemain. Etant expats tous les deux avec mon mari (il vient du Chili, je viens de France et nous vivons en Allemagne pour celles et ceux qui arrivent seulement maintenant ici), nous n’avons aucune famille dans les environs pour nous aider avec les enfants. Notre famille, c’est notre bulle, jamais les uns sans les autres.

Et puis en début d’année, en surfant sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur l’information qui a tout déclenché. le chanteur Ed Sheeran allait faire une tournée européenne et il allait passer par plusieurs villes allemandes. Comment? Mais il fallait absolument que j’y aille! Je chante à tue-tête toutes ses chansons qui passent à la radio et j’étais déjà une fan inconditionnelle de l’artiste après l’avoir découvert avec « lego house », une chanson de son premier album. Il avait invité Rupert Grint (Ron Weasley) dans son clip et en tant que potterhead, je me devais de le regarder. J’ai alors découvert un univers qui me plaisait beaucoup et depuis ce jour, il y a toujours une chanson d’Ed Sheeran dans mes playlists. Apparemment, j’avais loupé l’information de la tournée à sa sortie parce que toutes les dates étaient déjà sold out (ou presque et ce n’était pas la porte à côté). Mais je suis capricorne et tenace alors j’ai écumé internet pour trouver tous les sites de revente de tickets de concert pour finalement trouver mon bonheur sur ebay (enfin the Husband l’a trouvé pour me faire la surprise pour mon anniversaire, just in time!). En plus d’être un ticket pour le concert, ce qu’il m’offrait, c’était un moment rien qu’à moi, sans enfants (mais sans lui aussi, vu qu’il devait les garder).

Les mois passant, nous nous sommes organisés pour préparer cette date au mieux (et nos deux jours en famille à Amsterdam ensuite). C’était sans compter sur les aléas de la vie. Lorsque je suis entrée en contact avec la personne qui nous avait vendu le ticket pour pouvoir changer le nom sur mon ticket (vu qu’ils avaient tous été vendus de manière nominative), je me suis rendue compte que le concert avait été délocalisé. Euh, oui, mais bien sûr… Encore heureux, je n’avais pas encore réservé ma chambre d’hôtel! Quelques jours plus tard, j’ai su que le concert pouvait être de nouveau délocalisé (sans blague). Non mais quelle idée aussi de vouloir raser des arbres pour installer une scène et des gradins! Oh et puis si on essayait plutôt d’installer tout ça sur un endroit qui est suspecté d’avoir des bombes de le seconde guerre mondiale en dessous? Jusqu’au dernier moment, j’ai cru que le concert allait être annulé. Au final, il a été divisé en deux dates (c’est Ed qui devait être content de faire un concert en plus tiens!) et le ticket que j’avais reçu n’était plus valide. Les organisateurs avaient décidé d’imprimer de nouveau plus de 50.000 billets et de les renvoyer (bonjour les frais!). J’ai eu de la chance de tomber sur Dana, une personne honnête et adorable qui m’a réexpédié le nouveau ticket sans souci (et ouf, j’ai eu un ticket pour le même jour et non le lendemain. Si cela n’avait pas été le cas, cela aurait compromis notre voyage à Amsterdam). Je n’avais pas encore pris le train que toute cette histoire avait déjà été un grand huit émotionnel.

Le dimanche matin, j’étais prête, ma valise était bouclée, j’avais fait les dernières recommandations à the Husband pour qu’il puisse « survivre » à sa première fois en tant que papa solo et je me suis dirigée vers la gare. J’avais préparé une playlist sans aucune comptine, si je le voulais, je pouvais regarder le film « New York melody » sans être interrompue et j’allais pouvoir terminer ce livre que j’avais commencé des semaines auparavant.

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Les habitudes ont la vie dure car bien qu’en étant toute seule, il m’est arrivé plus d’une fois dans la journée de tendre mon bras vers l’arrière, attendant qu’une petite main vienne se lover dans la mienne. La seule chose qui a trouvé ma main ce jour-là, c’est la poignée de ma valise. Et on en parle de ce petit coup de stress quand je cherchais mes enfants dans la foule avant de me souvenir qu’ils étaient à la maison avec leur père? J’avais l’impression d’être « nue » plus d’une fois, il me manquait quelque chose, je n’étais plus habituée à être seule autant de temps et loin de chez moi. Et puis au fil de la journée, je me suis détendue, j’ai pensé à moi (pas assez parce que je n’avais pas prévu assez de choses à manger dans mon sac alors que quand nous sortons avec les enfants, on ne finit jamais tout!), j’ai écouté des chansons oubliée dans mon ipod et j’ai lu. Qu’est-ce qu’on peut faire plein de choses quand nos enfants ne sont pas avec nous!

Mon premier train a eu du retard, je n’ai pas réussi à avoir ma correspondance ce qui m’a fait presque perdre une heure sur le planning de ma journée. Mais ce n’est pas possible, la poisse s’acharnait sur moi ou quoi? J’étais sur le point de perdre patience quand je me suis souvenue que c’était ma journée « spéciale », rien qu’à moi et ce n’était pas si grave si j’arrivais en retard au concert (je savais qu’il y avait deux premières parties de toute façon). Plus j’allais m’énerver et plus j’allais gâcher ma journée (comme quoi, apprendre à lâcher prise grâce à ses enfants, ça a du bon, même quand on est sans eux) alors je n’allais pas la gâcher pour quelque chose que je ne pouvais pas changer, même si je le voulais. Ma bonne humeur a payé puisque tout s’est bien terminé, sans aucun stress et avec le sourire. Chaque fois que je croisais le regard de quelqu’un, je recevais un sourire en retour, c’était très agréable (et même que dans le train, ma voisine m’a proposé plusieurs fois des bonbons huhu!). J’ai dû demander plusieurs fois de l’aide pour trouver mon chemin entre les travaux à la gare de correspondance ou bien les trams bondés qui avaient des horaires aléatoires à cause d’un trop plein de monde. Un sourire et tout était plus facile.

Je suis arrivée avec une bonne demie-heure d’avance au stade. J’ai été plus qu’étonnée de la facilité que j’ai eu pour rentrer… j’ai scanné moi-même mon entrée et je suis rentrée comme ça, sans révision de sac, rien! Je me serais crue à la bibliothèque (et si j’avais su ça plus tôt, j’aurais pris avec moi une bouteille d’eau d’un litre et demi!). Plutôt que d’aller faire la queue pour m’acheter quelque chose à manger, je suis allée au stand de merchandising pour me faire plaisir en m’offrant un tee-shirt et un bracelet (coucou, j’ai quinze ans!). J’ai trouvé ma place facilement, j’allais pouvoir profiter du concert car bien qu’étant dans les gradins, j’étais assez près de la scène. J’ai enfin pu souffler et appeler the Husband pour savoir comment ils allaient tous : Tobias n’avait pas voulu manger si son père lui proposait quoi que ce soit mais il ouvrait grand la bouche dès qu’Alexander s’approchait de lui avec une cuillère, Valentina avait passé la journée collée à son père, Alexander était un grand frère modèle qui disait « je fais ça comme ça, comme maman le fait d’habitude », « non papa, c’est comme ci et pas comme ça »… Et le  coucher s’était passé sans encombre. J’étais ravie d’entendre de telles nouvelles!

Anne Marie, qui faisait la première partie du concert, est une artiste incroyable. Elle m’a énormément surprise car elle avait une pêche d’enfer, elle chantait vraiment très bien et son rire était si communicatif (regardez cette vidéo, vous comprendrez!) qu’il m’était impossible de ne pas rire aux éclats avec elle! Et puis Ed Seeran est arrivé sur scène. Il a enchaîné les titres seul sur scène, accompagné de ses guitares et d’une pédale (un looper si je ne trompe pas). J’avais du mal à croire que le moment que j’attendais depuis des mois était enfin arrivé. Il n’a pas hésité à parler avec son public et à faire de nombreuses blagues pour notre plus grand plaisir. Quand il a chanté « perfect », j’entendais dans ma tête les voix de Valentina et Alexander faisant les choeurs en yaourt derrière car ils aiment cette chanson autant que moi. J’ai toujours aimé la chanson « photograph » mais en live, c’était quelque chose d’indescriptible. J’ai eu une boule au ventre et les larmes ont coulé, sans s’arrêter, pendant toute la chanson. C’est devenu ma chanson préférée du monde entier, rien que ça! Le concert s’est terminé et je suis rentrée bien tranquillement à mon hôtel. Je suis passée rapidement m’acheter de quoi me rassasier avant (oh le mega gros kebab avec des frites à presque minuit!). J’avais l’impression d’être une adolescente dans sa chambre d’étudiante! J’ai eu du mal à trouver le sommeil alors j’ai terminé mon livre avant de me coucher tout en pensant aux retrouvailles avec mes bébés (et the Husband, ne l’oublions pas!) le lendemain.

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A mon réveil le lendemain, j’ai pu prendre un petit-déjeuner assise et surtout, j’ai bu un café brûlant, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des semaines. En attendant que ma famille vienne me chercher à l’hôtel, j’ai pris tout le temps que je voulais pour me maquiller pour ne pas avoir mon trait de liner de travers ou bien mon rouge à lèvres qui bave parce que je l’ai mis trop vite.

Avant cette séparation, je ne m’étais pas rendue compte de toutes ces choses que je faisais pour moi à la va-vite, un oeil fixé sur la montre pour être disponible au plus vite pour mes enfants et leurs besoins. Bien qu’Alexander, Valentina et Tobias m’aient énormément manqué, j’étais heureuse d’avoir pu profiter de cette journée loin d’eux et avoir été égoïste pour recharger mes batteries afin de m’occuper encore mieux d’eux par la suite. Etre une maman louve qui pense à elle de temps à autre, je crois que c’est la meilleure équation qui existe pour rendre toute sa famille heureuse. Ce fut une bien belle journée et je remercie le ciel de m’avoir donné la possibilité d’en avoir profité bien plus que je ne l’aurais imaginé.

 

Baby Alexander·Baby Valentina·La vida de Lindanita

J’ai l’habitude, je suis maman!

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Je me suis rendue compte que depuis que je suis devenue maman, j’ai énormément changé. Je ne suis plus personne que j’étais quand j’ai connu the Husband, il y a douze ans déjà. J’ai de nouvelles habitudes, et ces nouvelles habitudes, ce sont celles d’une maman. Je suis sûre que cette liste pour parlera!

♣ J’ai l’habitude de boire mes boissons chaudes, eh bien, pas chaudes justement! J’ai souvent tendance à les oublier sur la table de la cuisine ou je fais chauffer l’eau pour me faire un thé mais l’eau qui a bouilli ne rencontrera finalement pas le thé qui l’attendait dans un mug.

♣ J’ai l’habitude d’aller voir mes enfants qui dorment dans leurs chambres la nuit pour être sûre qu’ils soient bien couverts et qu’ils n’attrapent pas froid.

♣ J’ai l’habitude de dormir peu, surtout quand bébé réclame un câlin à trois heures du matin. Et ce câlin, c’est toujours maman qui doit lui donner, sinon, ça ne va pas.

♠ J’ai l’habitude de sauter de mon lit en pleine nuit dès que j’entends un de mes enfants tousser, chouiner, ronfler plus fort parce qu’il est enrhumé, pleurer, appeler « papa ». Je vais les voir parce que de toute façon, même si c’est papa qu’ils veulent, je suis réveillée donc autant aller voir ce qu’ils veulent!

♣ J’ai l’habitude de m’inquiéter quand ils sont ensemble dans une autre pièce, surtout quand ils ne font pas de bruit. Quelle bêtise sont-ils en train de préparer?

♣ J’ai l’habitude de tout préparer la veille au soir pour aller plus vite le lendemain matin. La table du petit-déjeuner est mise, les sacs à dos, les chaussures, écharpes, bonnets et compagnie sont dans l’entrée pour qu’ils puissent se préparer tous seuls pendant que j’emmitoufle le petit dernier pour qu’il n’ait pas froid. Je pousse le vice jusqu’à préparer ma machine à café pour pouvoir déguster au plus vite ce doux breuvage après les avoir laissés au jardin d’enfants. Ca, c’est juste du lundi au vendredi, il ne faut pas abuser hein!

♣ J’ai l’habitude de me réjouir de la période des soldes. Pas pour faire des folies avec ma carte bleue mais pour rénover le dressing de mes enfants à moindre prix. Je sais à peu près quelles tailles feront les enfants dans une ou deux saisons donc j’achète ce dont ils ont besoin et un petit plus encore, en prévision vous voyez.

♣ J’ai l’habitude de fréquenter les bourses aux jouets et les bourses aux vêtements de ma ville pour leur trouver de jolies choses. Que ce soit un sweat à capuche avec une moto pour mon grand, des pantalons qui coûtent trois fois rien pour ma fille (parce qu’elle a tendance à râper les genoux de tous ceux qui sont dans son placard) ou pour que le petit dernier de la famille ait aussi quelques nouvelles choses, rien que pour lui. Et puis je me dis que si les vêtements et les jouets qui se vendent sont en bon (voire excellent) état, s’ils ne coûtent pas un bras pour de la seconde main et que je suis sûre de faire plaisir à mes enfants, je les achète. Bah oui, ils ont déjà survécu à d’autres enfants, ça veut dire que c’est de qualité!

♣ J’ai l’habitude de reconnaître les odeurs de « couche pleine ». J’avoue, ce n’est pas bien glam’ tout ça mais je sais, rien qu’à l’odeur, qui nous a fait une « cadeau » dans sa couche.

♣ J’ai l’habitude d’essayer de participer le plus possible aux activités qui sont proposées au jardin d’enfants. Je ne suis pas une Bree van de Kamp non plus, mais je fais des petits gâteaux, j’offre de temps en temps du matériel pour que les camarades de mes enfants puissent faire des travaux manuels… Et je participe activement aux discussions whatsapp des parents d’élèves.

♣ J’ai l’habitude de brosser dans le sens du poil les autres parents d’élèves. Il m’arrive souvent de leur faire un « poker face » avec un grand sourire toutes dents dehors, mais je reste toujours polie et courtoise quand je les croise dans les couloirs du jardin d’enfants. Certains enfants ont eu des problèmes à cause de parents qui ne pouvaient pas se « sentir » et qui ont commencé à étendre des rumeurs. Vous savez, les enfants croient dur comme fer ce que disent leurs parents et en plus, ils ont la langue bien pendue. Ambiance Dallas, ton univers impitoya-aaah-ableuh…. Vous comprendrez que je ne souhaite pas cela pour mes enfants n’est-ce pas?

♣ J’ai l’habitude de préparer tout en dix minutes quand nous souhaitons sortir en famille : hop, tout le monde a mis son manteau (ou veste), son bonnet (ou casquette/chapeau) et son écharpe (ou foulard). En hiver, je rajoute un paquet de mouchoirs dans mon sac à main et dans le sac à langer. L’été, je pense à la crème solaire. Qu’importe la saison, je pense à rajouter des petits gâteaux emballés en petits paquets pour les distribuer, des petits sachets de bonbons pour essayer de les convaincre que la vie est belle en cas de gros chagrin, de l’eau, chacun leur bouteille. Est-ce qu’il y a suffisamment de couches dans le sac à langer? Des lingettes? Des petites poches en plastique pour mettre une couche pleine si nous ne trouvons pas de poubelle aux alentours? Les gestes sont connus et se répètent, cela va très vite. On dirait un remake de la pub Volvic avec Zidane « d’abord la jambe gauche… » (j’avoue, je me suis fait rire moi-même en pensant à ça!).

♣ J’ai l’habitude d’essayer de regarder avec les enfants les derniers Disney et Pixar tout en essayant de ne pas pleurer. Avouez que c’est difficile! La musique, les histoires, les dessins, les ambiances… Le dernier en date? Coco. J’aime j’aime j’aime!

♣ J’ai l’habitude de fredonner toutes les chansons que les enfants ont appris au jardin d’enfants dès qu’ils les entonnent dans le salon, dans la voiture, dans la rue… Même chose pour les comptines qu’ils chantonnent après les avoir entendues à la maison. Oui, je sais, j’aime me faire du mal! Mais si on y pense, c’est presque mieux que « despacito » et compagnie non? Au moins, on peut les chanter ensemble, et ça, c’est chouette! Bon, avec the Husband, ça ne passe pas… Ca viendra à l’usure mon amour!

♣ J’ai l’habitude d’infantiliser un peu trop souvent the Husband. Quand je dis plus haut que je prépare tout en dix minutes quand nous sortons en famille, je prépare aussi les affaires de mon mari, oui oui! Il sait se débrouiller tout seul, je le sais bien, mais quand les enfants passent à la chaîne sous mes mains pour être tartinés de crème solaire, the Husband y a droit aussi. Il reçoit un paquet de mouchoirs en papier pour qu’il en ait sur lui quand c’est l’hiver. Je lui répète dix fois qu’il fait froid dehors avant qu’il daigne mettre un foulard. Je lui répète qu’il doit aller faire une prise de sang pour contrôler sa thyroïde. Quand il part en voyage d’affaires, je jette un oeil au contenu de sa valise pour être sûr qu’il n’ait rien oublié. Je rajoute souvent des pansements, une crème hydratante ou bien un échantillon de parfum dans sa trousse de toilette. C’est mon grand enfant!

♣ J’ai l’habitude de rire intérieurement quand je sors toute seule en ville ou faire les courses et que j’entends un bébé ou un enfant pleurer : « mouhahaha, ce n’est pas le mien! ». Je sais, je suis mauvaise, mais avec trois enfants, les occasions sont rares. Et allez, vous l’avez toutes et tous fait au moins une fois, j’en suis sûre, même toi là, caché(e) derrière ton écran qui vient de faire « rhooo! Moi? Jamais de la vie! ».

♣ J’ai l’habitude de me planquer quand j’ai envie de manger une gourmandise bourrée de sucre. J’ouvre une tablette de chocolat, un paquet de gâteaux, de bonbons… et voilà qu’ils débarquent aussitôt autour de moi. Au final, je ne peux manger que les miettes de ce qu’il reste tellement ils sont débrouillards pour me retirer des mains ce que je viens d’ouvrir. Ils se liguent contre moi, c’est un vrai travail d’équipe : un fait distraction et un autre me saute dessus pour me retirer ce que j’ai dans les mains. Ou bien j’attends le soir quand ils viennent de se coucher (mais me bourrer de sucre avant d’aller me coucher, ce n’est pas très bon…).

♣ J’ai l’habitude de donner des surnoms débiles à mes enfants. Je vous épargne la liste, sinon vous enverriez quelqu’un pour me faire enfermer à l’asile!

♣ J’ai l’habitude de ne pas terminer mes phrases quand ils sont en train de faire des bêtises : « Alex, arrête! Alex, ne touche pas à… », « non mais ce n’est pas fini ces co*******…! », « laisse-ça tranqu****! ». Je saute de ma chaise, déboule en courant dans la pièce où ils sont avant de terminer ma phrase car je sais que la bêtise sera faite avant que je ne finisse ma phrase. Mes gestes sont dans ces cas-là plus efficaces que mes mots!

♣ J’ai l’habitude d’y penser à deux fois avant de faire / accepter une invitation : ça sera à quelle heure? Les enfants sont malades? Les enfants sont fatigués? Ca sera jusqu’à quelle heure? Je ne peux pas venir toute seule plutôt? Rhooo, on peut rêver quand même!

♣ J’ai l’habitude de faire bien trop de photos de mes enfants, que ce soit avec mon iphone ou avec notre reflex. La mémoire de mon iphone est presque tout le temps saturée et je ne fais pas assez le tri sur la carte mémoire de notre appareil photo. Quand je trouve enfin le temps de faire ce fameux tri, je pousse des « hiii » et des « aaaw » en voyant comme mes enfants ont grandi et changé depuis ces photos. La nostalgie est à son comble et finalement, je n’arrive pas à effacer autant de photos que je ne le devrais parce que « non mais regarde, elle est floue mais il sourit dessus! », « oooh, elle n’est pas centrée mais cette bouille! Elle est trop mignonne! ». No comment!

♣ J’ai l’habitude de rêver de passer du temps toute seule sans enfants, que ce soit une heure, une journée, une soirée, une nuit… Ou bien alors passer un moment en amoureux, là encore, sans enfants. Quand cela arrive, je n’ai qu’une hâte, les retrouver car ils me manquent tellement!

Allez, dites-moi ce que j’ai oublié que je rigole un peu! Bon weekend!

Baby Alexander·Baby Valentina·La vida de Lindanita·My lovely series·Positive attitude

Ces petits bonheurs qui rendent la vie meilleure #19

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Pour bien commencer l’année, je me devais de faire un de ces articles qui me plaît tant. Pour voir le côté positif du quotidien, il faut profiter de tous ces petits bonheurs qui rendent la vie meilleure. Voici les miens!

♣ Recevoir ma meilleure amie à la maison entre Noël et le premier de l’an (nous ne nous étions pas vues depuis août 2015 tout de même!).

♣ Faire des snickerdoodles pour les éducatrices des enfants afin de leur donner avant les vacances de Noël. C’était un cadeau commun avec les autres parents. Des jarres en verre ont été achetées et nous avons mis mes biscuits à l’intérieur. Selon la maman qui a remis les jarres, les éducatrices étaient très contentes et l’une d’elles a dit : « oh, mais ce sont les petits biscuits de madame A.! On les adore! ». En même temps, j’en fait à chaque fois qu’il y a un événement au jardin d’enfants (j’avoue, j’étais fière de moi quand j’ai lu ça dans le groupe whatsapp de la classe de Valentina! Hashtag la modernitay).

♣ Aller chez le dentiste faire soigner mes dernières caries causées par mes grossesses. J’en avais huit tout de même! C’était un moment sans enfants, presque au calme (si on oublie le bruit de la roulette) et je n’ai enfin plus mal quand je mange un peu de glace accompagnée d’un café (en plus, ma dentiste est géniale, je les adore elle et ses blagues!).

♣ Avoir entre les mains mon ticket pour aller voir Ed Sheeran en concert en Allemagne au mois de juillet. The Husband me l’a offert pour mon anniversaire après avoir écumé ebay et compagnie. J’y vais seule car il doit s’occuper des enfants mais… Ed Sheeran quoi (il pourrait me chanter l’annuaire que je serais toujours amoureuse de lui. Chut, ne le dites pas à the Husband, il va être jaloux!)!

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♣ La neige qui tombe à gros flocons et qui tient juste le temps qu’il faut pour que les enfants fassent un bonhomme de neige sur la terrasse avec the Husband (je suis restée à l’intérieur avec Tobias moi. Il fallait bien que quelqu’un fasse le ménage! Et puis je les espionnais par la fenêtre).

♣ Valentina est enfin passée dans un lit de grande, et attention, pas n’importe lequel! C’est celui que j’ai eu durant toute mon enfance. The Husband l’a totalement retapé, il est superbe et notre fille adore son nouveau lit (elle a arrêté la totote en plus par la même occasion).

♣ Une nouvelle plante a fait son entrée à la maison : une monstera! Depuis le temps que j’en voulais une. Ce qui nous a décidé? Un cache-pot soldé. Bah oui, vous comprenez, ça fait mal au portefeuille de voir que le pot est plus cher que la plante non (il est en raphia et met tellement bien la plante en valeur!)?

♣ Passer le cap des 32 ans sans problème. Cette nouvelle année me donne envie de renouveau, de faire de nouvelles choses, de changer en mieux tout simplement (je vous posterais un article là-dessus dans quelques semaines). On verra si j’arrive à m’y tenir (et on verra quand arrivera le cap des 35 ans, aïe!).

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♣ Binge watcher la série « the end of the fu***ing world » avec the Husband. Les acteurs sont fabuleux, ils sont fascinants, tout comme l’est la série (depuis, j’écoute la bo en boucle, en alternant avec Ed Sheeran hein huhu!).

♣ Acheter une plastifieuse pour faire des fiches de jeux pour les enfants et protéger leurs plus beaux dessins (comme ça, nous pourrons les regarder de nouveau sans les abîmer parce que Valentina a voulu plus d’une fois « arranger » les dessins d’Alexander…).

♣ Me coucher dans des draps propres après une douche brûlante (c’est plus qu’appréciable quand on a l’impression que les journées durent 48 heures!).

♣ Tobias a fait une nuit de dix heures! Non mais une nuit de dix heures d’affilées! Cela s’est reproduit une ou deux fois depuis et cela me donne espoir qu’il fasse ses nuits un jour (j’étais tellement en forme après une telle nuit que j’aurais pu soulever des montagnes!).

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♣ Les arbres de notre jardin commencent à bourgeonner (j’ai tellement hâte qu’ils fleurissent!).

♣ Dieu bénisse le jour où j’ai décidé de payer un forfait mensuel pour stocker les photos de mon iphone sur mon cloud : mon téléphone est tombé dimanche dernier dans les toilettes et après s’être rallumé après deux jours passé dans du riz, il est inutilisable (écran à moitié noir, il se se charge plus et je ne peux même plus le déverrouiller…). Tristesse et désarrois me direz-vous? Pas tant que ça car je n’ai perdu aucune photo (et je découvre que je peux les trier depuis l’ordinateur… Je suis joie et je passe mon temps à faire des « awww » devant les photos des enfants)!

♣ Faire découvrir l’univers d’Harry Potter à Alexander. Il est aussi fan que moi et me demande souvent les livres en version illustrée (bon, son héros c’est Hagrid parce que sa moto elle vole vous voyez!).

♣ Les sourires de mes trois enfants quand je vais les chercher le matin dans leurs lits (je fonds totalement devant leurs petits minois quand je les vois à peine réveillés et encore tous chauds de la nuit qu’ils viennent de passer).

Et vous alors, quels sont vos petits bonheurs qui rendent la vie meilleure?

Baby Alexander·Baby Valentina·Découvrez le Chili avec moi·La vida de Lindanita

Notre esprit de Noël

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Ca y est, dans moins d’un mois, c’est Noël! Selon ce que j’ai lu ici et là sur les réseaux sociaux, vous êtes plus d’un(e) à avoir commencé vos achats de cadeaux et d’autres ont déjà tout trouvé, tout emballé et tout caché dans un endroit top secret chez eux, encore mieux que les petits elfes du père Noël. Les sapins ont aussi fait leur grande entrée dans les chaumières, pour le plus grand bonheur des petits (et grands) enfants.

En parlant du père Noël, il y a une question qui me trotte dans la tête (et que j’ai posée la semaine dernière sur instagram) : est-ce que vos enfants croient au père Noël?

Chez nous, c’est un peu compliqué. Notre petit garçon, Alexander est né un 25 décembre. Oui, un petit Jésus dans la crèche (à force d’entendre cette réflexion, je préfère en rire)! Il a le droit au maxi best of Noël / anniversaire (en vrai, c’est un cadeau en plus, tout simplement). Qui dit donc anniversaire d’un enfant un 25 décembre, dit le Noël de toute la famille teinté de bougies sur un gâteau et un « happy birthday to you » à entonner. Alexander ne nous a jamais questionné sur le père Noël, Valentina non plus. Nous ne les avons jamais entendu parler du « papa Noël » entre eux d’ailleurs. Ils savent, par contre, que Saint Nicolas viendra les voir au jardin d’enfants début décembre et remplira leurs chaussettes de gourmandises. C’est quelque chose qui se répète pour la troisième fois cette année pour Alexander et il en parle souvent à sa soeur en ce moment vu que, cette année, elle a aussi accroché une chaussette dans sa classe. Quand, le dimanche matin, nous épluchons en famille les publicités que nous avons reçu dans notre boîte aux lettres durant toute la semaine, les enfants ne nous disent pas qu’ils veulent rajouter tel ou tel jouet (ou gadget) sur leurs listes au barbu. Pourquoi? Parce qu’ils ne font pas de listes justement. Non non, nous ne leur interdisons pas d’en faire, pas du tout, c’est juste qu’ils n’en éprouvent pas le besoin, et en plus, si quelque chose leur plaît, ils font les yeux doux à leur père pour l’avoir (les coquins!). Alors on garde en mémoire toutes leurs remarques (et oeillades) dans un coin de notre tête et c’est nous qui faisons cette liste de cadeaux qu’ils trouveront sous le sapin le 25 décembre au matin.

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Sur cette liste, nous notons aussi le pour et le contre des choses qui leur ont fait envie ces derniers mois. Une poupée dont Valentina est tombée sous le charme dans un magasin, une figurine star wars qu’Alexander a vu dans les mains d’un de ses camarades du jardin d’enfants un vendredi lors du « jour du jouet » (j’en parlais ici si cela vous intéresse). Est-ce qu’ils nous ont reparlé plus de trois fois de cette envie? Non? On laisse tout de même l’option sur la liste mais avec une croix rouge à côté (au cas ou elle reviendrait sans crier gare).

Et puis, il y a aussi ces cadeaux que nous faisons, un peu plus gros, un peu plus grands mais qui seront des cadeaux pour tous les enfants de la maisonnée. L’année dernière, Valentina a commencé à recevoir des accessoires de dînette, Alexander aussi. Avant, ils aimaient déjà y jouer en utilisant de vraies assiettes et de vrais couverts qu’ils allaient chiper dans la cuisine. Cela a été le meilleur cadeau qu’ils ont reçu en 2016 selon nous car ils ne passent pas une semaine sans se créer des histoires autour de leur machine à café ou bien en essayant de faire des sandwichs de toutes sortes. C’est pourquoi cette année, nous avons investi dans la cuisine avec le four, les plaques chauffantes et le lavabo. J’ai hâte de voir leur réaction! Et puis il y aura aussi le vélo « de grand » pour Alexander, le bleu, celui qu’il veut depuis cet été et qui a été acheté bien en avance pour avoir le plus beau. Pour ce qui est de Tobias, je pense que nous nous tournerons vers des vêtements car il joue déjà avec tous les jouets que son frère et sa soeur avaient à son âge. Ce serait vraiment consommer pour consommer. L’amour que nous portons à nos enfants ne se compte pas au nombre de cadeaux qu’ils auront pour Noël mais au temps et à l’attention que nous leur donnons tout au long de l’année.

C’est la même chose entre the Husband et moi. Les mois avant Noël, nous nous disons mutuellement ce qui pourrait nous manquer ou ce qui pourrait nous faire plaisir comme cadeau. The Husband s’amuse à me dire : « ça, ça serait un cadeau que le père Noël pourrait m’apporter! ». Quelquefois, une surprise arrive avant Noël, juste parce que nous avons envie!

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Je ne veux pas insister auprès de mes enfants pour qu’ils croient dur comme fer que le père Noël existe. Parce que je ne veux pas qu’ils souffrent ou se sentent trahis lorsqu’ils apprendront que ce n’est pas vrai, ce qui influencera certainement sur la relation de confiance qui existe entre nous.

Et puis je me souviendrais toujours de la façon dont moi, je l’ai appris : mes parents avaient décidé que la coutume était que mon père place les cadeaux sous le sapin pendant que ma mère et moi étions à la messe de minuit. A notre retour à la maison, cri de joie et émerveillement : le père Noël était passé! L’année de mes six ans, quand nous sommes rentrées à la maison, il y avait au pied du sapin, trois sacs plastiques avec les cadeaux à l’intérieur, avec nos prénoms inscrits dessus et mon père ronflait sur le canapé. Déjà, trouver les cadeaux comme ça a été déstabilisant pour moi, mais surtout, ce qui m’a choquée, c’est que les prénoms étaient écrits de la main de ma mère. Tout était clair, le père Noël n’existe pas, ce n’était qu’un mensonge de mes parents qui utilisaient quelquefois le chantage « sois gentille où le père Noël ne t’apportera pas de cadeaux » pour avoir une petite fille obéissante. Je me suis sentie tellement triste à ce moment-là. J’ai encore les images de cette scène bien en tête, 25 ans après.

L’esprit de Noël, ce n’est pas ça, ce n’est pas une avalanche de cadeaux, ce n’est pas le père Noël qui arrive sur son traîneau guidé par le nez rouge de Rudolphe dans la nuit étoilée.

L’esprit de Noël que nous aimerions inculquer à nos enfants, c’est surtout le fait de se retrouver en famille pendant les vacances, passer du temps ensemble sans se prendre la tête. Pourquoi ne resterions-nous pas toute la journée en pyjama à inventer des histoires avec des playmobils? Pourquoi ne pas faire des petits biscuits le matin, les dévorer avant midi et faire un gâteau l’après-midi? Allumer les bougies de la couronne de l’avent, préparer du pop-corn et mettre un dessin animé que nous connaissons par coeur à la télé. Et puis aussi, aller voir les vitrines de Noël en ville, sillonner les allées du marché de Noël, faire un tour de manège… Plutôt que d’accumuler des choses, nous essayons d’accumuler le plus de moments heureux ensemble.

Et puis leur apprendre à aimer donner comme ils aiment recevoir. Lorsque nous vivions encore au Chili et sans enfants, the Husband m’a montré ce qui se faisait dans sa ville au moment de Noël. La poste interceptait le courrier que des familles avaient envoyé au père Noël. Dans ces lettres, le plus souvent, il y avait des messages d’enfants qui demandaient que le père Noël leur offre un joli Noël en leur amenant un sapin plein de guirlandes lumineuses, un cadeau pour le petit frère qui attendait avec impatience l’arrivée du barbu ou même encore des parents qui demandaient de l’aide pour avoir de quoi manger pour les fêtes. Ca m’a brisé le coeur. Ma belle-mère avait choisi une lettre qui avait une adresse au dos. Nous leur avons préparé plein de petits gâteaux, une belle dinde a été mise au four aussi, avec des pommes de terre vapeur et une sauce pour les accompagner. Mon beau-père leur avait préparé une bouteille de cola de mono (une boisson à base de lait, du cognac et d’épices de Noël qui se consomme pendant les fêtes de fin d’année). Ils ont mis tout ça dans un grand panier, ont rajouté des cotillons et des ballons et nous l’avons emmené personnellement à l’adresse qui était sur l’enveloppe. Ce fut un tel moment d’émotion tant pour eux que pour nous! Cette famille nous a ouvert la porte de leur maison pour que l’on puisse partager avec eux un verre de cola de mono et des petits biscuits. Les enfants étaient tellement heureux qu’ils venaient s’asseoir sur nos genoux, nous faisaient des câlins et des bisous. Quel moment, vraiment!

C’est pour cela que cette année, j’ai envie de faire un calendrier de l’avent inversé avec les enfants (ils auront tout de même un calendrier de l’avent avec des chocolats!). Le concept est de prendre une boîte et de rajouter, à partir du premier décembre, un produit de première nécessité par jour. Cela peut être de la nourriture, des vêtements, des produits d’hygiène, mais aussi des livres ou des jouets. Le 25 décembre, il faut donner la boîte à une association et elle sera remise à une personne dans le besoin. Qui en fera un aussi cette année?

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Nous espérons que grâce à tout ça, nos enfants découvriront ce qu’est la magie de Noël : partager de beaux moments avec les personnes qui nous sont chères, se faire des surprises, plus ou moins grandes et puis surtout, être heureux.

Baby Alexander·Baby Valentina·Découvrez l'Allemagne avec moi·La vida de Lindanita·You are so beautiful

Sois belle et tais-toi

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Ma fille, Valentina, a fêté son anniversaire en début de mois. Son père l’a emmené chez la pédiatre pour un contrôle pour ses trois ans, comme il est coutume de le faire ici. Je n’ai pas pu m’y rendre personnellement vu que les salles d’attente des médecins en cette période de l’année sont pleines de virus. Je ne peux pas me permettre de tomber malade vu que j’allaite encore et mes nuits sont entrecoupées par des réveils de Tobias depuis sa naissance (j’accumule la fatigue en somme).

Quand ils sont rentrés de ce rendez-vous, j’ai demandé à the Husband de me faire un compte-rendu de ce qui avait été dit et ce qui s’était passé. Je m’attendais à des phrases comme : « elle s’est butée, elle n’a pas voulu faire les exercices », « elle est en retard sur le langage mais c’est normal, c’est comme ça pour tous les enfants bilingues voire trilingues ». Mais quand il m’a dit : « la pédiatre a dit qu’elle était grosse et qu’il faudrait penser à lui faire faire un régime », mon sang n’a fait qu’un tour. Non, je n’ai pas bien entendu, ce n’est pas possible, pas cette pédiatre que je respectais tant, pas un régime, pas à trois ans, pas ma fille! Vous avez pu voir des photos de ma fille dans mon article de la semaine dernière (cliquez ici pour aller le lire), elle n’est pas grosse enfin! Et puis quand bien même elle serait « grosse » (que ce mot est moche!), ce n’est pas une façon de le dire. Et le coup du régime… A trois ans quoi. Trois ans! A cet âge, un enfant est en pleine transition. Son corps passe du grand bébé au petit enfant. Le petit bidon mignon est toujours là, les bonnes joues aussi. Il découvre le monde et les saveurs, son corps et ses envies. En plus avec trois enfants, je crois que je sais m’occuper comme il faut de ce qu’ils mangent. Finalement, j’ai moi-même été en surpoids (j’en parlais dans cet article) et j’en ai assez souffert pour essayer au mieux que mes enfants ne passent pas par là.

Après ce coup de sang et avoir enragé tout le reste de la journée à cause d’un membre du corps médical qui croyait avoir la science infuse (quoi je suis encore énervée?), j’ai pris le carnet de santé de mon aîné pour voir ses courbes taille/poids au même âge que sa soeur. Oh beh tiens, à 500 grammes près, c’était la même chose et la taille, c’était kiff-kiff. Je ne me souviens pas par contre avoir entendu que mon fils était gros, non! Lui, il était bien portant, c’était un beau grand bébé qui allait devenir un petit garçon grand et fort. Sur le moment, je n’avais pas relevé cette remarque, j’étais une maman de deux enfants, Alexander était mon premier enfant, il grandissait et Valentina était encore un bébé. J’étais presque fière qu’on me dise que mon fils était beau, grand et fort vous voyez. Je suis remontée comme un coucou suisse à présent. De quel droit le corps médical se permet de juger de la corpulence d’une petite fille de cette manière? Pourquoi autant de sexisme dès la petite enfance, et de la part des médecins qui plus est? Pourquoi permettre aux petits garçons d’être rondouillets et l’interdire aux petites filles? C’est pour qu’elles rentrent dans les pantalons slim qui sont au rayon fille des magasins? C’est pour qu’elles soient dans la norme? C’est parce que les hommes sont le sexe fort et « visuellement » parlant, les femmes doivent leur plaire?

Avant de rentrer au collège, notre médecin de famille a conseillé à ma mère de me faire faire un régime parce que j’étais, moi aussi, grosse. Bien sûr, ma mère a accepté et… ce fut une grave erreur! C’était un régime avec les mêmes menus toutes les semaines, des protéines en veux-tu, en voilà (je devais manger dix à douze blancs d’oeuf par semaine!), une salade verte avec du thon le mercredi midi… Au goûter, j’avais le droit à une pomme et un verre de lait coupé avec de l’eau (mais quelle horreur!). Bien sûr, c’était bien (pour le médecin et pour ma mère), je perdais du poids, j’allais être dans la norme avant de faire mon entrée en sixième. Le médecin n’a jamais eu l’idée de proposer un rééquilibrage alimentaire pour commencer. Non, directement le régime, c’est ce qu’il y a de mieux madame! Et puis, je l’ai faite cette rentée au collège. Ma mère avait eu la charmante idée de choisir de me faire porter un fuseau (l’ancien petit nom du legging) fleuri. J’étais encore un peu enrobée et en ce jour de rentrée, en dix minutes, j’avais été étiquetée pour toute ma scolarité au collège : la rondelette qui s’habillait mal. Et puis j’allais manger à la cantine, plus à la maison avec ce régime protéiné. En bonus, ma meilleure amie à l’école et qui allait être dans le même collège que moi avait décidé de m’abandonner, faire comme si je n’existais plus pour elle. Vous pensez bien, elle n’allait pas s’afficher avec la grosse en legging! La rechute après ce régime a été difficile : moqueries et acharnement au collège plus la cantine (qui était un self-service), cela a été le combo parfait pour reprendre tout le poids que j’avais perdu et voir disparaître le peu de confiance en moi qui me restait. Avec mon passé, je sais que faire un régime n’est pas bon, surtout pour un enfant en pleine croissance. Plus de quinze ans après, j’en garde des séquelles, moralement parlant. Ce régime m’avait été imposé du jour au lendemain, et au final, il avait été inutile.

Et puis, en devenant « grosse » à nouveau, j’ai dû subir les quolibets des garçons de ma classe et de la cour de récréation : « oh la grosse, tu ne veux pas faire mes devoirs? », un pincement de fesses (on peut tout se permettre avec une grosse enfin, elle devrait être flattée qu’on la touche!) et une phrase que j’ai souvent entendu « bouge de là la grosse, tu prends toute la place! », « de toute façon, personne ne l’aime la grosse. Elle est moche et personne ne voudra d’elle » (entendu dans les couloirs du collège) et j’en passe et des meilleurs. Tout ce dont on a besoin pour grandir dans la joie et la bonne humeur. Du coup, j’ai commencé à manger plus, à grossir un peu plus chaque jour et à me sentir définitivement mal dans ma peau. Je vous passe le reste de ma scolarité où c’est pratiquement resté la même chose (sinon, vous ne lirez pas l’article jusqu’au bout).

En tout cas, je sais que je n’accepterais pas que ma fille (ou mes fils, car oui, les filles n’ont pas le monopole du mal-être) passe par là. Alors si elle se sent mal dans sa peau à cause de remarques de médecins, de camarades de classe ou tout simplement parce ce que l’image que lui renvoie le miroir ne lui plaît pas, je serais là pour l’aider à aller de l’avant et lui expliquer qu’un régime (ou se faire vomir, ou ne plus manger) n’est pas le plus adapté pour elle. Premièrement, il faut comprendre la cause de cet embonpoint et trouver les solutions pour y remédier, dans cet ordre, pas l’inverse.

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Et maintenant que je suis lancée dans cet article, on en parle de la sexualisation des petites filles qui commence bien trop tôt? En grande fan de la série « stranger things », dès que je tombais sur un article qui parlait de la série sur les réseaux sociaux, je m’empressais de le lire, avide de détails que je n’aurais pas su voir lors du visionnage de la saison deux. Je suis tombée sur un article du « w magazine » (cliquez ici pour le lire) qui faisait entrer Millie Bobby Brown (Eleven) dans la liste des personnalités qui prouvent que la télé n’a jamais été aussi sexy. De façon la plus normale qui soit, le magazine inclut une petite fille qui rentre dans l’adolescence parmi des adultes, le tout en les décrivant de sexy. How sick is that seriously? Non mais on n’utilise pas le terme sexy pour une fille de 13 ans! C’est malsain, dégoûtant, répugnant! Apparemment c’est la « grande mode » à Hollywood en ce moment d’hypersexualiser les jeunes actrices. Mais pourquoi? Il ne faut pas être sain(e) d’esprit pour trouver une actrice de dix/douze ans sexy parce qu’un photographe lui dit de prendre une pose lascive durant une séance photo afin de faire le buzz avec la couverture du dernier magazine à la mode ou encore parce que le (ou la) maquilleur(se) s’est un peu trop lâché(e) sur le maquillage la faisant paraître bien plus vieille qu’elle ne l’est. Je dois dire que plus j’en lis sur le sujet et plus je suis révoltée.

Ca me rappelle des commentaires que j’avais reçus et qui m’avaient marquée quand j’étais plus petite, plus jeune et qui aujourd’hui font écho à ce que je viens d’écrire. Une amie de mes parents m’avait dit le plus naturellement du monde : « Linda, avec ton jeans là, on voit la marque de ta culotte. Tu devrais mettre un string, c’est plus beau! ». J’avais 12 ans. Encore dans le cercle d’amis de mes parents, un été, il faisait chaud, j’étais en débardeur mais en jeans car je n’assumais pas d’être en jupe, un homme : « ça te va drôlement bien ce petit débardeur là! Tu fais plus femme, j’aime bien. Tu devrais penser aux jupes aussi, ça serait bien » avec une main qui caresse mon épaule, un sourire entendu et un clin d’oeil en prime. J’avais 14 ans et j’ai eu l’impression d’être « sale » pendant des jours.

Pour finir cet article (plus féministe que je ne l’avais pensé en le commençant), la charge mentale et le harcèlement de rue, cela vous dit quelque chose?

Je suis mère au foyer, de trois enfants en bas âge qui plus est. Donc bon, l’ordre à la maison et l’éducation des enfants dans la journée jusqu’au retour de the Husband, c’est sur moi que ça tombe. Bah oui, c’est comme ça vu que nous vivons en Allemagne et que nous n’avons aucune famille autour de nous. Pas de vacances ou d’après-midis chez papy et mamie. Non, je ne me plains pas, j’ai choisi d’être mère au foyer avec tous les avantages et tous les inconvénients que ce choix entraîne. C’est juste un coup de main à prendre, des habitudes à trouver et tout roule sur des roulettes. Il y a des jours avec. Il y a des jours sans, surtout quand la fatigue s’invite à cause de plusieurs nuits blanches à la suite. Note de rappel, je suis mariée à un Chilien donc à la maison nous parlons espagnol et  vivant en Allemagne, nous parlons allemand à l’extérieur. Au début, c’est une sacrée gymnastique mentale! Par exemple, l’éducatrice de ma fille me dit, en allemand, qu’il y a une réunion tel jour sur tel sujet, à telle heure. Je dois être sûre d’avoir bien compris tout ce qui m’a été dit, l’assimiler dans ma tête en français pour en discuter ensuite en espagnol avec the Husband. Je prépare les manteaux, les chaussures, les sacs à dos et la table du petit-déjeuner la veille pour gagner du temps le matin avant de partir au jardin d’enfants. J’aime que mon évier soit vide et propre avant d’aller me coucher, que les coussins du canapé soient rangés aussi. La nuit, Tobias se réveille pour une tétée nocturne, j’en profite pour aller voir mes deux aînés dans leurs chambres pour m’assurer qu’ils soient bien au chaud dans leurs lits. Et j’aurais encore plein d’autres exemples à vous donner, mais je crois que vous avez compris comment ça fonctionne chez nous. Non, je ne critique pas du tout the Husband, il en fait énormément à la maison. Il va faire les courses avec un ou deux enfants pour me laisser souffler, il fait tous les travaux à la maison, il nous cuisine régulièrement de bons petits plats, il s’occupe du coucher des aînés pendant que j’allaite Tobias, il fait même du repassage et les vitres! Pourquoi je vous dis tout ça? Eh bien parce que j’ai reçu un commentaire l’autre jour sous une de mes photos instagram qui m’a fait bouillir : « Whaaahhh le stress !!!!! Heureusement que tu ne travailles pas! Ca ferait beaucoup trop ». Cet homme (parce que c’était un homme, il est important de le signaler) disait clairement que parce que j’étais sans emploi (être mère au foyer n’est pas considéré comme tel pour lui apparemment), je ne pouvais pas être stressée sous-entendant sûrement que je n’en foutais pas une vu que je restais chez moi. Are you serious? Bien sûr que si voyons! Je suis toujours sur le qui-vive afin d’éviter un grain de sable ne vienne enrayer notre quotidien réglé comme du papier à musique. Il y a encore du chemin à parcourir pour que l’on arrive à une égalité des sexes pour certains.

Pour terminer cet article, je vous parlerais de mon expérience face au harcèlement de rue. Ici en Allemagne, la parité homme/femme est plus perceptible. Depuis mon arrivée en Allemagne, je n’ai jamais reçu de commentaires salaces de la part d’hommes dans la rue, que je sois seule, avec une amie ou bien accompagnée de mes enfants. Pas de « hey mademoiselle, t’es charmante. Ca te dirait une glace à la menthe? » (pour rester dans la sobriété). Beaucoup de femmes se considèrent comme le sexe fort ici. Ca se voit, ça se sent. J’ai même pu observer plus d’une fois des groupes de filles/femmes donner explicitement leur point de vue sur le fessier d’un homme qu’elles venaient de croiser dans la rue sans s’en cacher ou baisser le ton. Moi-même, je ne le ferais pas car « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » est une règle d’or à mes yeux. Je me trouve chanceuse de vivre ici pour ne pas avoir à apporter mon tweet à l’édifice du hashtag « balance ton porc », hashtag que je vois apparaître bien trop souvent sur les réseaux sociaux en ce moment.

Et vous, dites-moi un peu, les médecins vous ont déjà fait des remarques déplacées sur vos filles? Pensez-vous que j’ai raison d’être énervée? Vous étiez au courant de l’hypersexualistation qui sévit à Hollywood? Qu’en est-il de la charge mentale dans votre foyer? Le harcèlement de rue, y avez-vous été confronté(e)s?