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Notre esprit de Noël

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Ca y est, dans moins d’un mois, c’est Noël! Selon ce que j’ai lu ici et là sur les réseaux sociaux, vous êtes plus d’un(e) à avoir commencé vos achats de cadeaux et d’autres ont déjà tout trouvé, tout emballé et tout caché dans un endroit top secret chez eux, encore mieux que les petits elfes du père Noël. Les sapins ont aussi fait leur grande entrée dans les chaumières, pour le plus grand bonheur des petits (et grands) enfants.

En parlant du père Noël, il y a une question qui me trotte dans la tête (et que j’ai posée la semaine dernière sur instagram) : est-ce que vos enfants croient au père Noël?

Chez nous, c’est un peu compliqué. Notre petit garçon, Alexander est né un 25 décembre. Oui, un petit Jésus dans la crèche (à force d’entendre cette réflexion, je préfère en rire)! Il a le droit au maxi best of Noël / anniversaire (en vrai, c’est un cadeau en plus, tout simplement). Qui dit donc anniversaire d’un enfant un 25 décembre, dit le Noël de toute la famille teinté de bougies sur un gâteau et un « happy birthday to you » à entonner. Alexander ne nous a jamais questionné sur le père Noël, Valentina non plus. Nous ne les avons jamais entendu parler du « papa Noël » entre eux d’ailleurs. Ils savent, par contre, que Saint Nicolas viendra les voir au jardin d’enfants début décembre et remplira leurs chaussettes de gourmandises. C’est quelque chose qui se répète pour la troisième fois cette année pour Alexander et il en parle souvent à sa soeur en ce moment vu que, cette année, elle a aussi accroché une chaussette dans sa classe. Quand, le dimanche matin, nous épluchons en famille les publicités que nous avons reçu dans notre boîte aux lettres durant toute la semaine, les enfants ne nous disent pas qu’ils veulent rajouter tel ou tel jouet (ou gadget) sur leurs listes au barbu. Pourquoi? Parce qu’ils ne font pas de listes justement. Non non, nous ne leur interdisons pas d’en faire, pas du tout, c’est juste qu’ils n’en éprouvent pas le besoin, et en plus, si quelque chose leur plaît, ils font les yeux doux à leur père pour l’avoir (les coquins!). Alors on garde en mémoire toutes leurs remarques (et oeillades) dans un coin de notre tête et c’est nous qui faisons cette liste de cadeaux qu’ils trouveront sous le sapin le 25 décembre au matin.

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Sur cette liste, nous notons aussi le pour et le contre des choses qui leur ont fait envie ces derniers mois. Une poupée dont Valentina est tombée sous le charme dans un magasin, une figurine star wars qu’Alexander a vu dans les mains d’un de ses camarades du jardin d’enfants un vendredi lors du « jour du jouet » (j’en parlais ici si cela vous intéresse). Est-ce qu’ils nous ont reparlé plus de trois fois de cette envie? Non? On laisse tout de même l’option sur la liste mais avec une croix rouge à côté (au cas ou elle reviendrait sans crier gare).

Et puis, il y a aussi ces cadeaux que nous faisons, un peu plus gros, un peu plus grands mais qui seront des cadeaux pour tous les enfants de la maisonnée. L’année dernière, Valentina a commencé à recevoir des accessoires de dînette, Alexander aussi. Avant, ils aimaient déjà y jouer en utilisant de vraies assiettes et de vrais couverts qu’ils allaient chiper dans la cuisine. Cela a été le meilleur cadeau qu’ils ont reçu en 2016 selon nous car ils ne passent pas une semaine sans se créer des histoires autour de leur machine à café ou bien en essayant de faire des sandwichs de toutes sortes. C’est pourquoi cette année, nous avons investi dans la cuisine avec le four, les plaques chauffantes et le lavabo. J’ai hâte de voir leur réaction! Et puis il y aura aussi le vélo « de grand » pour Alexander, le bleu, celui qu’il veut depuis cet été et qui a été acheté bien en avance pour avoir le plus beau. Pour ce qui est de Tobias, je pense que nous nous tournerons vers des vêtements car il joue déjà avec tous les jouets que son frère et sa soeur avaient à son âge. Ce serait vraiment consommer pour consommer. L’amour que nous portons à nos enfants ne se compte pas au nombre de cadeaux qu’ils auront pour Noël mais au temps et à l’attention que nous leur donnons tout au long de l’année.

C’est la même chose entre the Husband et moi. Les mois avant Noël, nous nous disons mutuellement ce qui pourrait nous manquer ou ce qui pourrait nous faire plaisir comme cadeau. The Husband s’amuse à me dire : « ça, ça serait un cadeau que le père Noël pourrait m’apporter! ». Quelquefois, une surprise arrive avant Noël, juste parce que nous avons envie!

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Je ne veux pas insister auprès de mes enfants pour qu’ils croient dur comme fer que le père Noël existe. Parce que je ne veux pas qu’ils souffrent ou se sentent trahis lorsqu’ils apprendront que ce n’est pas vrai, ce qui influencera certainement sur la relation de confiance qui existe entre nous.

Et puis je me souviendrais toujours de la façon dont moi, je l’ai appris : mes parents avaient décidé que la coutume était que mon père place les cadeaux sous le sapin pendant que ma mère et moi étions à la messe de minuit. A notre retour à la maison, cri de joie et émerveillement : le père Noël était passé! L’année de mes six ans, quand nous sommes rentrées à la maison, il y avait au pied du sapin, trois sacs plastiques avec les cadeaux à l’intérieur, avec nos prénoms inscrits dessus et mon père ronflait sur le canapé. Déjà, trouver les cadeaux comme ça a été déstabilisant pour moi, mais surtout, ce qui m’a choquée, c’est que les prénoms étaient écrits de la main de ma mère. Tout était clair, le père Noël n’existe pas, ce n’était qu’un mensonge de mes parents qui utilisaient quelquefois le chantage « sois gentille où le père Noël ne t’apportera pas de cadeaux » pour avoir une petite fille obéissante. Je me suis sentie tellement triste à ce moment-là. J’ai encore les images de cette scène bien en tête, 25 ans après.

L’esprit de Noël, ce n’est pas ça, ce n’est pas une avalanche de cadeaux, ce n’est pas le père Noël qui arrive sur son traîneau guidé par le nez rouge de Rudolphe dans la nuit étoilée.

L’esprit de Noël que nous aimerions inculquer à nos enfants, c’est surtout le fait de se retrouver en famille pendant les vacances, passer du temps ensemble sans se prendre la tête. Pourquoi ne resterions-nous pas toute la journée en pyjama à inventer des histoires avec des playmobils? Pourquoi ne pas faire des petits biscuits le matin, les dévorer avant midi et faire un gâteau l’après-midi? Allumer les bougies de la couronne de l’avent, préparer du pop-corn et mettre un dessin animé que nous connaissons par coeur à la télé. Et puis aussi, aller voir les vitrines de Noël en ville, sillonner les allées du marché de Noël, faire un tour de manège… Plutôt que d’accumuler des choses, nous essayons d’accumuler le plus de moments heureux ensemble.

Et puis leur apprendre à aimer donner comme ils aiment recevoir. Lorsque nous vivions encore au Chili et sans enfants, the Husband m’a montré ce qui se faisait dans sa ville au moment de Noël. La poste interceptait le courrier que des familles avaient envoyé au père Noël. Dans ces lettres, le plus souvent, il y avait des messages d’enfants qui demandaient que le père Noël leur offre un joli Noël en leur amenant un sapin plein de guirlandes lumineuses, un cadeau pour le petit frère qui attendait avec impatience l’arrivée du barbu ou même encore des parents qui demandaient de l’aide pour avoir de quoi manger pour les fêtes. Ca m’a brisé le coeur. Ma belle-mère avait choisi une lettre qui avait une adresse au dos. Nous leur avons préparé plein de petits gâteaux, une belle dinde a été mise au four aussi, avec des pommes de terre vapeur et une sauce pour les accompagner. Mon beau-père leur avait préparé une bouteille de cola de mono (une boisson à base de lait, du cognac et d’épices de Noël qui se consomme pendant les fêtes de fin d’année). Ils ont mis tout ça dans un grand panier, ont rajouté des cotillons et des ballons et nous l’avons emmené personnellement à l’adresse qui était sur l’enveloppe. Ce fut un tel moment d’émotion tant pour eux que pour nous! Cette famille nous a ouvert la porte de leur maison pour que l’on puisse partager avec eux un verre de cola de mono et des petits biscuits. Les enfants étaient tellement heureux qu’ils venaient s’asseoir sur nos genoux, nous faisaient des câlins et des bisous. Quel moment, vraiment!

C’est pour cela que cette année, j’ai envie de faire un calendrier de l’avent inversé avec les enfants (ils auront tout de même un calendrier de l’avent avec des chocolats!). Le concept est de prendre une boîte et de rajouter, à partir du premier décembre, un produit de première nécessité par jour. Cela peut être de la nourriture, des vêtements, des produits d’hygiène, mais aussi des livres ou des jouets. Le 25 décembre, il faut donner la boîte à une association et elle sera remise à une personne dans le besoin. Qui en fera un aussi cette année?

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Nous espérons que grâce à tout ça, nos enfants découvriront ce qu’est la magie de Noël : partager de beaux moments avec les personnes qui nous sont chères, se faire des surprises, plus ou moins grandes et puis surtout, être heureux.

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Sois belle et tais-toi

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Ma fille, Valentina, a fêté son anniversaire en début de mois. Son père l’a emmené chez la pédiatre pour un contrôle pour ses trois ans, comme il est coutume de le faire ici. Je n’ai pas pu m’y rendre personnellement vu que les salles d’attente des médecins en cette période de l’année sont pleines de virus. Je ne peux pas me permettre de tomber malade vu que j’allaite encore et mes nuits sont entrecoupées par des réveils de Tobias depuis sa naissance (j’accumule la fatigue en somme).

Quand ils sont rentrés de ce rendez-vous, j’ai demandé à the Husband de me faire un compte-rendu de ce qui avait été dit et ce qui s’était passé. Je m’attendais à des phrases comme : « elle s’est butée, elle n’a pas voulu faire les exercices », « elle est en retard sur le langage mais c’est normal, c’est comme ça pour tous les enfants bilingues voire trilingues ». Mais quand il m’a dit : « la pédiatre a dit qu’elle était grosse et qu’il faudrait penser à lui faire faire un régime », mon sang n’a fait qu’un tour. Non, je n’ai pas bien entendu, ce n’est pas possible, pas cette pédiatre que je respectais tant, pas un régime, pas à trois ans, pas ma fille! Vous avez pu voir des photos de ma fille dans mon article de la semaine dernière (cliquez ici pour aller le lire), elle n’est pas grosse enfin! Et puis quand bien même elle serait « grosse » (que ce mot est moche!), ce n’est pas une façon de le dire. Et le coup du régime… A trois ans quoi. Trois ans! A cet âge, un enfant est en pleine transition. Son corps passe du grand bébé au petit enfant. Le petit bidon mignon est toujours là, les bonnes joues aussi. Il découvre le monde et les saveurs, son corps et ses envies. En plus avec trois enfants, je crois que je sais m’occuper comme il faut de ce qu’ils mangent. Finalement, j’ai moi-même été en surpoids (j’en parlais dans cet article) et j’en ai assez souffert pour essayer au mieux que mes enfants ne passent pas par là.

Après ce coup de sang et avoir enragé tout le reste de la journée à cause d’un membre du corps médical qui croyait avoir la science infuse (quoi je suis encore énervée?), j’ai pris le carnet de santé de mon aîné pour voir ses courbes taille/poids au même âge que sa soeur. Oh beh tiens, à 500 grammes près, c’était la même chose et la taille, c’était kiff-kiff. Je ne me souviens pas par contre avoir entendu que mon fils était gros, non! Lui, il était bien portant, c’était un beau grand bébé qui allait devenir un petit garçon grand et fort. Sur le moment, je n’avais pas relevé cette remarque, j’étais une maman de deux enfants, Alexander était mon premier enfant, il grandissait et Valentina était encore un bébé. J’étais presque fière qu’on me dise que mon fils était beau, grand et fort vous voyez. Je suis remontée comme un coucou suisse à présent. De quel droit le corps médical se permet de juger de la corpulence d’une petite fille de cette manière? Pourquoi autant de sexisme dès la petite enfance, et de la part des médecins qui plus est? Pourquoi permettre aux petits garçons d’être rondouillets et l’interdire aux petites filles? C’est pour qu’elles rentrent dans les pantalons slim qui sont au rayon fille des magasins? C’est pour qu’elles soient dans la norme? C’est parce que les hommes sont le sexe fort et « visuellement » parlant, les femmes doivent leur plaire?

Avant de rentrer au collège, notre médecin de famille a conseillé à ma mère de me faire faire un régime parce que j’étais, moi aussi, grosse. Bien sûr, ma mère a accepté et… ce fut une grave erreur! C’était un régime avec les mêmes menus toutes les semaines, des protéines en veux-tu, en voilà (je devais manger dix à douze blancs d’oeuf par semaine!), une salade verte avec du thon le mercredi midi… Au goûter, j’avais le droit à une pomme et un verre de lait coupé avec de l’eau (mais quelle horreur!). Bien sûr, c’était bien (pour le médecin et pour ma mère), je perdais du poids, j’allais être dans la norme avant de faire mon entrée en sixième. Le médecin n’a jamais eu l’idée de proposer un rééquilibrage alimentaire pour commencer. Non, directement le régime, c’est ce qu’il y a de mieux madame! Et puis, je l’ai faite cette rentée au collège. Ma mère avait eu la charmante idée de choisir de me faire porter un fuseau (l’ancien petit nom du legging) fleuri. J’étais encore un peu enrobée et en ce jour de rentrée, en dix minutes, j’avais été étiquetée pour toute ma scolarité au collège : la rondelette qui s’habillait mal. Et puis j’allais manger à la cantine, plus à la maison avec ce régime protéiné. En bonus, ma meilleure amie à l’école et qui allait être dans le même collège que moi avait décidé de m’abandonner, faire comme si je n’existais plus pour elle. Vous pensez bien, elle n’allait pas s’afficher avec la grosse en legging! La rechute après ce régime a été difficile : moqueries et acharnement au collège plus la cantine (qui était un self-service), cela a été le combo parfait pour reprendre tout le poids que j’avais perdu et voir disparaître le peu de confiance en moi qui me restait. Avec mon passé, je sais que faire un régime n’est pas bon, surtout pour un enfant en pleine croissance. Plus de quinze ans après, j’en garde des séquelles, moralement parlant. Ce régime m’avait été imposé du jour au lendemain, et au final, il avait été inutile.

Et puis, en devenant « grosse » à nouveau, j’ai dû subir les quolibets des garçons de ma classe et de la cour de récréation : « oh la grosse, tu ne veux pas faire mes devoirs? », un pincement de fesses (on peut tout se permettre avec une grosse enfin, elle devrait être flattée qu’on la touche!) et une phrase que j’ai souvent entendu « bouge de là la grosse, tu prends toute la place! », « de toute façon, personne ne l’aime la grosse. Elle est moche et personne ne voudra d’elle » (entendu dans les couloirs du collège) et j’en passe et des meilleurs. Tout ce dont on a besoin pour grandir dans la joie et la bonne humeur. Du coup, j’ai commencé à manger plus, à grossir un peu plus chaque jour et à me sentir définitivement mal dans ma peau. Je vous passe le reste de ma scolarité où c’est pratiquement resté la même chose (sinon, vous ne lirez pas l’article jusqu’au bout).

En tout cas, je sais que je n’accepterais pas que ma fille (ou mes fils, car oui, les filles n’ont pas le monopole du mal-être) passe par là. Alors si elle se sent mal dans sa peau à cause de remarques de médecins, de camarades de classe ou tout simplement parce ce que l’image que lui renvoie le miroir ne lui plaît pas, je serais là pour l’aider à aller de l’avant et lui expliquer qu’un régime (ou se faire vomir, ou ne plus manger) n’est pas le plus adapté pour elle. Premièrement, il faut comprendre la cause de cet embonpoint et trouver les solutions pour y remédier, dans cet ordre, pas l’inverse.

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Et maintenant que je suis lancée dans cet article, on en parle de la sexualisation des petites filles qui commence bien trop tôt? En grande fan de la série « stranger things », dès que je tombais sur un article qui parlait de la série sur les réseaux sociaux, je m’empressais de le lire, avide de détails que je n’aurais pas su voir lors du visionnage de la saison deux. Je suis tombée sur un article du « w magazine » (cliquez ici pour le lire) qui faisait entrer Millie Bobby Brown (Eleven) dans la liste des personnalités qui prouvent que la télé n’a jamais été aussi sexy. De façon la plus normale qui soit, le magazine inclut une petite fille qui rentre dans l’adolescence parmi des adultes, le tout en les décrivant de sexy. How sick is that seriously? Non mais on n’utilise pas le terme sexy pour une fille de 13 ans! C’est malsain, dégoûtant, répugnant! Apparemment c’est la « grande mode » à Hollywood en ce moment d’hypersexualiser les jeunes actrices. Mais pourquoi? Il ne faut pas être sain(e) d’esprit pour trouver une actrice de dix/douze ans sexy parce qu’un photographe lui dit de prendre une pose lascive durant une séance photo afin de faire le buzz avec la couverture du dernier magazine à la mode ou encore parce que le (ou la) maquilleur(se) s’est un peu trop lâché(e) sur le maquillage la faisant paraître bien plus vieille qu’elle ne l’est. Je dois dire que plus j’en lis sur le sujet et plus je suis révoltée.

Ca me rappelle des commentaires que j’avais reçus et qui m’avaient marquée quand j’étais plus petite, plus jeune et qui aujourd’hui font écho à ce que je viens d’écrire. Une amie de mes parents m’avait dit le plus naturellement du monde : « Linda, avec ton jeans là, on voit la marque de ta culotte. Tu devrais mettre un string, c’est plus beau! ». J’avais 12 ans. Encore dans le cercle d’amis de mes parents, un été, il faisait chaud, j’étais en débardeur mais en jeans car je n’assumais pas d’être en jupe, un homme : « ça te va drôlement bien ce petit débardeur là! Tu fais plus femme, j’aime bien. Tu devrais penser aux jupes aussi, ça serait bien » avec une main qui caresse mon épaule, un sourire entendu et un clin d’oeil en prime. J’avais 14 ans et j’ai eu l’impression d’être « sale » pendant des jours.

Pour finir cet article (plus féministe que je ne l’avais pensé en le commençant), la charge mentale et le harcèlement de rue, cela vous dit quelque chose?

Je suis mère au foyer, de trois enfants en bas âge qui plus est. Donc bon, l’ordre à la maison et l’éducation des enfants dans la journée jusqu’au retour de the Husband, c’est sur moi que ça tombe. Bah oui, c’est comme ça vu que nous vivons en Allemagne et que nous n’avons aucune famille autour de nous. Pas de vacances ou d’après-midis chez papy et mamie. Non, je ne me plains pas, j’ai choisi d’être mère au foyer avec tous les avantages et tous les inconvénients que ce choix entraîne. C’est juste un coup de main à prendre, des habitudes à trouver et tout roule sur des roulettes. Il y a des jours avec. Il y a des jours sans, surtout quand la fatigue s’invite à cause de plusieurs nuits blanches à la suite. Note de rappel, je suis mariée à un Chilien donc à la maison nous parlons espagnol et  vivant en Allemagne, nous parlons allemand à l’extérieur. Au début, c’est une sacrée gymnastique mentale! Par exemple, l’éducatrice de ma fille me dit, en allemand, qu’il y a une réunion tel jour sur tel sujet, à telle heure. Je dois être sûre d’avoir bien compris tout ce qui m’a été dit, l’assimiler dans ma tête en français pour en discuter ensuite en espagnol avec the Husband. Je prépare les manteaux, les chaussures, les sacs à dos et la table du petit-déjeuner la veille pour gagner du temps le matin avant de partir au jardin d’enfants. J’aime que mon évier soit vide et propre avant d’aller me coucher, que les coussins du canapé soient rangés aussi. La nuit, Tobias se réveille pour une tétée nocturne, j’en profite pour aller voir mes deux aînés dans leurs chambres pour m’assurer qu’ils soient bien au chaud dans leurs lits. Et j’aurais encore plein d’autres exemples à vous donner, mais je crois que vous avez compris comment ça fonctionne chez nous. Non, je ne critique pas du tout the Husband, il en fait énormément à la maison. Il va faire les courses avec un ou deux enfants pour me laisser souffler, il fait tous les travaux à la maison, il nous cuisine régulièrement de bons petits plats, il s’occupe du coucher des aînés pendant que j’allaite Tobias, il fait même du repassage et les vitres! Pourquoi je vous dis tout ça? Eh bien parce que j’ai reçu un commentaire l’autre jour sous une de mes photos instagram qui m’a fait bouillir : « Whaaahhh le stress !!!!! Heureusement que tu ne travailles pas! Ca ferait beaucoup trop ». Cet homme (parce que c’était un homme, il est important de le signaler) disait clairement que parce que j’étais sans emploi (être mère au foyer n’est pas considéré comme tel pour lui apparemment), je ne pouvais pas être stressée sous-entendant sûrement que je n’en foutais pas une vu que je restais chez moi. Are you serious? Bien sûr que si voyons! Je suis toujours sur le qui-vive afin d’éviter un grain de sable ne vienne enrayer notre quotidien réglé comme du papier à musique. Il y a encore du chemin à parcourir pour que l’on arrive à une égalité des sexes pour certains.

Pour terminer cet article, je vous parlerais de mon expérience face au harcèlement de rue. Ici en Allemagne, la parité homme/femme est plus perceptible. Depuis mon arrivée en Allemagne, je n’ai jamais reçu de commentaires salaces de la part d’hommes dans la rue, que je sois seule, avec une amie ou bien accompagnée de mes enfants. Pas de « hey mademoiselle, t’es charmante. Ca te dirait une glace à la menthe? » (pour rester dans la sobriété). Beaucoup de femmes se considèrent comme le sexe fort ici. Ca se voit, ça se sent. J’ai même pu observer plus d’une fois des groupes de filles/femmes donner explicitement leur point de vue sur le fessier d’un homme qu’elles venaient de croiser dans la rue sans s’en cacher ou baisser le ton. Moi-même, je ne le ferais pas car « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » est une règle d’or à mes yeux. Je me trouve chanceuse de vivre ici pour ne pas avoir à apporter mon tweet à l’édifice du hashtag « balance ton porc », hashtag que je vois apparaître bien trop souvent sur les réseaux sociaux en ce moment.

Et vous, dites-moi un peu, les médecins vous ont déjà fait des remarques déplacées sur vos filles? Pensez-vous que j’ai raison d’être énervée? Vous étiez au courant de l’hypersexualistation qui sévit à Hollywood? Qu’en est-il de la charge mentale dans votre foyer? Le harcèlement de rue, y avez-vous été confronté(e)s?

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Ces erreurs que je ne ferais plus avec mes enfants

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Maintenant que j’ai trois enfants et que je regarde en arrière, je me rends compte qu’en tant que jeune (et un peu moins jeune) maman, j’ai fait des erreurs qui auraient pu être évitées avec l’expérience que j’ai acquis au fil des années. Je suis sûre que cela vous est arrivé à vous aussi, avouez!

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♣ Changer une couche sans être préparée

Je m’explique : ayant eu deux garçons, il m’est arrivé plus d’une fois d’être arrosée pendant un changement de couche. Depuis, quand je dois changer bébé, j’ai toujours un petit tipi à pipi pour me protéger d’un jet de pipi à portée de main et la couche propre que je vais lui mettre est déjà ouverte à côté de moi pour aller au plus vite. The Husband n’a toujours pas compris la technique vu qu’il a encore dû changer de tee-shirt hier huhu!

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♣ Les doucher ou baigner sans préparer leurs tenues avant

Je suis certaine que vous avez toutes et tous connu cette situation au moins une fois : convaincre vos enfants qu’il est temps d’aller au bain ou à la douche sans résistance. Ca y est, tout s’est bien passé et ils sont propres? Horreur et damnation, les vêtements propres sont dans leurs chambres mais vous êtes dans la salle de bain (qui accessoirement s’est transformée en piscine). Vous leur dites de rester où ils sont le temps d’aller leur chercher de quoi les habiller. Ils disent oui sur le coup et dès que vous avez le dos tourné, allez hop, vous allez devoir faire une course poursuite avec des petits culs nus dans toute la maison!

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♣ Allaiter et avoir mal lorsque j’allaite

Lorsque j’allaitais Alexander, les premiers jours ont été difficiles. Je ne savais pas comment le placer, s’il mangeait suffisamment ou comment le tenir pour qu’il fasse son rot. Les sages-femmes de l’hôpital dans lequel j’ai accouché m’avaient dit que c’était normal que ça fasse mal au début, les seins allaient s’habituer et au pire, il fallait mettre un peu de crème lanolin dessus, laisser sécher et tout rentrera dans l’ordre. Eh bien non mesdames, si cela fait mal, ce n’est pas normal! J’ai une cicatrice au téton droit qui peut le prouver. Alexander prenait mal le sein mais je ne le savais pas. Ca me faisait mal, j’ai commencé à saigner et au final, j’ai eu une énorme crevasse qui a pris un mois à guérir. C’est une des plus grandes erreurs que j’ai pu faire. Dès que la douleur persiste ou augmente, il faut consulter et demander de l’aide pour ne pas terminer comme moi par exemple. Maintenant, je sais écouter mon corps et avec ce troisième allaitement que je vis encore actuellement, je sais ce qui est bien pour mon fils ou pour moi. Si je sens que ça tire un peu, je détache mon bébé du sein en lui mettant mon petit doigt dans la bouche, je le regarde et je lui explique qu’il me fait mal. Un bisou sur le nez et il peut de nouveau téter. Si j’ai une douleur en dehors des tétées (ou des montées de lait), je prends ma lampe infrarouge et je la place devant le sein endolori pendant dix minutes. La chaleur aide à faire passer la douleur. Finalement pour les tétons endoloris, je mets de la laine vierge de mouton dessus (elle contient naturellement du lanolin et cela évite les frottements, frottements souvent synonymes de douleur).

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♣ Laisser mes clés ou des objets fragiles à portée de leurs petites mains

Là encore, the Husband n’a pas tout compris : il a trois enfants mais il laisse toujours ses clés sur la commode de l’entrée, là où Alexander et Valentina peuvent facilement les attraper. Une fois, ils lui ont caché la clé de la voiture dans la machine à laver le linge. Heureusement que c’était à mon tour de mettre la machine en route, sinon elle finissait noyée! Depuis qu’Alexander a cassé un bibelot qu’il avait dans les mains et qu’il avait essayé de remettre en vitesse sur l’étagère sans y arriver (je lui avais dit de ne pas y toucher, mais vous connaissez les enfants, l’envie est plus forte que tout dans ces moments-là et une interdiction de maman ne compte pas), la décoration de ma maison est à deux niveaux : niveau adulte et niveau enfant! Comprendre rien de fragile ne sera placé niveau enfant (à hauteur d’enfant donc) ou trop bas niveau adulte. Si vous venez chez moi, les choses les plus fragiles ou auxquelles je tiens le plus seront en face de vos yeux. Ah et les feutres sont à utiliser sous la supervision d’un adulte parce que Valentina a attaqué un coussin et la housse est restée tâchée malgré beaucoup de lavages.

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♣ Aller faire les courses avec eux avant de manger ou après dix-sept heures

Avant, j’allais faire les courses quand je le voulais sans me préoccuper du rythme de mes enfants. Mais je me suis rendue compte que si nous allions au supermarché avant le déjeuner, ils mettaient tout ce qui leur faisait envie dans le caddie et si on y allait après dix-sept heures, ils étaient intenables, courraient dans le magasin, jouaient à cache-cache (bonjour l’angoisse, « ça y est, on me les a enlevé! », voilà ce que je pensais à chaque fois que je ne les avais plus sous les yeux) ou bien s’amusaient à retourner un rayon. Maintenant, selon les jours, ils prennent un petit snack avant d’aller faire les courses, on joue à pile ou face avec the Husband « qui va emmener les enfants aux courses », « combien d’enfants tu emmènes avec toi? » ou bien on décide qu’on mangera des pâtes au fromage, on ira faire les courses demain et puis c’est tout!

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♣ Faire des promesses que je ne pourrais pas tenir

Que la maman ou le papa qui n’a jamais fait ça me jette la première pierre. Faire une promesse à son enfant, c’est sacré, surtout pour eux. J’avoue que j’ai quelquefois promis des choses à Alexander ou Valentina pour avoir la paix après les avoir vu se chamailler plus d’une heure ou parce qu’ils me rabâchaient les oreilles avec la même chose pendant une semaine. L’autre jour, j’avais promis à Alexander que nous irions tous les deux prendre le bus pour aller faire les magasins en ville. Malheureusement, nous avons dû annuler car il y avait de la tempête. Il a eu besoin d’une bonne semaine pour s’en remettre. Même si c’est difficile de leur faire comprendre que certaines choses ne sont pas possibles, j’essaie de prendre maintenant tout le temps et toute l’énergie nécessaires pour leur expliquer pourquoi je ne peux pas leur promettre ce qu’ils me demandent. Alexander nous a répété pendant presque un mois tous les jours qu’il voulait un vélo bleu. On lui a promis qu’il en aurait un pour Noël (qui est aussi le jour de son anniversaire) s’il savait faire du vélo sans petites roues avec celui qu’il avait pour le moment. Nous avons aussi installé un calendrier dans sa chambre pour faire une croix à côté de chaque jour qui passe avant Noël. Il a très bien compris ce qu’il devait faire et de notre côté, cela fait déjà un mois et demi que son futur vélo attend bien sagement dans un carton dans le garage.

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♣ Leur donner des choses sucrées après 18 heures

Pour mes enfants, le sucre est un excitant, pire qu’une canette de red bull. Si par mégarde, ils arrivent à mettre la main sur un paquet de bonbons ou une tablette de chocolat avant le dîner, la soirée peut souvent être considérée comme perdue d’avance : les enfants 1 – les parents 0. Dès que le sucre commence à faire effet, on s’en rend compte tout de suite : ils commencent à sortir tous leurs jouets mais pas pour jouer avec, non! Juste pour désordonner tout ce qui avait été rangé les placards ou dans les boîtes de rangements, rangement fait afin que le salon soit en ordre pour une soirée en amoureux après avoir couché les enfants. Quand tout est éparpillé dans la pièce, ils font voler les coussins du canapé et sautent dessus! Heureusement que ça n’arrive plus souvent parce que ça nous met ko the Husband et moi et nous pouvions dire adieu à notre soirée en amoureux.

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♣ Ne pas les inclure plus souvent dans les tâches ménagères

Maintenant qu’ils sont plus grands et autonomes (ils apprennent ça au jardin d’enfants), j’inclus plus souvent Alexander et Valentina dans les tâches ménagères : ils m’aident à mettre et débarrasser la table, vider le lave-vaisselle, étendre le linge ou le mettre au sèche-linge, ranger leur linge propre dans leurs armoires… Et j’essaie un maximum de leur faire ranger eux-mêmes leurs chambres parce que je n’en peux plus de passer derrière eux sans arrêt. Ils rechignent encore un peu pour faire tout ça mais je ne lâche pas l’affaire!

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♣ Oublier que les enfants ne comprennent pas l’ironie

Sous le coup de la fatigue (non parce qu’en temps normal, je fais attention quand même!), il m’est arrivé de répondre de façon ironique à certaines questions que me posent mes enfants (rhooo, bah quoi!). « Mamaaan, on peut manger du chocolat? ». Il est 18h30, nous allons dîner à 19h et ma réponse a été « mais oui, il est 18h30 mais faites-vous plaisir! », et voilà qu’en trente secondes Alexander était sur une chaise, le nez dans un placard de la cuisine et sa soeur était à côté à attendre la marchandise! Et ce n’est qu’un exemple. Maintenant, je peux vous assurer que je fais attention. Pour me donner le temps de trouver une réponse, il m’arrive parfois de leur fais répéter plus d’une fois la question, comme ça, j’ai le temps de trouver une réponse adéquate.

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♣ Vouloir leur trouver une occupation à tout prix

En voulant être la maman « parfaite », je ne laissais jamais mes enfants s’ennuyer il y a encore peu de temps. Mais suite à la lecture d’un article sur le net (que je ne retrouve pas, arf!), j’essaie de ne plus m’efforcer autant pour leur trouver une occupation. Si je dois faire la vaisselle, passer l’aspirateur, appeler la banque ou que sais-je encore et qu’ils sont en train de tourner en rond dans le salon, je les laisse tranquilles et trouver par eux-mêmes une occupation. C’est lorsqu’ils s’ennuient le plus qu’ils font fonctionner le plus leur imagination (et pas seulement pour faire des bêtises, non non!) : ils s’inventent des histoires comme celui du client qui attend sa commande au restaurant avec la dînette qu’ils ont eu à Noël l’année dernière, ils prennent des livres et ils se racontent mutuellement des histoires, ils font de nouveaux dessins avec des détails qu’ils ne faisaient pas encore une semaine auparavant… Finalement, s’ils viennent me dire qu’ils s’ennuient vraiment beaucoup, je leur dis d’aller ranger leurs chambres et hop, une occupation bien plus intéressante naît dans leurs têtes!

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♣ Acheter trop de choses pour leur faire plaisir ou parce que c’est « mignon »

En entrant au jardin d’enfants, les envies d’Alexander et de Valentina ont changé. Le vendredi, ils ont le droit d’emporter un jouet pour en parler lors d’une table ronde, c’est fait pour développer l’élocution des enfants. Vous pouvez être sûr(e)s qu’ils rentrent à la maison avec de nouvelles envies toutes les semaines. Nous en discutons avec eux pour leur faire comprendre que ce n’est pas nécessaire qu’ils aient tout ce qu’ont les autres enfants de leurs classes. Sinon, ils peuvent le mettre sur leurs listes au père Noël ou leurs listes de cadeaux d’anniversaires. Ils ont déjà pas mal de jouets et pour faire du neuf avec du vieux, je les change d’endroits quand ils sont au jardin d’enfants, j’en range d’autres pour faire de la place aux anciens que j’avais rangé dans un placard lors du dernier roulement de jouets. Ils ne s’en rendent pas vraiment compte mais ils sont heureux de retrouver telle ou telle voiture, ce jeu de cartes oublié, tiens, c’est une nouvelle poupée? Non, j’ai juste changé ses vêtements.

Quand j’étais enceinte d’Alexander, j’ai acheté des petits vêtements que je n’ai jamais pu lui mettre car ils étaient trop petits dès la naissance, ne correspondaient pas à la saison durant laquelle il était né… bref, des achats inutiles. Naturellement, je les avais acheté en magasin et plein pot en plus. Ou bien il y avait aussi les vêtements ou les chaussures achetés plein tarif qui n’arrivaient pas à passer un mois en une seule pièce (coucou la mauvaise qualité). Je m’en mordais les doigts, c’était de l’argent jeté par les fenêtres. Et puis j’ai connu les bourses aux vêtements qui vendaient tout ce dont nous avions besoin pour une bouchée de pain ou presque. Il fallait bien constater que si ces vêtements étaient arrivés entiers dans une bourse aux vêtements, c’est qu’ils étaient résistants et/ou de qualité, donc pourquoi se priver. Cela m’a permis de faire de grosses économies et acheter de belles pièces unisexes pour que tous mes enfants puissent l’utiliser (le gilet faon de la marque oeuf nyc par exemple). De la même manière, il y a aussi la bourse aux jouets de mon quartier juste avant Noël qui est parfaite pour nous. L’année dernière j’ai trouvé plein de playmobils pour un quart de leurs prix et ils étaient en parfait état.

Moral dans tout ça, il faut savoir faire preuve de patience et aller passer quelques heures dans des bourses aux vêtements et/ou jouets pour le plaisir de mes enfants (et de mon porte-monnaie!).

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♣ Ne pas connaître suffisamment leurs amis

Quand Alexander est rentré au jardin d’enfants, il ne parlait pas beaucoup. C’était donc frustrant pour lui car il ne pouvait pas me parler de ses copains et c’était presque encore plus frustrant pour moi parce que je ne savais pas avec qui il jouait, ce qu’il faisait… Puis il a commencé à avoir des « livres d’amitié » qui arrivaient régulièrement dans son casier pour qu’il puisse remplir une double-page : « comment tu t’appelles? », « quelle est ton adresse? », « quel est ton plat favori? », « quelle est ta couleur préférée? », le tout accompagné d’une photo (cliquez ici pour en voir un exemple). C’était vraiment intéressant de mettre des noms sur les visages de ses camarades de classe que je voyais tous les jours. Alexander me montrait les photos et commençait à me dire avec qui il avait joué et ce qu’ils avaient fait ensemble. Ca m’a permis de me rapprocher des mamans de ses amis et c’est tellement mieux de pouvoir m’adresser aux enfants en connaissant leurs prénoms! C’est tout naturellement que j’ai par la suite acheté un livre d’amitié à Alexander pour qu’il puisse demander à ses amis de lui laisser un souvenir à l’intérieur. Maintenant, le sien est bien rempli, il le regarde de temps en temps pour me parler de Leandro ou Luca par exemple, ses amis du moment. Valentina qui est rentrée au jardin d’enfants en août a déjà commencé à faire passer le sien et j’ai encore du boulot pour connaître par coeur les prénoms des enfants!

Et vous alors, quelles sont les erreurs que vous auriez pu éviter avec vos enfants?

Baby Alexander·Baby Valentina·Home sweet home·La vida de Lindanita·My lovely series

Ces petits bonheurs qui rendent la vie meilleure #18

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J’ai enfin une petite heure devant moi pour vous écrire un nouvel article. Et c’est un nouvel article avec plein de petits bonheurs qui rendent la vie meilleure!

♣ Les couchers de soleil d’automne avec leurs fabuleuses couleurs (la nature fait tellement de belles choses!).

♣ L’odeur du bois qui brûle dans les cheminées de mon quartier et qui flotte dans l’air le matin quand nous allons à pied au jardin d’enfants (vu que nous n’en avons pas, on profite de cette agréable odeur comme ça!).

♣ Le retour du pumpkin spice latte chez Starbucks (bien que je sache en faire un très bon à la maison. Vous pouvez retrouver la recette ici!).

♣ Ca y est, les gourmandises allemandes pour Noël sont enfin de retour dans les rayons de nos supermarchés. A moi les pains d’épices enrobés de chocolat et les Stollens (l’année dernière, je n’en avais presque pas mangé car cela ne me faisait pas envie durant ma grossesse. Je vais réparer mon erreur cette année!).

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♣ Regarder la série « friends », encore et encore, sans jamais me lasser, rire, toujours aux mêmes moments et pleurer aussi, toujours devant les mêmes scènes (je ne me lasserais jamais de cette série, c’est impossible!).

♣ Faire de la confiture de lait maison, la faire goûter aux enfants pour la première fois et les voir filer vers le tiroir à couverts pour aller chercher des cuillères pour en manger plus (vous en faites vous aussi? C’est tellement simple et tellement bon!).

♣ Préparer la lanterne d’Alexander avec lui pour la fête qui aura lieu au mois de novembre, tout en chantant les chansons qui vont avec (je vous invite à lire ici ce qu’est la fête des lanternes en Allemagne. Non, ce n’est pas la fête des lanternes de Raiponce huhu!).

♣ La sortie en anglais du troisième tome illustré de la saga Harry Potter, avoir pensé à le précommander pour le recevoir le lendemain de sa sortie (les dessins sont tellement, mais tellement beaux!).

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♣ Connaître de nouvelles personnes et se sentir sur la même longueur d’onde qu’elles (et dieu que c’est difficile pour ma part).

♣ Ma meilleure amie à l’université a accouché d’une petite fille… qu’elle a appelé Linda, comme moi. Je ne nous raconte pas l’ascenseur émotionnel quand elle m’a dit ça, vu que c’était une surprise (à chaque fois que je vois une photo de ce bébé ou que j’y pense, je ne m’en remets toujours pas!).

♣ Ce weekend, nous allons en famille à Münster pour fêter les trente ans de mon beau-frère qui est aussi en Allemagne avec sa famille (et comme on y va deux jours, une session shopping est prévue! Au programme : lush, primark, karstadt et promod car nous n’avons pas ces magasins par chez nous. The Husband s’est déjà fait un post-it pour me planquer la carte bleue ce jour-là haha!).

♣ Me remettre à jouer de l’orgue électronique, expliquer comment cela fonctionne à mes enfants et voir des étoiles dans leurs yeux quand je joue quelque chose qu’ils connaissent (je suis encore un peu rouillée mais ça va revenir!).

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♣ Vider enfin le panier de linge à repasser, tout ranger dans les armoires, m’asseoir et souffler (cela faisait bien trois mois qu’il n’avait pas été vide!).

♣ C’est bientôt l’anniversaire de Valentina, au mois de novembre. Ma petite fille devient grande (nous lui avons déjà trouvé un petit cadeau et je dois penser à sa couronne de princesse que je dois lui faire pour cette journée si spéciale. C’est une tradition depuis l’année dernière : l’enfant de la maison qui fête son anniversaire reçoit une couronne que je lui fait avec son personnage préféré du moment. L’année dernière, Valentina avait eu Poppy du film « trolls » et Alexander avait eu Shaun le mouton avec son copain le chien. Vous pouvez les voir ici)!

♣ Trouver le temps de terminer enfin un livre que j’avais commencé à lire un peu avant d’accoucher de Tobias, c’est à dire, il y a un peu plus de six mois (j’ai quand même failli le laisser en plan tellement l’espèce de « suspens » m’énervait au fil de ma lecture!).

♣ Le parrain et la marraine d’Alexander nous ont apporté du mate (lire maté) du Chili lors de leur visite en août dernier. Maintenant que les températures ont baissé, on se retrouve avec the Husband après le coucher des enfants dans le salon pour partager un maté, une bougie sur la table, des guirlandes allumées pour donner un effet cocooning à souhait et nous discutons, au calme, de nos journées autour d’un mate (très hygge comme moment n’est-ce pas?).

Allez, parlez-moi de vos petits bonheurs qui rendent la vie meilleure. Bonne semaine à vous!

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Nos premières vacances à cinq

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Début août, avant que Valentina ne fasse sa première rentrée au jardin d’enfants, nous sommes partis quelques jours pour nos premières vacances à cinq.

Nous sommes partis à Dresden en voiture, soit un peu plus de 350 kilomètres. Le voyage s’est présenté à nous sur un coup de tête suite à quelques facteurs qui favorisaient ce voyage : the Husband avait pris une semaine de vacances à ce moment là pour m’aider avec les jours d’acclimatation de Valentina au jardin d’enfants (je devais rester dans un coin de sa classe pour quelques heures durant quelques jours pour qu’elle ne se sente pas abandonnée et aussi pour la voir évoluer avec ses camarades. Du coup, the Husband devait rester avec Tobias à la maison pour me faciliter la tâche), le parrain et une des marraines d’Alexander venaient nous rendre visite (ils arrivaient tout droit du Chili!), on a voulu jouer les guides touristiques pour eux en leur montrant Dresden et finalement, avec les jardins d’enfants en Allemagne, on peut prendre nos vacances un peu quand on veut, même du jour au lendemain.

Pour le logement, rien de plus facile : nos anciens propriétaires nous recevaient gratuitement dans notre ancien appartement, appartement qu’ils gardaient pour leurs filles et leurs familles ainsi que les personnes qui leur sont chères (je suis émue en écrivant ça. Je suis touchée du geste de ce couple qui nous a vu passer de jeunes mariés sans enfants à parents. Et puis les gens comme ça, on n’en croise plus beaucoup dans notre monde actuel, hashtag c’était mieux avant). Cela nous enlevait aussi une épine du pied niveau budget vacances organisées un peu au dernier moment.

Il a ensuite fallu penser aux valises. Ne pas emporter trop de choses pour encombrer le coffre, le juste nécessaire avec un peu de « au cas ou » et au pire, connaissant Dresden presque comme notre poche, on savait où aller pour acheter telle ou telle chose (ouh la belle excuse pour acheter quelque chose, huhu!). Si les vêtements se salissaient, on avait acheté une miniature de lessive chez DM pour faire de la lessive à la main. Pour quatre jours et trois nuits, j’ai réussi à faire tenir des serviettes de bain, des draps, des vêtements pour moi et mes trois enfants, deux paquets de couches, du maquillage, notre shampoing et bain moussant (astuce : prendre du bain moussant qui convient à tous types de peaux et tous types d’âges, on gagne de la place dans nos valises!) notre pochette de médicaments et premiers soins dans une grande valise!

Et dans cette trousse de médicaments et premiers soins, qu’est-ce qu’il y avait?

  • Un spray d’eau de mer pour adulte
  • Du sérum phy
  • Du paracétamol pour adulte
  • De l’ibuprofène pour adulte
  • Du collyre en cas de conjonctivite (ça arrive souvent avec un rhume et / ou un courant d’air chez nous alors avec la clim dans la voiture… Il valait mieux prévenir!)
  • De la crème bepanthen
  • Des pansements à couper plus facile que la ribambelle de pansements de tailles différentes
  • Un spray désinfectant
  • De la crème Weleda pour les petites fesses en couche
  • Une autre crème en cas d’érythème fessier
  • Des suppositoires d’ibuprofène pour les enfants, de deux dosages différents
  • De l’arnica en homéopathie (si les enfants se cognent au visage, c’est plus simple d’utilisation)
  • De l’arnica en crème
  • De l’homéopathie pour contrer de petits symptômes grippaux
  • Quelque chose à administrer à Valentina en cas de nouvelle convulsion fébrile
  • Une crème hydratante pour l’eczéma du nourrisson pour Tobias
  • Un thermomètre auriculaire
  • Un thermomètre digital électronique à pointe souple
  • De la crème solaire
  • De l’eau thermale pour apaiser les coups de soleil (on leur a mis de la crème solaire mais on ne sait jamais hein!)
  • Les carnets de santé des enfants avec leurs cartes vitales
  • Un couteau suisse (ça sert toujours et comme ça, on ne le perd pas s’il est dans une pochette)

Après avoir organisé les valises, il fallait s’occuper de la préparation du trajet en voiture. J’avoue que la première chose que j’ai checké, c’est l’ipad, les films déjà présents dessus pour voir s’il fallait en rajouter et le pourcentage de charge de la batterie (hashtag bad mother inside, oups!). Alexander et Valentina ont eu le droit de choisir un jouet chacun pour les emmener avec eux. Pourquoi seulement un? Parce que s’ils en avaient trop à disposition, ils allaient les éparpiller n’importe où au risque d’en perdre un (ou plusieurs), de pleurer s’ils ne le(s) retrouvaient pas et c’était aussi un moyen de leur en acheter de nouveaux pendant les vacances. Qui dit nouveau dit « oh il est trop cool ce jouet, je vais jouer avec tout le temps et dormir avec tellement je l’aime! » (astuce : ça marche aussi pour les occuper dans la voiture au retour. Merci l’attrait de la nouveauté!). Moment mignon de leur part : ils ont choisi tous les deux leurs Woody de « toy story ». On avait aussi mis dans une portière un water wow (un carnet de dessins qui se dévoilent en leur passant dessus un pinceau d’eau fourni avec le carnet. Quand ça sèche, les dessins disparaissent et on peut recommencer à les peindre à l’infini). Pour Tobias, un hochet, une Sophie la girafe, un cube à accrocher à la poussette et qui fait du bruit et c’était bon (il adore me tirer les cheveux, attraper mes lunettes ou bien encore faire tourner les breloques de mon bracelet pandora entre ses petits doigts. C’est pratique ça, je l’ai tout le temps avec moi!). J’ai aussi préparé dans un sac isotherme de quoi manger et / ou  grignoter : des petits sandwichs avec du fromage frais ou du fromage à pâte dure (ça salit moins la voiture), des petits gâteaux salés au sésame de chez DM (je vous l’avais dit dans mon dernier article que DM c’est top!), et surtout, beaucoup de fruits et légumes crus prêts à être consommés (des raisins sans pépins, des sticks de carotte, des rondelles de concombre, des pommes en quartiers…). Ce sac était à ma disposition à l’arrière de la voiture depuis mon siège. Finalement, ils avaient chacun une gourde d’eau fraîche (mais pas trop. C’était de l’eau du robinet, pas de l’eau réfrigérée) à côté d’eux.

Nous avons pris la route vers 16h30 en ayant occupé auparavant les deux plus grands enfants avec des jeux et de la danse pour les fatiguer et ils ont sauté l’heure de la sieste (ils étaient trop énervés de toute façon en voyant leur père remplir le coffre de la voiture!). Ils sont restés éveillés une bonne heure à jouer ensemble pendant que Tobias dormait et ensuite, ils ont sombré dans un sommeil paisible. Nous avons dû les réveiller pour faire une pause sur une aire d’autoroute, manger quelque chose de chaud, allaiter, changer les couches, passer aux toilettes, profiter de l’aire de jeux et reprendre ensuite la route pour arriver à destination aux alentours de 21h, l’ipad aidant à rendre le reste du trajet plus amusant. Nous avons à notre arrivée retrouvé le parrain et la marraine d’Alexander qui eux arrivaient de Berlin. Ils logeaient dans une chambre de nos anciens propriétaires car ils font aussi chambres d’hôtes.

Après une douche, je peux vous dire que personne n’a traîné pour aller au lit! Nous dormions tous les cinq dans la même chambre : Tobias avec moi dans un lit deux places pour faciliter les tétées nocturnes et les changements de couches, the Husband dans un lit une place, Valentina dans un lit parapluie (la connaissant, c’était nécessaire parce que sinon, elle allait vadrouiller la nuit et personne n’aurait dormi!) et finalement Alexander sur un matelas gonflable à rebords eux aussi gonflables pour qu’il ne tombe pas durant son sommeil.

Le lendemain, nous nous sommes levés assez tôt afin d’aérer et de faire entrer de l’air frais dans le logement que nous occupions parce que nous avions un temps caniculaire et nous étions sous les toits, sans volets aux fenêtres (et je le rappelle, cinq dans la même chambre, coucou la fournaise!). Nous avions aussi pensé à emporter avec nous de quoi prendre notre premier petit-déjeuner sans courir aux aurores au premier supermarché around the corner. Nous sommes ensuite partis avec le parrain (Juan Carlos, aka JC) et la marraine (Jeanette) direction le centre-ville de Dresden. Nous n’avions pas d’idées fixes, de choses à faire absolument, nous nous sommes laissés porter par nos envies au cour de la journée.

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Nous leur avons montré les monuments principaux de la ville, nous nous sommes arrêtés manger une glace et profiter de la clim des galeries marchandes dans lesquelles les enfants ont fait du petit train, des constructions en lego (et moi, ça m’a permis d’aller faire un premier tour chez primark avec Jeanette et Tobias sans avoir peur de perdre Alexander ou Valentina dans les rayons). Vers 16h, nous sommes repartis vers notre logement car JC et Jeanette devaient récupérer leurs valises parce qu’ils prenaient un train à 17h30 direction Frankfurt pour décoller vers l’Islande. Après des aurevoirs assez tristes, the Husband est resté avec Valentina et Tobias (après une tétée) à l’appartement pendant que j’emmenais Alexander à sa première séance de cinéma (tchi tchaaa, les jeunes ne comprendront pas, tant pis!) : moi, moche et méchant 3, en 3D en plus et même qu’on avait acheté des m&m’s qui croustillent. La totale quoi! Il était tellement content, il riait à gorge déployée à chaque blague ou scène drôle et il lui arrivait de me prendre la main pour me l’embrasser. C’était une des seules choses que j’avais planifiée pour ce voyage, l’emmener au cinéma, cinéma dans lequel je suis allée voir mon dernier film au cinéma en décembre 2012, quelques jours avant qu’il ne vienne au monde. En rentrant, nous sommes allés acheter de quoi dîner, Tobias en manduca, Valentina et Alexander donnant la main à leur papa. Ils étaient tellement heureux d’être en vacances et faire des choses qui sortaient de l’ordinaire!

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Le lendemain, même chose que la veille, réveil assez tôt pour ventiler le four dans lequel nous logions. Nous sommes allés acheter du pain frais, des gâteaux et des viennoiseries pour nous faire un super petit-déjeuner avant de partir faire un tour à la brocante qui a lieu tous les samedis (même l’hiver, mais il y a moins d’exposants) au bord de l’Elbe, fleuve qui traverse la ville. La veille, nous avions pris le Strassenbahn (le tram en Allemagne) pour aller en ville. Cette fois-ci, nous y sommes allés en voiture en prévision de possibles achats à la brocante. Cette brocante était la même que dans mes souvenirs, terriblement bien! Nous nous sommes arrêtés devant le stand de deux soeurs adorables qui vendaient de l’artisanat russe pour une bouchée de pain. The Husband a beaucoup aimé un service datant des années 60 avec des petites assiettes à dessert, des tasses, un petit pot à lait et un sucrier qu’elles vendaient pour presque rien. Malheureusement pour elles, quelqu’un avait eu la mauvaise idée de voler une des tasses. The Husband les a remercié pour leur gentillesse car elles avaient été adorables avec les enfants et nous avaient fait un prix pour de l’artisanat russe que nous avions choisi mais il ne voulait pas acheter un service incomplet, nous avons donc continué notre chemin. Une des soeurs nous a alors couru après pour notre proposer d’emporter tout le service avec nous, elles nous en faisaient cadeau! C’était tellement, mais tellement incroyable, wow quoi! En plus, elles nous emballé tout le tout dans de beaux napperons de Pâques. Plus loin, j’ai trouvé un petit fauteuil et une petite table en osier pour les poupées de Valentina, elle était ravie. Alexander n’était pas en reste, quelqu’un lui a offert un petit camion. Finalement, nous avons craqué pour une pièce de porcelaine de Meissen et j’ai même trouvé un cache pot tête que je cherchais depuis longtemps. Le prix en dessous était en deutschmarkt, ça m’a fait rire. Les enfants ont eu le droit à une glace et nous sommes rentrés déjeuner à l’appartement.

Comme je vous l’avais dit plus haut, les enfants étaient aux anges avec leurs nouveaux jouets. Après une petite sieste, nous sommes allés faire un tour en bateau à vapeur sur l’Elbe pour rejoindre le centre-ville faire de derniers achats. Les enfants étaient fascinés d’être sur un bateau, voyager sur l’eau, c’était nouveau pour eux. Vers 20h, nous étions totalement HS mais il fallait prendre le Strassenbahn pour rentrer et il pleuvait. Tobias est passé de la poussette au porte-bébé et Valentina s’est installée dans la poussette. Tout était bien programmé vous voyez!

Nous sommes partis le lendemain matin après avoir vu un défilé de plus de 200 Harley dans le quartier dans lequel nous logions. Alexander était émerveillé, il faisait coucou à tout le monde et sa soeur l’imitait bien évidemment!

Pour nos premières vacances à cinq, deux adultes et trois enfants (et avec l’aide de JC et Jeanette le premier jour), je n’en garderais que de bons souvenirs. Tout s’est déroulé encore mieux que ce que je ne l’aurais souhaité. On va dire que c’était des vacances d’essai, je n’en attendais rien de spécial mais c’était encore mieux que ce dont j’avais rêvé. Maintenant, nous avons envie de tenter un voyage un peu plus « sport », à l’étranger pourquoi pas? L’Ecosse nous tente énormément mais on va attendre que les enfants soient un peu plus grands.

Et vous alors, comment se sont passés vos vacances en famille ou bien comment les imaginez-vous? Racontez-moi tout, je suis curieuse!

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Tu deviendrais presque allemande quand…

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En tant qu’expat’ depuis un moment déjà, je me suis rendue compte que j’avais adopté de nombreuses habitudes du pays qui m’a accueilli depuis décembre 2009, j’ai nommé l’Allemagne. Du coup, j’avoue que je suis perdue quand je rentre en France. J’ai pensé que cela serait drôle de partager avec vous des choses les plus fragrantes et lire vos réactions. La liste n’est sûrement pas complète donc il est fort possible que je vous propose une suite dans quelque temps!

Tu deviendrais presque allemande quand :

♣ Tu as au moins quatre poubelles différentes dans ta cuisine pour faire le recyclage des déchets (ça prend une place pas possible!).

♣ Tu fais les courses, tu repars toujours avec un produit bio et/ou vegan dans ton chariot (il y en a dans tous les magasins, c’est fou).

♣ Tu n’achètes plus ton déodorant, ni ton essuie-tout ou encore les couches de tes enfants ailleurs que chez DM ou Rossmann (c’est moins cher en plus).

♣ Le magasin Müller est ton QG dès que tu vas en ville (c’est là que j’y trouve mes yankee candles en même temps et puis c’est comme un supermarché mélangé avec un DM, je suis obligée d’y passer!).

♣ Tu traverses toujours quand le petit bonhomme est vert sinon les autres piétons te font une réflexion (c’est pire encore s’ils sont accompagnés de jeunes enfants : « la dame elle est folle, elle traverse au rouge. Si tu fais pareil, tu seras privé de dessert! »).

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♣ C’est le début des soldes et tu n’as pas besoin de te lever aux aurores ou de te battre avec quelqu’un pour faire de bonnes affaires (je n’ai jamais vu de rush pendant cette période, et tant mieux!).

♣ Tu n’as pas mangé de pain blanc depuis presque deux semaines et tu t’en fous royalement, parce que le pain noir ou complet, c’est juste trop bon (je suis presque en train d’oublier le goût d’une bonne baguette).

♣ Tu ne sais pas quoi manger? Tu envisages de faire un barbec’ avec de grosses saucisses et des petits pains, les fameuses « Wurst » (vourst) dans des « Brötchen » (breutcheune) (ça c’est surtout l’été et parce qu’on a un jardin hein!).

♣ Sur ta table au petit-déjeuner, tu retrouves du fromage Käse (keizeu) et de la charcuterie (salami, jambon, pâté…) (oui oui… Je ne vous parle même pas des parents qui envoient des sandwichs de salami à leurs enfants pour le goûter de dix heures le matin).

♣ Dans beaucoup de villes où tu vas, tu peux aller chez Starbucks et/ou Burger King, tu peux y rester autant de temps que tu veux et il n’y a pas beaucoup d’attente en caisse  (Starbucks, mon autre QG quand je sors en ville ici).

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♣ Tu as déjà envisagé de te faire poser des faux ongles parce qu’ici, toutes les femmes en ont (de toutes couleurs et de toutes les formes).

♣ Tu n’as jamais eu de problèmes de « pertes » ou de « je vérifie ce qu’il y a dans ton paquet » avec la poste : le facteur sonne à la porte et attend et / ou monte même les escaliers (j’ai même reçu un collier Tiffany’s en envoi simple sans souci).

♣ Tu commences ta journée à partir de six heures trente et tu la finis vers quatorze ou quinze heures. Tes enfants commenceront les cours au collège à sept heures trente, et ça, c’est tout à fait normal (mais ça pique sévère quand même!).

♣ Tu as dans ta salle de bain une brosse à dents électrique parce que l’hygiène bucco-dentaire, c’est vachement important quand même (ça fait une semaine que je l’ai, j’en suis amoureuse).

♣ Tu peux sortir dans la rue sans te maquiller et sans avoir peur que l’on te dévisage (il y a tellement de styles bizarres en Allemagne qu’une fille pas maquillée ne sera pas choquant à côté d’une fille brune aux racines blondes, maquillée comme un camion volé et habillée d’un pum pum short. Et puis les Allemands sont super relax là-dessus : vive les femmes naturelles!).

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♣ L’option chaussettes associée sandales ne te choque plus, tu l’utilises même avec tes enfants des fois (bah quoi, il fait trop frais pour lui mettre seulement des sandales mais il fait trop chaud pour leur mettre des chaussures fermées!).

♣ La « Schlagermusik » (chlagueurmousik) deviendrait presque agréable à tes oreilles (j’ai bien dit presque et jee rappelle que le Schlager, c’est ça quand même!).

♣ Tu regardes au moins deux reportages pour ta culture personnelle par semaine à la télévision (mais je ne lis pas le journal, faut pas pousser non plus).

♣ Tu as toujours chez toi des bouteilles de bionade ou de bière (vides ou pleines, bah oui, c’est pour la consigne!).

♣ Tu connais tous les parfums du chocolat Ritter Sport et tu sais quelles seront les éditions limitées à goûter (mes hanches disent merci à ce chocolat… Aheum!).

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Et vous, si vous vivez en Allemagne ou si vous y avez vécus, cette liste vous parle? Qu’est-ce que vous auriez à rajouter?

Baby Alexander·Baby Valentina·La vida de Lindanita

La langue de chez nous

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Il y a deux semaines de cela, j’avais posté une photo sur instagram avec ce texte en dessous : « je vois que vous avez des questions à propos de ma dernière vidéo avec Valentina et les langues que l’on parle à la maison. Je vous invite à poser vos questions sous cette publication pour que je puisse y répondre (sûrement) la semaine prochaine sur le blog. Merci ». Bon, ça m’a pris quinze jours mais comme je n’aime pas faire les choses à moitié, j’ai eu besoin de tout ce temps pour écrire la totalité de ce que je voulais vous dire parce que c’est bien beau de vous parler des langues que l’on parle à la maison, mais il faudrait quand même que je vous explique pourquoi nous en sommes arrivés là non?

Alors déjà, mes études et mon parcours. Je pense que ça peut être intéressant de commencer par ça. En primaire, j’étais dans les premières de ma classe (attendez, ne partez pas, je ne me vante pas! C’est utile de le savoir pour la suite) et en CM2 mon institutrice a proposé à mes parents que j’apprenne directement deux langues vivantes comme il était possible de le faire dans le collège où j’allais aller, et ce, dès la sixième. C’était l’anglais et l’allemand. C’était tentant alors j’ai commencé le collège avec deux LV1. Si je me souviens bien, on avait autant d’heures d’anglais que d’allemand (ça remonte à pas mal de temps quand même, vous voyez, alors je ne suis plus sûre de tout ça!). L’apprentissage de l’anglais se passait très bien alors que pour l’allemand, c’était une catastrophe : j’étais dans les dernières de mon groupe (nous étions des élèves de deux classes qui se retrouvaient dans un groupe). Je n’arrivais pas à assimiler l’allemand, c’était bizarre, dur et les mots à rallonge, quelle horreur! Je pleurais quand je voyais mes notes même si j’essayais d’apprendre mes leçons. Et puis en quatrième, il y a eu le déclic après mon premier voyage en Allemagne en allant une semaine chez ma correspondante (je suis encore en contact avec elle et ses parents). Je n’arrivais toutefois pas à vraiment parler là-bas mais j’ai tellement aimé mon séjour à Villingen que d’une certaine façon, l’apprentissage de l’allemand est devenu plus facile et mes notes sont énormément remontées. Je suis passée à des notes en dessous de dix à des notes surpassant les quinze. Comme j’étais fière! L’année suivante, je suis retournée en Allemagne, dans la même ville, mais chez une autre correspondante (nous nous écrivons de temps en temps sur facebook. Dire qu’avant on s’envoyait des lettres… Bonjour le coup de vieux!). C’était en décembre et nous sommes allés visiter Stuttgart et son marché de Noël (croyez-moi, ce détail a son importance pour la suite). J’étais émerveillée! Le style de vie allemande me fascinait, j’aimais cette liberté que les jeunes avaient l’après-midi pour leurs activités extra-scolaires, les magasins que l’on trouvait à chaque coin de rue et pas forcément dans des zones commerciales… Bref, je voulais continuer à en savoir plus sur l’Allemagne.

Je suis rentrée au lycée avec toujours deux LV1 et mes notes ne baissaient pas. En terminale, il a fallu que je choisisse quelle langue j’allais maintenir en LV1 pour le bac, j’ai choisi l’allemand comme vous pouvez vous en douter. Notre groupe était restreint, j’aimais ça, j’avais l’impression de faire partie d’une élite, de faire quelque chose de spécial. Quand j’ai dû choisir ce que je voulais faire à l’université, je me suis tout naturellement tournée vers les langues, mon point fort (les sciences ne m’intéressaient pas du tout et il m’arrive encore de compte sur mes doigts pour être sûre que le compte est bon… Aheum, no comment). J’avais à ce moment-là déjà sept ans d’allemand et d’anglais derrière moi. Je suis partie à l’UCO d’Angers pour rentrer dans une filière quadrilingue allemand. Il a fallu que je choisisse une troisième langue vivante et mon choix s’est porté vers l’espagnol, comme ça, je pourrais faire le tour du monde avec ces trois langues et le français (qu’est-ce que l’on peut être rêveur quand on est jeune!). Bref, je me disais que ça allait être sympa au final. Mais le niveau que j’avais en allemand n’était pas suffisant pour suivre le reste du groupe, je me sentais sur la touche. Avec chance, mes notes en français, espagnol et anglais contrebalançaient mes mauvaises notes en allemand. Il m’arrivait de passer des cours entiers sans arriver à comprendre quoi que ce soit à part bonjour et à demain (le début et la fin quoi…). Ca me déprimait sérieusement cette affaire. Et puis en troisième année, en 2006, nous avions l’obligation d’aller passer un semestre à l’étranger, et ce, pour ma part, en Allemagne. Nous avions une liste d’universités recevant des étudiants étrangers et sur cette liste, il y avait Stuttgart. Je l’ai mis en premier dans mes choix car je me disais que si j’avais des soucis, je pourrais me retourner vers mes correspondantes et leurs familles et la ville m’avait énormément plu (vous voyez que ce détail plus haut avait de l’importance maintenant?).

J’ai été acceptée dans cette université et j’ai passé le premier semestre de ma troisième année à l’université de Stuttgart. Au début, c’était laborieux car j’avais des cours comme thème et version (traduction en fait, de l’anglais vers l’allemand et inversement) et puis aussi des cours d’espagnol en allemand. Ma tête fonctionnait comme une cocotte minute! C’était juste une habitude à prendre et après le switch (ou commutateur comme vous voulez) entre les langues se faisait easy peasy, je n’avais plus mal au crâne après les cours.

C’est durant ce semestre à Stuttgart que j’ai connu Daniel, the Husband. Il m’aidait pour mes devoirs en espagnol mais nous nous parlions en allemand à ce moment là. Un Chilien et une Française qui discutaient en allemand, le tout, en Allemagne, voilà ce que nous étions à ce moment là. Après nous être séparés en mars 2007 pour retourner dans nos pays respectifs, nous nous sommes retrouvés au Chili en juillet de la même année. Je n’étais pas bilingue espagnol, loin de là, mais j’allais me débrouiller pour me faire comprendre par ma belle-famille. Le père de the Husband et ses grands-parents paternels parlaient allemand vu qu’ils sont de descendance de colons allemands, donc au début, je parlais allemand avec eux. Et puis le temps aidant, en regardant pas mal la télévision (là-bas, la majorité des films et séries du câble sont en langue originale sous-titrés en espagnol donc je lisais beaucoup d’une certaine façon) et l’espagnol se rapprochant du français je me suis mise à parler espagnol tout le temps. Comme je suis restée vivre avec the Husband au Chili jusqu’en décembre 2009, j’ai cherché du travail. J’ai été remplaçante dans un collège français où j’ai enseigné le français à des sixièmes, cinquième et quatrièmes (ça peut paraître étonnant je sais, mais ils avaient besoin de quelqu’un rapidement. J’ai passé un entretien un vendredi, j’ai été embauchée le lundi et lundi suivant je commençais!). J’ai aussi donné des cours d’anglais en espagnol dans un centre de langues (une des meilleures expériences de ma vie!). Et pus j’ai donné de cours particuliers de français à l’université de the Husband. Finalement, j’ai même travaillé dans une bijouterie sélect’ à côté de la mer à Viña del Mar parce que ça les intéressaient énormément que je parle quatre langues. Bref, j’étais confrontée à quatre langues par jour lorsque je vivais au Chili.

Ah, détail important, après mon semestre à Stuttgart, j’ai eu une mononucléose infectieuse et je n’ai pas validé mon sixième semestre pour avoir une licence quadrilingue. C’est à ce moment-là que j’ai mis mes études de côté. Je n’ai donc pas de diplôme si vous voulez tout savoir.

Après notre mariage en 2009, nous sommes revenus en Allemagne, à Dresden plus précisément, pour que the Husband fasse son doctorat. De mon côté, j’ai essayé de reprendre mes études où je les avais arrêtées en faisant des études par correspondance mais cela n’a pas porté ses fruits. En plus, en deux ans et demi en Amérique Latine, j’avais énormément perdu en allemand. En même temps, si on ne le parle pas tous les jours, on perd facilement parce que c’est une langue difficile et totalement différente du français ou de l’espagnol. Bref, j’étais un peu perdue à notre retour en Europe. Mais si on se donne du mal, c’est comme le vélo, ça revient au bout d’un moment.

The Husband et moi parlons espagnol ensemble depuis fin 2007 environ. J’ai attrapé les tics de langage chilien, le « dialecte » même de là-bas si bien que certaines personnes étaient surprises en apprenant que j’étais française. Elles pensaient que je venais d’un autre pays d’Amérique Latine mais pas de France.

J’ai été confrontée très rapidement aux termes médicaux en Allemagne (on m’a posé la question sur instagram) car je devais avoir des contrôles réguliers pour ma thyroïde et j’ai fait une grossesse extra-utérine, ce qui m’a amené à être opérée et rester à l’hôpital quatre jours. Il fallait bien que j’arrive à exprimer ce dont j’avais besoin, ma douleur pour avoir des médicaments ou bien tout simplement comprendre ce que l’on me disait. De plus, avec trois grossesses, les mots se répètent et je n’avais plus besoin de mes petites notes pour me rassurer.

Qui dit grossesse, dit accouchement. Qui dit accouchement, dit enfant. Mais alors, en quelle(s) langue(s) allait-on leur parler à nos chères têtes blondes? Alexander étant le premier, nous avions décidé de lui parler en espagnol (the Husband) et en français (moi) et il apprendrait l’allemand sur le tas avec la vie à l’extérieur. Sauf que, nous avons été confrontés à un problème de taille : Alexander était en retard pour parler, il n’arrivait pas à se faire comprendre ce qui le frustrait énormément ce qui engendrait de grosses crises de larmes. A ce jour, ce problème n’est pas totalement réglé d’ailleurs. Il était difficile pour lui de comprendre que maman parlait à papa en espagnol, maman lui parlait en français, il devait parler espagnol avec son papa mais français avec sa maman. Il n’y avait pas d’unité de langue/langage à la maison. Et puis au jardin d’enfants, ce n’était pas drôle pour lui petit chat, il parlait avec des onomatopées ou bien des mots qu’il avait entendu à la maison. Donc, ses éducatrices ne le comprenaient pas ou peu. Ca me brisait le coeur de le voir dans cette situation.

C’est pourquoi d’un commun accord avec the Husband, nous avons décidé de mettre le français de côté pour le moment. Ce serait espagnol à la maison et allemand au jardin d’enfants et à l’extérieur. Je suis bilingue espagnol (chilien)/français donc cela ne me gênait pas d’abandonner ma langue maternelle pendant quelques années, pour le bien de mon petit garçon et de mes autres enfants par la suite. De plus, comme ça, the Husband n’était plus jamais mis de côté lors d’une conversation à la maison car il n’est pas bilingue français/espagnol (je dirais qu’il a juste les bases orales et c’est tout). Depuis cette décision, nous pouvons discuter plus facilement en famille. Alexander va au jardin d’enfants depuis bientôt deux ans (en août cette année). Pour avoir voulu lui apporter tout de suite trois langues au quotidien, il a pris du retard pour faire des phrases. Il commence à peine à en faire depuis quelques mois.

De son côté, Valentina ne fait toujours pas de phrases mais elle se fait très bien comprendre en espagnol à la maison et elle comprend des mots en allemand et en français. Nous pensons qu’elle a des prédispositions pour apprendre trois langues en même temps et rapidement mais nous préférons que les enfants grandissent de la même façon, avec les mêmes langues. On m’a demandé aussi sur instagram en quelle(s) langue(s) communiquent les enfants entre eux. Eh bien en espagnol et en allemand. Le côté allemand, c’est surtout Alexander qui l’utilise mais Valentina comprend très bien ce que veut lui dire son frère. Elle va faire son entrée au jardin d’enfants début août, nous verrons bien l’évolution de son vocabulaire et son élocution dans les deux langues auxquelles elle sera confrontée au quotidien.  La question « en quelle langue te répondent tes enfants? » m’a aussi été posée et ils me répondent en allemand et en espagnol. Plus en espagnol évidemment mais Alexander est fier de me dire des choses qu’il a appris avec ses camarades ou ses éducatrices donc il lui arrive de me parler en allemand.

Pour essayer de terminer mon article avant que vous ne partiez en courant (« elle n’a pas mis d’images », « elle écrit trop », « ça part dans tous les sens », « on s’en fout »…), voici des réponses en vrac aux dernières questions qui m’ont été posées :

  • Naturellement, les enfants apprendront le français avec moi et/ou à l’école dans quelques années, il est hors de question qu’ils passent à côté de cette langue que ce soit pour communiquer avec ma famille ou bien pour l’enrichissement culturel que cela pourra leur apporter.
  • Le français que je parlerais à mes enfants sera sûrement un français un peu vieillot. Je m’explique : je sors d’une filière littéraire et j’ai toujours aimé lire. Mais, étant expat’ depuis dix ans, je ne fais plus aucun update de la langue française, je ne suis plus directement confrontée au français moderne. Du coup, il m’arrive d’aller sur google pour comprendre les nouvelles expressions que je peux lire sur instagram ou sur les blogs que je suis. Cela fait bizarre quelquefois de participer à une discussion et de ne pas comprendre tous les termes que les autres emploient.
  • Cela ne me dérange pas du tout de ne pas parler français chez moi, j’ai pris l’habitude de le faire depuis 2007 et je ne me verrais pas vivre autrement maintenant. Et je trouve l’espagnol moins dur à l’oreille que le français, du coup, j’aime bien que ça soit comme ça.
  • Je sensibilise tout de même les enfants au français avec de la musique, des livres et des films comme les Disney par exemple. Ils les regardent d’abord en espagnol et/ou en allemand et après, ils les regardent en français pour entendre la langue de leur maman tout en connaissant déjà les histoires.
  • Comment cela va se passer avec l’écriture quand le moment sera venu? Eh bien, on verra quand cela se présentera mais je suis une maniaque de l’orthographe à la base en français (je corrigeais les devoirs à la maison de ma meilleure amie dans le bus qui nous emmenait au collège. Mes devoirs préférés? Les rédactions! je suis sûre que je fais des fautes d’orthographe en français aussi… On ne peut pas être parfaits!) donc je le suis aussi dans les autres langues. Au Chili, je corrigeais même les mails de mes beaux-parents et c’est moi qui avais la plupart du temps raison donc je pense pouvoir me débrouiller avec mes enfants. Et pour l’allemand, je lis le journal, je fais souvent des mails en allemand, j’écris à mes amies allemandes en allemand sur whatsapp ou par sms et je n’ai pas souvent de mots soulignés en rouge, donc ça devrait le faire aussi!
  • Ma mère parle aux enfants en français et ils lui répondent en espagnol, je suis toujours pas loin pour faire la traduction et ma mère a pris des cours d’espagnol pour pouvoir parler avec the Husband et ma belle-famille. Je ne parle plus à mon père depuis un moment donc pour lui, on s’en fiche un peu!
  • Je ne sais pas du tout si l’ambassade de France en Allemagne offre des cours de français. Je devrais sans doute me renseigner.
  • Nous ne mettons pas de côté l’idée de tout plaquer et retourner vivre au Chili, mais pas en France d’où l’importance de leur apprendre en priorité l’allemand et l’espagnol avant le français. Aller vivre en France n’est pas une possibilité que nous pourrions envisager.
  • Comme je le disais plus tôt, du côté paternel, the Husband est un descendant de colons allemands. Sa mère est chilienne et il est le premier mélange chilien/allemand dans la famille de son père (je ne sais pas si je suis claire). Toute son enfance, il est allé dans une école et un collège allemand et il parlait avec ses grands-parents paternels en allemand mais en espagnol chez ses parents.
  • Dans quelles situations je parle français aux enfants? Durant les premiers mois de vie des enfants, j’ai tendance à leur parler en français. Je me trouve trop nounouille à leur dire des mots doux et d’amour en espagnol quand ils sont tous petits, je ne sais pas pourquoi. Sinon, s’ils ont fait une grosse bêtise, le français revient au galop quand je suis énervée et vois les dégâts qu’ils ont pu faire ou bien je leur parle en français si je suis vraiment très fatiguée.

Nous voilà enfin à la fin de cet article bien trop long. Si vous l’avez lu en entier, je vous remercie du fond du coeur et n’hésitez pas à me dire en commentaire si des choses ne sont pas claires, si vous avez des remarques ou si tout simplement vous voulez partager avec moi votre histoire similaire ou bien totalement différente à la mienne. Bon vendredi à tous!