Baby Valentina·La vida de Lindanita

Ce jour où j’ai cru la perdre

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La semaine dernière, j’ai cru que je passais mes derniers moments avec ma fille Valentina. Pourquoi être tant dramatique, pensez-vous. C’est parce qu’elle a fait une convulsion fébrile.

La veille au soir, elle avait un peu de température (38,1) et on lui avait donné un suppositoire de paracétamol. J’avais dit à the Husband que si demain matin ce n’était pas passé, il faudrait aller chez la pédiatre parce qu’il ne nous en restait plus que deux et c’était risqué d’en avoir si peu avant le début du week-end. Vendredi matin, elle avait 38,3. Je lui ai mis un autre suppositoire, elle a pris son biberon de lait tranquillement pendant que j’appelais le pédiatre. « Venez vers 9h, la remplaçante l’auscultera ». J’ai eu à peine le temps de manger une tartine et boire deux gorgées de café qu’il fallait déjà partir. Comme souvent après son biberon du matin, elle me fait une couche pleine. J’ai vérifié s’il y avait des restes de suppositoire mais je n’ai rien vu (je vous vends du rêve, je sais).

Chez la pédiatre, je lui explique depuis quand la fièvre est là, elle voit bien que la gorge est irritée mais les poumons sont libres et elle a à peine le nez qui coule. On est ressortis de là avec un ordonnance pour des suppositoires, du sirop pour la toux et des gouttes pour le nez.

Le reste de la matinée se déroule comme d’habitude, elle boit, grignote, joue avec moi et dit même un nouveau mot « acá » (ici en espagnol). Le temps annonce de la pluie, il est midi moins vingt, on doit aller chercher Alexander au jardin d’enfants. Je mets à Valentina une petite veste et un chapeau, je l’installe en porte-bébé pour avoir les mains libres pour un parapluie et on y va. Elle n’était pas chaude, elle était bien et chantait encore sur le chemin du jardin d’enfants. J’arrive cinq minutes en avance et tout allait encore très bien. Il est midi, la porte de la classe s’ouvre et Alexander sort. Je sens tout à coup que Valentina se débat dans son porte-bébé. Mais non, c’est une sorte de convulsion, elle a les bras et les jambes qui sautent en même temps! Vite, je la sors du porte bébé et ce que je vois n’est qu’une image d’horreur : elle convulse avec de petits cris, ses lèvres sont serrées et bleu foncé, elle a les yeux révulsés et elle est toute raide. J’en ai le souffle coupé mais je la dépose le plus délicatement possible au sol et je hurle pour avoir de l’aide.  Le temps qu’une maman me vienne en aide, je lui retire sa veste et son chapeau et j’essaie de lui ouvrir la bouche car j’ai peur qu’elle avale sa langue. La force de sa mâchoire est impressionnante et elle me mord au sang. On nous met une salle avec un lit à disposition, une éducatrice appelle les pompiers et Valentina reprend déjà des couleurs plus normales.

Au bout de deux à trois minutes, elle ne tremblait plus, elle était revenue à elle toute seule et a commencé à murmurer des « nana » (son surnom) et des « mama ». Elle ne tenait pas assise par contre, elle était encore toute molle la pauvre. Pendant ce temps, l’ambulance était déjà arrivée. Après m’avoir demandé ce qui s’était passé, ils lui ont pris la température dans l’oreille. Elle avait 40,6. 40,6 dans l’oreille bordel! Imaginez un peu! J’ai pu laisser Alexander au jardin d’enfants et je suis partie aux urgences pédiatriques avec ma fille. J’ai appelé the Husband lorsque nous étions dans l’ambulance pour lui dire d’aller chercher notre fils et que j’allais le rappeler pour lui donner des nouvelles. Naturellement, aux urgences, il n’y a aucun réseau qui passe!

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Là-bas, j’ai dû expliquer à nouveau ce qui lui était arrivé. On m’a parlé de Fieberkrampf (lire fibeurkrampff et traduire par convulsion de fièvre si on fait du mot à mot). Il lui ont fait au moins trois prises de sang, lui ont mis un suppositoire d’ibuprofène assez fort pour faire descendre au plus vite la fièvre et finalement ils lui ont posé un cathéter au pied. Mon pauvre petit chat! Elle était amorphe, elle voulait seulement dormir et boire parce qu’elle réclamait sans arrêt « agua, agua » (eau, eau en espagnol) mais comme elle n’avait pas sa bouteille habituelle comme à la maison, elle ne voulait pas boire. Avec chance, ils avaient des tototes en rab’ et neuves donc Valentina a pu en avoir une et elle a enfin réussi à s’endormir.

On nous a monté dans une chambre pour qu’on y passe l’après-midi et la nuit. Vers 14h, une autre maman et son fils sont arrivés dans la chambre. Il avait eu la même chose que Valentina et c’était la cinquième fois pour lui. The Husband est venu avec Alexander nous rendre visite et nous déposer ce dont nous avions besoin pour la nuit. Entre-temps, une infirmière avait posé une perfusion à Valentina qui permettait qu’elle reste bien hydratée vu qu’elle refusait de boire. Elle a trouvé sa bouteille dans la valise et elle a tout de suite voulu boire, même qu’elle a applaudi!

La fièvre est bien descendue. La dernière fois qu’elle en a eu, c’était vers 16h30 et elle a eu le droit à un suppositoire de paracétamol cette fois-ci. Le soir, elle a bien mangé et bien bu. J’ai dû lui faire beaucoup de câlins et la porter pour la calmer et la faire dormir. Ca a été vraiment exténuant pour moi car je n’arrivais pas à dormir de peur qu’elle fasse une autre convulsion pendant mon sommeil (et puis le petit garçon et sa maman ronflaient mais alors très très fort!).

Le lendemain, quand le médecin est passé, j’ai demandé à sortir dans la journée parce que je n’en pouvais plus de rester enfermée dans cette chambre et puis je commençais à voir des tâches qui apparaître dans ma vision et je ne voulais pas avoir une autre poussée de sclérose en plaques tout ça parce que l’hôpital voulait faire du money en me gardant une nuit de plus. Avec chance, je suis tombée sur une personne compréhensive et on a pu sortir vers 14h en promettant de revenir pour quoi que ce soit.

Samedi soir quand les enfants étaient enfin au lit, on a commandé une thermomètre électronique que l’on met dans l’oreille pour être prêts à dégainer au moindre doute de fièvre. Et même sans fièvre je le fais maintenant de peur de ne pas m’en rendre compte.

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♣ Quels sont les symptômes d’une convulsion fébrile?

  • Une perte soudaine de connaissance et une respiration saccadée.
  • L’enfant se raidit et a des tremblements rythmés des bras et des jambes.
  • Les yeux plafonnent vers le haut.
  • Les lèvres de l’enfant deviennent bleues.

♣ Mais à quoi c’est dû?

Une convulsion fébrile survient généralement chez un enfant sur vingt, entre l’âge de cinq mois et cinq ans chez des enfants n’ayant jamais eu de problèmes neurologiques ou bien de développement auparavant. Elle arrive la plupart du temps à cause d’une montée brusque de la température corporelle, causée par une infection virale relativement banale, comme une infection des voies respiratoires par exemple. On réalisera que notre enfant a de la fièvre après que la convulsion fébrile soit passée.

♣ Que faire lorsque l’on fait face à une convulsion fébrile de son enfant?

  • Essayez de garder le plus grand calme (facile à dire!).
  • Allongez votre enfant sur une surface confortable.
  • Placez-le sur le côté pour dégager ses voies respiratoires et lui éviter de s’étouffer avec ses sécrétions ou bien sa langue.
  • Retirez tout objet de sa bouche et n’essayez pas de l’ouvrir.
  • N’essayez surtout pas d’immobiliser votre enfant. Il faut accompagner les mouvements de spasmes sinon vous risqueriez de lui causer une fracture du membre que vous immobilisez.
  • Retirez tous les vêtements qui pourraient l’oppresser, le blesser ou bien le gêner dans ses mouvements.
  • Appelez une ambulance et/ou allez aux urgences. Un médecin évaluera la cause de la fièvre et des convulsions. Selon son âge et le type de convulsion qu’il a eu, votre enfant pourrait être hospitalisé de 24 à 48 heures.

Avec chance, elle n’a jamais perdu son appétit d’ogresse, elle a accepté de beaucoup boire lors de notre séjour à l’hôpital. Le petit garçon à côté avait de la fièvre qui faisait du yoyo… Il buvait beaucoup mais ne mangeait rien.

Vous pensez bien que j’ai eu la peur de ma vie mais je pense que j’ai assez bien réagi sur le coup. Et avec chance, oui oui, je dis bien avec chance, elle a fait cette convulsion fébrile au jardin d’enfants d’Alexander, là où beaucoup de personnes savaient ce qui était en train de se passer et elles ont pu m’aider au mieux. Si j’avais été toute seule avec les deux à la maison, mon premier réflexe aurait sûrement été de péter un câble, de hurler et appeler the Husband au lieu des urgences.

Maintenant je sais que ça peut arriver, je sais comment réagir et je sais qu’il faut vraiment faire attention à la température de mes enfants.

Et vous alors, vous connaissiez ce qu’est une convulsion fébrile? Vos enfants en ont déjà fait une ou plusieurs? Encore une fois, ce n’est pas pour choquer ou me plaindre, c’est un article explicatif pour que vous n’ayez pas peur si cela vous arrive.

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6 réflexions au sujet de « Ce jour où j’ai cru la perdre »

  1. Oh la la! Quelle frayeur!
    Merci de ton article et de tes explications! Je suis toujours hyper inquiete de la fievre et des risques de convulsion mais je n’aurais pas su comment reagir!
    J’ai toujours entendu que les convulsions pouvaient survenir a partir de 38,5. Te l’a t on confirme? Parce que du coup je trouve la marge d’intervention tres faible…
    Bon retablissement a ta bichette en tout cas, et remettez vous tous bien :-)

  2. coucou !
    En tant que nounoue je connais, et je redoute que ça m’arrive un jour !! j’ai une copine auxiliaire de puériculture qui m’a fâchée une fois parce que j’ai quand même accepté une petite qui avait 39.6, elle me disait de la renvoyer chez elle, de pas la laisser dormir sans surveillance… du coup maintenant je stress pas mal quand un petit a de la fièvre ! mais, je touche du bois, ça ne m’est jamais arrivé…..
    et sinon, personnellement, je préfère donner du doliprane à boire plutôt qu’un suppo qu’on sait jamais s’il ressort ou pas dans les selles ;)
    allez bon courage, j’espère qu’elle ne le refera pas…..

  3. Je comprends ta peur. La convulsion hyperhtermique, étant infirmière je suis passée par la pédiatrie et ses urgences et je pris que cela n’arrive jamais à mon petit loulou. J’ai bien cru aussi le perdre il y a quelques jours, une fausse route, il est devenu bleu et tétanisé et même si je l’ai sortie de sa chaise, heureusement que mon maris a eu les bon gestes et qu’il lui a tapé dans le dos. Quand il s’agit de nos enfants, notre métier a peu d’importance, nous n’avons pas les mêmes réactions … Aujourd’hui on a peur quand il mange des morceaux et on le surveille de très près

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