Baby Alexander·Baby Valentina·La vida de Lindanita

La langue de chez nous

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Il y a deux semaines de cela, j’avais posté une photo sur instagram avec ce texte en dessous : « je vois que vous avez des questions à propos de ma dernière vidéo avec Valentina et les langues que l’on parle à la maison. Je vous invite à poser vos questions sous cette publication pour que je puisse y répondre (sûrement) la semaine prochaine sur le blog. Merci ». Bon, ça m’a pris quinze jours mais comme je n’aime pas faire les choses à moitié, j’ai eu besoin de tout ce temps pour écrire la totalité de ce que je voulais vous dire parce que c’est bien beau de vous parler des langues que l’on parle à la maison, mais il faudrait quand même que je vous explique pourquoi nous en sommes arrivés là non?

Alors déjà, mes études et mon parcours. Je pense que ça peut être intéressant de commencer par ça. En primaire, j’étais dans les premières de ma classe (attendez, ne partez pas, je ne me vante pas! C’est utile de le savoir pour la suite) et en CM2 mon institutrice a proposé à mes parents que j’apprenne directement deux langues vivantes comme il était possible de le faire dans le collège où j’allais aller, et ce, dès la sixième. C’était l’anglais et l’allemand. C’était tentant alors j’ai commencé le collège avec deux LV1. Si je me souviens bien, on avait autant d’heures d’anglais que d’allemand (ça remonte à pas mal de temps quand même, vous voyez, alors je ne suis plus sûre de tout ça!). L’apprentissage de l’anglais se passait très bien alors que pour l’allemand, c’était une catastrophe : j’étais dans les dernières de mon groupe (nous étions des élèves de deux classes qui se retrouvaient dans un groupe). Je n’arrivais pas à assimiler l’allemand, c’était bizarre, dur et les mots à rallonge, quelle horreur! Je pleurais quand je voyais mes notes même si j’essayais d’apprendre mes leçons. Et puis en quatrième, il y a eu le déclic après mon premier voyage en Allemagne en allant une semaine chez ma correspondante (je suis encore en contact avec elle et ses parents). Je n’arrivais toutefois pas à vraiment parler là-bas mais j’ai tellement aimé mon séjour à Villingen que d’une certaine façon, l’apprentissage de l’allemand est devenu plus facile et mes notes sont énormément remontées. Je suis passée à des notes en dessous de dix à des notes surpassant les quinze. Comme j’étais fière! L’année suivante, je suis retournée en Allemagne, dans la même ville, mais chez une autre correspondante (nous nous écrivons de temps en temps sur facebook. Dire qu’avant on s’envoyait des lettres… Bonjour le coup de vieux!). C’était en décembre et nous sommes allés visiter Stuttgart et son marché de Noël (croyez-moi, ce détail a son importance pour la suite). J’étais émerveillée! Le style de vie allemande me fascinait, j’aimais cette liberté que les jeunes avaient l’après-midi pour leurs activités extra-scolaires, les magasins que l’on trouvait à chaque coin de rue et pas forcément dans des zones commerciales… Bref, je voulais continuer à en savoir plus sur l’Allemagne.

Je suis rentrée au lycée avec toujours deux LV1 et mes notes ne baissaient pas. En terminale, il a fallu que je choisisse quelle langue j’allais maintenir en LV1 pour le bac, j’ai choisi l’allemand comme vous pouvez vous en douter. Notre groupe était restreint, j’aimais ça, j’avais l’impression de faire partie d’une élite, de faire quelque chose de spécial. Quand j’ai dû choisir ce que je voulais faire à l’université, je me suis tout naturellement tournée vers les langues, mon point fort (les sciences ne m’intéressaient pas du tout et il m’arrive encore de compte sur mes doigts pour être sûre que le compte est bon… Aheum, no comment). J’avais à ce moment-là déjà sept ans d’allemand et d’anglais derrière moi. Je suis partie à l’UCO d’Angers pour rentrer dans une filière quadrilingue allemand. Il a fallu que je choisisse une troisième langue vivante et mon choix s’est porté vers l’espagnol, comme ça, je pourrais faire le tour du monde avec ces trois langues et le français (qu’est-ce que l’on peut être rêveur quand on est jeune!). Bref, je me disais que ça allait être sympa au final. Mais le niveau que j’avais en allemand n’était pas suffisant pour suivre le reste du groupe, je me sentais sur la touche. Avec chance, mes notes en français, espagnol et anglais contrebalançaient mes mauvaises notes en allemand. Il m’arrivait de passer des cours entiers sans arriver à comprendre quoi que ce soit à part bonjour et à demain (le début et la fin quoi…). Ca me déprimait sérieusement cette affaire. Et puis en troisième année, en 2006, nous avions l’obligation d’aller passer un semestre à l’étranger, et ce, pour ma part, en Allemagne. Nous avions une liste d’universités recevant des étudiants étrangers et sur cette liste, il y avait Stuttgart. Je l’ai mis en premier dans mes choix car je me disais que si j’avais des soucis, je pourrais me retourner vers mes correspondantes et leurs familles et la ville m’avait énormément plu (vous voyez que ce détail plus haut avait de l’importance maintenant?).

J’ai été acceptée dans cette université et j’ai passé le premier semestre de ma troisième année à l’université de Stuttgart. Au début, c’était laborieux car j’avais des cours comme thème et version (traduction en fait, de l’anglais vers l’allemand et inversement) et puis aussi des cours d’espagnol en allemand. Ma tête fonctionnait comme une cocotte minute! C’était juste une habitude à prendre et après le switch (ou commutateur comme vous voulez) entre les langues se faisait easy peasy, je n’avais plus mal au crâne après les cours.

C’est durant ce semestre à Stuttgart que j’ai connu Daniel, the Husband. Il m’aidait pour mes devoirs en espagnol mais nous nous parlions en allemand à ce moment là. Un Chilien et une Française qui discutaient en allemand, le tout, en Allemagne, voilà ce que nous étions à ce moment là. Après nous être séparés en mars 2007 pour retourner dans nos pays respectifs, nous nous sommes retrouvés au Chili en juillet de la même année. Je n’étais pas bilingue espagnol, loin de là, mais j’allais me débrouiller pour me faire comprendre par ma belle-famille. Le père de the Husband et ses grands-parents paternels parlaient allemand vu qu’ils sont de descendance de colons allemands, donc au début, je parlais allemand avec eux. Et puis le temps aidant, en regardant pas mal la télévision (là-bas, la majorité des films et séries du câble sont en langue originale sous-titrés en espagnol donc je lisais beaucoup d’une certaine façon) et l’espagnol se rapprochant du français je me suis mise à parler espagnol tout le temps. Comme je suis restée vivre avec the Husband au Chili jusqu’en décembre 2009, j’ai cherché du travail. J’ai été remplaçante dans un collège français où j’ai enseigné le français à des sixièmes, cinquième et quatrièmes (ça peut paraître étonnant je sais, mais ils avaient besoin de quelqu’un rapidement. J’ai passé un entretien un vendredi, j’ai été embauchée le lundi et lundi suivant je commençais!). J’ai aussi donné des cours d’anglais en espagnol dans un centre de langues (une des meilleures expériences de ma vie!). Et pus j’ai donné de cours particuliers de français à l’université de the Husband. Finalement, j’ai même travaillé dans une bijouterie sélect’ à côté de la mer à Viña del Mar parce que ça les intéressaient énormément que je parle quatre langues. Bref, j’étais confrontée à quatre langues par jour lorsque je vivais au Chili.

Ah, détail important, après mon semestre à Stuttgart, j’ai eu une mononucléose infectieuse et je n’ai pas validé mon sixième semestre pour avoir une licence quadrilingue. C’est à ce moment-là que j’ai mis mes études de côté. Je n’ai donc pas de diplôme si vous voulez tout savoir.

Après notre mariage en 2009, nous sommes revenus en Allemagne, à Dresden plus précisément, pour que the Husband fasse son doctorat. De mon côté, j’ai essayé de reprendre mes études où je les avais arrêtées en faisant des études par correspondance mais cela n’a pas porté ses fruits. En plus, en deux ans et demi en Amérique Latine, j’avais énormément perdu en allemand. En même temps, si on ne le parle pas tous les jours, on perd facilement parce que c’est une langue difficile et totalement différente du français ou de l’espagnol. Bref, j’étais un peu perdue à notre retour en Europe. Mais si on se donne du mal, c’est comme le vélo, ça revient au bout d’un moment.

The Husband et moi parlons espagnol ensemble depuis fin 2007 environ. J’ai attrapé les tics de langage chilien, le « dialecte » même de là-bas si bien que certaines personnes étaient surprises en apprenant que j’étais française. Elles pensaient que je venais d’un autre pays d’Amérique Latine mais pas de France.

J’ai été confrontée très rapidement aux termes médicaux en Allemagne (on m’a posé la question sur instagram) car je devais avoir des contrôles réguliers pour ma thyroïde et j’ai fait une grossesse extra-utérine, ce qui m’a amené à être opérée et rester à l’hôpital quatre jours. Il fallait bien que j’arrive à exprimer ce dont j’avais besoin, ma douleur pour avoir des médicaments ou bien tout simplement comprendre ce que l’on me disait. De plus, avec trois grossesses, les mots se répètent et je n’avais plus besoin de mes petites notes pour me rassurer.

Qui dit grossesse, dit accouchement. Qui dit accouchement, dit enfant. Mais alors, en quelle(s) langue(s) allait-on leur parler à nos chères têtes blondes? Alexander étant le premier, nous avions décidé de lui parler en espagnol (the Husband) et en français (moi) et il apprendrait l’allemand sur le tas avec la vie à l’extérieur. Sauf que, nous avons été confrontés à un problème de taille : Alexander était en retard pour parler, il n’arrivait pas à se faire comprendre ce qui le frustrait énormément ce qui engendrait de grosses crises de larmes. A ce jour, ce problème n’est pas totalement réglé d’ailleurs. Il était difficile pour lui de comprendre que maman parlait à papa en espagnol, maman lui parlait en français, il devait parler espagnol avec son papa mais français avec sa maman. Il n’y avait pas d’unité de langue/langage à la maison. Et puis au jardin d’enfants, ce n’était pas drôle pour lui petit chat, il parlait avec des onomatopées ou bien des mots qu’il avait entendu à la maison. Donc, ses éducatrices ne le comprenaient pas ou peu. Ca me brisait le coeur de le voir dans cette situation.

C’est pourquoi d’un commun accord avec the Husband, nous avons décidé de mettre le français de côté pour le moment. Ce serait espagnol à la maison et allemand au jardin d’enfants et à l’extérieur. Je suis bilingue espagnol (chilien)/français donc cela ne me gênait pas d’abandonner ma langue maternelle pendant quelques années, pour le bien de mon petit garçon et de mes autres enfants par la suite. De plus, comme ça, the Husband n’était plus jamais mis de côté lors d’une conversation à la maison car il n’est pas bilingue français/espagnol (je dirais qu’il a juste les bases orales et c’est tout). Depuis cette décision, nous pouvons discuter plus facilement en famille. Alexander va au jardin d’enfants depuis bientôt deux ans (en août cette année). Pour avoir voulu lui apporter tout de suite trois langues au quotidien, il a pris du retard pour faire des phrases. Il commence à peine à en faire depuis quelques mois.

De son côté, Valentina ne fait toujours pas de phrases mais elle se fait très bien comprendre en espagnol à la maison et elle comprend des mots en allemand et en français. Nous pensons qu’elle a des prédispositions pour apprendre trois langues en même temps et rapidement mais nous préférons que les enfants grandissent de la même façon, avec les mêmes langues. On m’a demandé aussi sur instagram en quelle(s) langue(s) communiquent les enfants entre eux. Eh bien en espagnol et en allemand. Le côté allemand, c’est surtout Alexander qui l’utilise mais Valentina comprend très bien ce que veut lui dire son frère. Elle va faire son entrée au jardin d’enfants début août, nous verrons bien l’évolution de son vocabulaire et son élocution dans les deux langues auxquelles elle sera confrontée au quotidien.  La question « en quelle langue te répondent tes enfants? » m’a aussi été posée et ils me répondent en allemand et en espagnol. Plus en espagnol évidemment mais Alexander est fier de me dire des choses qu’il a appris avec ses camarades ou ses éducatrices donc il lui arrive de me parler en allemand.

Pour essayer de terminer mon article avant que vous ne partiez en courant (« elle n’a pas mis d’images », « elle écrit trop », « ça part dans tous les sens », « on s’en fout »…), voici des réponses en vrac aux dernières questions qui m’ont été posées :

  • Naturellement, les enfants apprendront le français avec moi et/ou à l’école dans quelques années, il est hors de question qu’ils passent à côté de cette langue que ce soit pour communiquer avec ma famille ou bien pour l’enrichissement culturel que cela pourra leur apporter.
  • Le français que je parlerais à mes enfants sera sûrement un français un peu vieillot. Je m’explique : je sors d’une filière littéraire et j’ai toujours aimé lire. Mais, étant expat’ depuis dix ans, je ne fais plus aucun update de la langue française, je ne suis plus directement confrontée au français moderne. Du coup, il m’arrive d’aller sur google pour comprendre les nouvelles expressions que je peux lire sur instagram ou sur les blogs que je suis. Cela fait bizarre quelquefois de participer à une discussion et de ne pas comprendre tous les termes que les autres emploient.
  • Cela ne me dérange pas du tout de ne pas parler français chez moi, j’ai pris l’habitude de le faire depuis 2007 et je ne me verrais pas vivre autrement maintenant. Et je trouve l’espagnol moins dur à l’oreille que le français, du coup, j’aime bien que ça soit comme ça.
  • Je sensibilise tout de même les enfants au français avec de la musique, des livres et des films comme les Disney par exemple. Ils les regardent d’abord en espagnol et/ou en allemand et après, ils les regardent en français pour entendre la langue de leur maman tout en connaissant déjà les histoires.
  • Comment cela va se passer avec l’écriture quand le moment sera venu? Eh bien, on verra quand cela se présentera mais je suis une maniaque de l’orthographe à la base en français (je corrigeais les devoirs à la maison de ma meilleure amie dans le bus qui nous emmenait au collège. Mes devoirs préférés? Les rédactions! je suis sûre que je fais des fautes d’orthographe en français aussi… On ne peut pas être parfaits!) donc je le suis aussi dans les autres langues. Au Chili, je corrigeais même les mails de mes beaux-parents et c’est moi qui avais la plupart du temps raison donc je pense pouvoir me débrouiller avec mes enfants. Et pour l’allemand, je lis le journal, je fais souvent des mails en allemand, j’écris à mes amies allemandes en allemand sur whatsapp ou par sms et je n’ai pas souvent de mots soulignés en rouge, donc ça devrait le faire aussi!
  • Ma mère parle aux enfants en français et ils lui répondent en espagnol, je suis toujours pas loin pour faire la traduction et ma mère a pris des cours d’espagnol pour pouvoir parler avec the Husband et ma belle-famille. Je ne parle plus à mon père depuis un moment donc pour lui, on s’en fiche un peu!
  • Je ne sais pas du tout si l’ambassade de France en Allemagne offre des cours de français. Je devrais sans doute me renseigner.
  • Nous ne mettons pas de côté l’idée de tout plaquer et retourner vivre au Chili, mais pas en France d’où l’importance de leur apprendre en priorité l’allemand et l’espagnol avant le français. Aller vivre en France n’est pas une possibilité que nous pourrions envisager.
  • Comme je le disais plus tôt, du côté paternel, the Husband est un descendant de colons allemands. Sa mère est chilienne et il est le premier mélange chilien/allemand dans la famille de son père (je ne sais pas si je suis claire). Toute son enfance, il est allé dans une école et un collège allemand et il parlait avec ses grands-parents paternels en allemand mais en espagnol chez ses parents.
  • Dans quelles situations je parle français aux enfants? Durant les premiers mois de vie des enfants, j’ai tendance à leur parler en français. Je me trouve trop nounouille à leur dire des mots doux et d’amour en espagnol quand ils sont tous petits, je ne sais pas pourquoi. Sinon, s’ils ont fait une grosse bêtise, le français revient au galop quand je suis énervée et vois les dégâts qu’ils ont pu faire ou bien je leur parle en français si je suis vraiment très fatiguée.

Nous voilà enfin à la fin de cet article bien trop long. Si vous l’avez lu en entier, je vous remercie du fond du coeur et n’hésitez pas à me dire en commentaire si des choses ne sont pas claires, si vous avez des remarques ou si tout simplement vous voulez partager avec moi votre histoire similaire ou bien totalement différente à la mienne. Bon vendredi à tous!

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7 réflexions au sujet de « La langue de chez nous »

  1. Et bien, pas simple de jongler avec toutes ces langues! Ici, je suis française et mon mari, anglais. Nous vivons en France alors nous parlons tous les 2 dans notre langue maternelle à nos 2 filles. L’aînée vient d’avoir 2 ans et ne parle pratiquement pas pour le moment. Mais elle comprend tout et dans les 2 langues. Nous avons la chance d’avoir ma belle famille à côté de chez nous, ce qui fait que mes beaux parents parlent aussi anglais avec les filles. Et à l’extérieur (nourrice, école plus tard…), elles entendront du français. J’espère que nous faisons les choses comme il faut. Pas évident de savoir. Seul le temps nous le dira. Merci beaucoup pour ce partage et le temps que tu as passé à écrire cet article ;-) C’est très enrichissant de lire les expériences des autres.

  2. Merci pour ton article, il est passionnant à lire, et tout coule de source finalement. Tu soulèves plusieurs points intéressants, je me permets de les présenter dans un ordre cartésien (donc français ;-) )
    – tous les enfants n’ont pas de prédisposition pour les langues étrangères, contrairement à ce que l’on pourrait croire, et Alexander en est un parfait exemple. Vous ne semblez pas (du moins, via l’article) vous en être inquiétés pour lui, et finalement, vous l’avez écouté pour mieux l’accompagner
    – je mesure à quel point on écoute davantage les enfants maintenant. Mon ex-mari a passé les deux premières années de sa vie à écouter un mélange d’allemand (autrichien) et français, pour grandir ensuite aux USA, et je doute que sa mère ait accepté ses difficultés à parler les trois langues. Elle a certainement dû le forcer, et il n’a jamais su parler parfaitement ces trois langues
    – je pense que c’est parfaitement logique que tu parles en français à tes enfants à leur naissance. Cela reste malgré tout ta langue maternelle, celle dans laquelle tu as été réconfortée étant petite, c’est donc plus logique que tu leur apportes ton amour dans une langue qui t’a « aimé » (je ne sais pas si je suis claire) (et ne connaissant pas ton histoire familiale, je me trompe peut-être dans cette interprétation)
    – des expériences croisées deci delà, dans les familles / éducations multilingues, on apprend à lire / écrire une première langue, puis on apprend dans les autres, pour simplifier la compréhension « une lettre = un son »
    – rassure-toi, même en vivant en France, je suis perdue en lisant plusieurs expressions sur Twitter :D
    – nan, c’était pas trop long ;-)

  3. Très intéressant ! Quelle chance pour vos enfants de pouvoir parler plus tard deux voire trois langues. A la fois pour l’enrichissement personnel et culturel que pour les opportunités professionnelles que cela pourra leur ouvrir. Je pense très sincèrement que votre choix de « se limiter » à l’espagnol et à l’allemand est un excellent choix. Il sera bien temps, plus tard, de leur apprendre le français. D’autant plus s’ils ont toujours un peu de français autour d’eux avec les dessins animés ou ta famille ;)

    Je t’avoue que c’est un sujet qui m’inquiète / intéresse aussi car nous vivons en Suisse alémanique. Où, malheureusement, le suisse-allemand est parlé quotidiennement (notamment dans les crèches, petites écoles – à tel point que les enfants d’ici ont visiblement un très bas niveau en allemand et que c’est enseigné comme une langue étrangère) et ayant déjà beaucoup de mal avec l’allemand (que nous ne parlions pas du tout avant de vivre ici…) je me vois mal rajouter le suisse-allemand (qui est plus un dialecte avec variations régionales qu’une langue). Nous n’avons pas encore d’enfant, mais cela fait partie de nos projets d’ici l’an prochain et j’y pense déjà (je suis une grande angoissée ^^). On aurait une alternative car je travaille dans une école internationale où l’anglais est la langue parlée (ils apprennent aussi l’allemand mais plus tard) donc je me dis que ça serait une bonne solution pour éviter le suisse -allemand mais c’est malheureusement une école très onéreuse…! Bref, je m’égare ! Tout ça pour dire que le bilinguisme / trilinguisme est à la fois une chance et un défi (surtout au moment de l’apprentissage du langage je pense).

    Belle journée à toi.

  4. C’est passionnant merci pour cet article ! Ici famille bilingue seulement français / allemand nous avons de la chance pour le moment tout se passe bien pour notre fils même si au tout début j’ai noté les mêmes petites frustrations (incompréhension au jardin d’enfants). Je trouve ça super que vous ayez été à l’écoute du votre et su adapter votre stratégie en fonction. Je pense que pour moi ça aurait été cependant très difficile de renoncer au français j’y mets sans doute trop de choses personnelles.

  5. C’était pas du tout trop long, au contraire! Je trouve ça très intéressant de comprendre pourquoi certaines familles choisissent d’inclure/d’éliminer certaines langues. Je comprends mieux maintenant que tu aies entre guillemets tiré une croix sur le français pour le moment: c’est tout simplement celle des 3 langues qui n’a pas de réalité dans votre vie de famille quotidienne et immédiate. Par ailleurs je trouve ça génial que ta mère apprenne l’espagnol! Ma famille (qui pue du cul, n’ayons pas peur des mots) ne ferait jamais l’effort de se mettre à l’anglais, d’ailleurs j’ai entendu maintes fois, bien avant d’être maman, « faudra que tu parles français à tes enfants, POUR NOUS ».
    Je suis allée à pas mal de conférences sur l’apprentissage des langues, grâce à mon boulot, quand j’étais encore prof de français. La recherche récente sur l’acquisition des langues au niveau multilingue montre qu’en gros, jusqu’à 16 ans (!!!), les enfants multilingues ont l’apparence d’être (scolairement) « en retard » par rapport à leurs camarades unilingues. Le bond qu’ils font ensuite, en revanche, vaut bien cette longue patience. Les capacités cognitives d’un enfant plurilingue surpassent largement celles d’un enfant qui ne parle qu’une seule langue. Malheureusement beaucoup de parents s’entendent dire, par des professeurs qui ne sont pas à jour, par des professionnels de santé même, que « pour le bien de l’enfant » il faudrait créer un consensus de langue. C’est tellement dommage, et c’est tellement aberrant d’ignorance. Mon pédiatre, hispanophone, a cessé de parler espagnol à ses enfants en voyant qu’à 2 ans, son fils ne baragouinait que quelques mots… À la base, on l’a choisi pour ça justement: on voulait quelqu’un qui soutienne notre choix bilingue, haha.
    Les recommendations de la recherche récente suggèrent que le meilleur cadeau qu’on puisse faire à son enfant, c’est de lui parler sa langue maternelle. En parlant une langue non native, on pourrait transmettre un phrasé pas tout à fait naturel; c’est un commentaire à prendre avec légèreté car je ne veux pas du tout que tu crois que je te juge sur tes capacités en allemand ni sur le choix que vous avez fait; c’est le vôtre et ça vous appartient. J’ai moi-même pris en considération la possibilité de ne parler qu’anglais à Oscar, quand il était tout bébé, à cause de conflits avec ma propre famille — j’avais l’impression d’être ma mère en lui parlant français. Du coup, pendant quelques semaines, je lui parlais anglais, jusqu’à ce que j’arrive à faire le point. Le deuxième truc qui est « mis en accusation » par la recherche, c’est la charge émotionnelle qui va avec une langue maternelle, qu’on ne retrouve pas ou pas tout à fait dans une langue seconde.
    Ma peur pour le futur c’est qu’on ne trouve pas à mettre le français en situation de réalité immédiate dans notre vie. Pour l’instant, mon fils a 11 mois et il est avec moi toute la journée, mais tout comme toi, il n’y a pas de projet de venir s’installer en France. De plus, je n’ai pas de relation avec ma famille, mon fils ne connait pas ses grand-parents français ni son oncle français. Est-ce qu’une école bilingue ou française sera assez représentative de cette réalité? Est-ce qu’un groupe d’amis français pourrait lui suffire? Est-ce qu’il va m’envoyer paître avec mon français dans quelques années? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi, qu’il s’épanouisse dans une école hyper respectueuse de sa personne mais unilingue, ou qu’il soit scolarisé en situation bilingue?
    Bon voilà, c’est moi qui fait un roman du coup héhé

  6. Étant une passionnée des cultures et des langues étrangères, je trouve ton article très intéressant.
    Pour ma petite histoire, je suis une colombienne vivant en France depuis 6 ans et je me retrouve maintenant en Australie. Donc apprendre le français et l’anglais n’a pas vraiment été un choix, mais j’en suis très fière. :)
    Pour répondre à ton dernier point énoncé dans l’article, tous les sentiments, plus précisément la partie émotionnelle et de réflexion de ton cerveau, répondra toujours en ta langue maternelle. D’où exprimer l’amour, la colère (véritablement) et compter (chiffres en général) viendra toujours ou la plus part du temps, en ta langue maternelle donc le français.
    Avec mon fiancé français on souhaite avoir des enfants bilingues français / espagnol mais seul le temps nous guidera. Merci !!! :)

  7. Un article que j’attendais avec impatience et je ne suis absolument pas déçu. Je comprends qu’il t’es pris autant de temps pour le faire mais il est super, très complet. Les explications sont top. Cela ne dois pas être évident de savoir comment gérer l’apprentissage du langage à ses enfants quand on vis dans un autre pays et que les parents parlent plusieurs langues. Je trouve que vous avez eu raison de laisser un peu le français de coter.

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